‹ Les pères de la Révolution (de Bayle à Condorcet)Chapitre 82 sur 257 · VOLTAIRE APOTRE DE LA BONNE JUSTICE · texte numérisé non relu

VOLTAIRE APOTRE DE LA BONNE JUSTICE

d'infliger la question pour parvenir à l'éclaircissement d'un crime, qu'il était inepte d'ordonner le duel pour juger, entre deux adversaires, lequel était coupable. « Quoi ! s'écrie-t-il, vous n'avez point de preuves, et vous punissez pendant deux heures un malheureux par mille morts, pour vous mettre en droit de lui en donner une d'un moment? Ne savez-vous pas, par d'innombrables exemples, que c'est un secret sûr pour faire dire tout ce qu'on voudra à un innocent qui aura des muscles délicats et pour sauver un coupable robuste? Sans doute tous les hommes détestent les crimes et veulent la punition des coupables ; mais tous cependant, par une pitié que Dieu a mise dans nos cœurs, s'élèvent contre les tortures qu'on fait souffrir aux accusés dont on veut arracher l'aveu. La loi ne les a pas encore condamnés, et on leur inflige, dans l'incertitude où l'on est de leur crime, un supplice beaucoup plus affreux que la mort qu'on leur donne quand on est certain qu'ils la méritent. »

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