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LA CRITIQUE DE L'ÉGLISE ET DE SES DOGMES, PAR VOLTAIRE

C'est précisément pour suppléer aux jugements de la conscience et du bon sens que semble avoir été établie l'Eglise, laquelle se proclame infaillible et prétend prononcer sans appel.

Voltaire montre comment l'Eglise s'est fondée et disciplinée petit à petit, et comment ont été graduellement constitués, parmi des contradictions de toute sorte, ses dogmes, ses mystères et ses sacrements.

Il dirige surtout les efforts de sa critique contre les dogmes capitaux de l'incarnation et du péché originel. Le péché originel, sur lequel repose la religion chrétienne, est, selon Voltaire, son péché originel. C'est accuser Dieu de puérilité et de barbarie que d'oser dire qu'il forma toutes les générations des hommes pour les tourmenter par des supplices éternels, sous prétexte que leur premier père mangea du fruit dans un jardin. Cette sacrilège imputation est d'autant plus inexcusable chez les chrétiens qu'il n'y a pas un seul mot touchant l'invention du péché originel ni dans le Pentateuque, ni dans les Prophètes, ni dans les évangiles, soit apocryphes, soit canoniques, ni dans les écrits des premiers Pères de l'Église, avant saint Augustin et saint Jérôme.

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