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LES MŒURS RÉPUBLICAINES

Plus est grande Faction du peuple, plus il est besoin que soit grande sa vertu. Il ne suffît pas d'avoir des institutions républicaines ; il faut avoir aussi des mœurs républicaines.

Quand Montesquieu montre dans la vertu civique l'âme même de la démocratie, il a parfaitement raison et il ne fait que confirmer les enseignements de tous les philosophes politiques, depuis Platon et Aristote jusqu'à Machiavel.

Bossuet lui-même, écrivant ses fortes pages sur les empires, a très bien parlé de cette civilité si nécessaire aux républiques : .« Le mot de civilité, dit-il, ne signifiait pas seulement, parmi les Grecs, la douceur et la déférence mutuelle qui rend les hommes sociables : l'homme civil n'était autre chose qu'un bon citoyen, qui se regarde toujours comme membre de l'Etat, qui se laisse conduire par les lois et conspire avec elles au bien public, sans rien entreprendre sur personne ». Bossuet explique comment les lois, simplement écrites et en petit nombre, tenaient les citoyens dans le devoir et les faisaient concourir au bien commun. Puis, il caractérise X admirable idée que les Grecs se faisaient de la liberté. « La liberté que se figuraient les Grecs était une liberté soumise à la loi, c'est-à-dire à la raison même reconnue par tout le peuple. Ils ne voulaient pas que les hommes eussent du pouvoir parmi eux. Les magistrats, redoutés durant le temps de leur ministère, redevenaient des particuliers qui ne gardaient d'autorité qu'autant que leur en donnait leur expérience. La loi était regardée

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