VOLTAIRE HOSTILE A TOUS LES SERVAGES
« Chacun veut être sûr de coucher chez soi sans qu'un autre homme s'arroge le pouvoir de l'envoyer coucher ailleurs; chacun veut être sûr de sa fortune et de sa vie. Tousformantainsiles mêmes souhaits, il se trouve quel'intérètparticulier devient Tintérèt général : on fait des vœux pourlaRépublique, quandonn'enfaitquepoursoi-même. »
De là vient que les pays les plus libres sont aussi les plus prospères, conformément à cette remarque de Montesquieu, justement louée par Tocqueville : «Les terres produisent moins en raison de leur fertilité que de la liberté des habitants. »
La liberté que Voltaire préconise le plus est laliberté de penser, qui est, en effet, le cœur de toutes les libertés.
Il s'élève^ contre ceux qui ne veulent point qu'on s'avise de penser avant d'en avoir demandé la permission à un moine ou à un commis; il montre la liberté de la presse faisant de la Hollande et de l'Angleterre deux nations éclairées et par conséquent deux grandes nations ; il proclame le droit naturel qu'a l'homme de se servir de sa plume et de sa langue, à ses risques et périls, et à l'abri de toute persécution du pouvoir.
Aux censeurs, Voltaire dit : « Un livre vous déplaît-il, réfutez-le ; vous ennuie-t-il, ne le lisez pas. » Aux auteurs il dit : « Ne mettez du noir sur du blanc qu'après avoir examiné, autant qu'il est en vous, si ce noir sera utile au genre humain. »