ÉLECTORAT, CONTROLE POPULAIRE, ET JURY
Le peuple, Montesquieu le reconnaît, doit faire par lui-même tout ce qu'il peut bien faire ; et, ce qu'il ne peut pas bien faire, il faut qu'il le fasse par ses représentants.
Serait-il capable de vaquer lui-même directement à la discussion et à la conduite des affaires ? Non ; c'est là une chose trop délicate pour lui. « Il a toujours trop d'action ou trop peu. Quelquefois, avec cent mille bras il renverse tout; quelquefois, avec cent mille pieds il ne va que comme les insectes. » Le peuple doit donc confier à certains hommes une partie de son autorité.
En revanche, d'après Montesquieu, d'accord avec Aristote, « le peuple est admirable pour choisir ses mandataires ». Du moins, peut-on assurer qu'il n'est pas incompétent. Il n'a en effet à se déterminer, comme le remarque Montesquieu ' après Machiavel, que par des choses qu'il ne peut ignorer, et des faits qui tombent sous les sens. « Si l'on pouvait douter de la capacité naturelle qu'a le peuple pour discerner le mérite, il n'y aurait qu'à jeter les yeux sur cette suite continuelle de