MÉRITES ET LACUNES DE LA CRITIQUE VOLTAIRIENNE
La doctrine du Dieu fait homme, qui est immolé par Dieu son père et qui est la même personne que le Dieu qui l'immole, révolte Voltaire encore plus que la doctrine du péché originel. Il ne peut y voir qu'immoralité et absurdité.
Il constate que la divinité de Jésus n'était pas affirmée dans les premiers écrits évangéliques, qu'on a plus tard remaniés. Jésus était regardé comme l'un de nous, quoique infiniment supérieur à nous par la faveur divine.
Aux textes qu'allègue Voltaire on pourrait ajouter les passages où saint Paul invoque les lumières du « Dieu de notre maître Jésus-Christ » ; où il compare Jésus à Adam et enseigne que, « si par la faute d'un seul homme plusieurs sont morts, les faveurs de Dieu ont abondé par la grâce d'un seul homme ; » où il dit que « Dieu a rendu Jésus de peu inférieur aux anges ; » où il déclare que nous sommes tous « fils de Dieu et cohéritiers du Christ; » où il écrit : « à Dieu, seul sage, honneur et gloire par Jésus-Christ. »
Nul, mieux que Voltaire, n'a démontré que Jésus n'était pas chrétien au sens catholique ; et qu'il aurait condamné avec horreur le catholicisme tel que Rome l'a fait.
Il résume d'avance le résultat des recherches de l'exégèse dans cette formule : « Le platonisme est le père du christianisme, et la religion juive en est la mère. »