VOLTAIRE ADVERSAIRE DU FATALISME
souvent la confiscation. Voltaire condamne cet excès au nom de l'équité. En effet, s'approprier les biens d'un coupable ce n'est pas le dépouiller lui seul ; c'est dépouiller aussi sa famille qui pourtant est innocente.
Enfin, on s'ingéniait à faire durer et à multiplier les tourments de la mort par d'affreux supplices. Voltaire oppose à ces raffinements de barbarie les réclamations de l'humanité, et il déclare qu'aucun supplice n'est permis au delà de la simple mort.
Mais la peine de mort elle-même est-elle légitime? Beccaria disait que non. Sans être aussi énergiquement aftirmatif, Voltaire tend à penser de même. S'adressant à ceux qui ont pour mission de réformer les lois, il leur demande s'il est bien raisonnable que, pour apprendre aux hommes à détester l'homicide, des magistrats soient homicides et tuent un homme en grand appareil; s'il est nécessaire de faire mourir un coupable quand on peut le punir autrement ; s'il est digne d'une société civilisée de gager un homme pour faire métier de massacrer utilement d'autres hommes.
Voltaire fait cependant une exception pour le cas où il n'y aurait pas d'autre moyen de préserver la vie du plus grand nombre : c'est le cas où on tue un chien enragé. « Dans toute autre occurrence, ajoute-t-il, condamnez le criminel à vivre pour être utile. Qu'il travaille continuellement pour son pays, parce qu'il a nui à son pays ! Il faut réparer le dommage. La mort ne répare rien. »