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ÉLECTORAT, CONTROLE POPULAIRE, ET JURY

choix étonnants que firent les Athéniens et les Romains : ce qu'on n'attribuera pas sans doute au hasard. »

De même que la plupart des citoyens ont assez de suffisance pour élire, quoiqu'ils n'en aient pas assez pour être élus, ils ont, selon Montesquieu, assez de capacité pour se faire rendre compte de la gestion des affaires, quoiqu'ils ne soientpas propres àlesgérer par eux-mêmes.

Donc, à l'électorat populaire doit s'ajouter le contrôle populaire.

Une autre aptitude qu'on ne saurait contester aù peuple, c'est l'aptitude à prononcer sur les faits de culpabilité ou de non culpabilité. De là suit, dans l'organisatiou du pouvoir judiciaire, l'institution du jury, répondant au droit qu'a le citoyen d'être jugé par les citoyens, ses pairs.

Cette institution, que Montesquieu admire si justement dans la constitution anglaise, est une institution essentiellement républicaine.

Si la puissance de juger était le monopole exclusif de gens d'une certaine profession, il y aurait dans l'Etat un corps armé d'une puissance terrible et qui certainement en abuserait. Que faut-il donc ? Il faut, d'une part, que l'exercice de la puissance déjuger soit confié à « des personnes tirées du corps du peuple, dans certains temps de Tannée, de la manière prescrite par la loi, pour former un tribunal qui ne dure qu'autant que la nécessité le requiert ». Il faut, d'autre part, que les jugements aient un caractère de fixité, et qu'ils ne soient jamais quun texte précis de la loi; car, s'ils étaient une opinion particulière du juge, « on vivrait dans la société sans savoir précisément les engagements que l'on y contracte ».

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