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VOLTAIRE APÔTRE DE LA BONNE JUSTICE ET RÉFORMATEUR DE LA PÉNALITÉ

Passons maintenant de la procédure aux jugements. Se réglera-t-on sur de simples probabilités, même très considérables, pour prononcer sur des délits ou des crimes ? Voltaire ne l'admet point. Il comprend bien que, dans des questions d'argent, on se décide d'après la plus grande probabilité ; mais là où sont engagés la vie et l'honneur d'un homme, il demande la certitude.

Un champ étant contesté entre deux parties, il faut bien opter ; car il n'est pas possible que le champ n'appartienne à personne. Mais, un homme étant accusé

d'un crime, on peut toujours s'abstenir de le livrer au bourreau ; car il est très possible qu'il vive sans que Tordre public en souffre. Il suit de là que vingt, apparences contre lui peuvent être balancées par une seule en sa faveur. De la violation de cette règle ont résulté la plupart des grandes erreurs judiciaires.

La culpabilité étant établie, quelles seront les peines? Elles devront être proportionnées aux délits et aux crimes.

De même que Montesquieu, Voltaire pense que la trop grande rigueur risque de provoquer les crimes bien loin de les prévenir, et qu'il est aussi utile que juste de graduer la pénalité conformément à la portée des méfaits commis. Par exemple, punir le voleur aussi sévèrement que le meurtrier, n'est-ce pas avertir le voleur d'être assassin afin d'exterminer les victimes et les témoins de son crime"? « Punissez, mais ne punissez pas aveuglément. Punissez, mais utilement. Tout ce qui est outré dans la loi tend à la destruction des lois. »

Du temps de Voltaire, on prononçait la peine capitale pour une foule de méfaits tels que vols sur le grand chemin et fabrication de fausse monnaie ; pour des crimes fictifs tels que magie et sorcellerie; pour des actes uniquement justiciables de la conscience tels que sacrilège et hérésie. Voltaire proteste contre cette sévérité maladroite qui met sur le même pied des délits de gravité inégale; il raille cette légalité superstitieuse qui considère de pures inventions du charlatanisme comme des forfaits accomplis avec la complicité du diable ; il stigmatise les arrogantes prétentions de ces législateurs qui s'attribuent, chétifs insectes, la mission de venger la divinité.

Non content de prononcer la mort, on prononçait

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