XIV. — SAINTE thaïs
(morte dans le ly" siècle.)
Elle mène d'abord une mauvaise vie a Alexandrie. L'abbé Paphnute va chez elle. Elle se convertit et fait pénitence pendant trois ans, enfermée dans une cellule.
«Lorsque tu appelles, il te répond, dès qu'il a entendu. »
flsAIE.XXX, 19.)
Thaïs était une Magdeleine avant sa conversion. Elle était née de parents chrétiens, et, dans son enfance, elle avait entendu parler de Dieu et des croyances chrétiennes. Mais ses parents moururent. Thaïs vint à Alexandrie ; elle était trèsjeune, très-belle et sans expérience. Les passions de la nature corrompue, jointes aux séductions du monde, l'entraînèrent dans le chemin de la perdition. Comme elle était non-seulement belle, mais qu'elle possédait une intelligence remarquable, elle enchantait les uns par sa grâce, les autres par son esprit. La renommée de ses charmes, en méine temps que celle de sa misérable vie, se répandirent par toute l'Egypte, et arriva jusqu'au saint et éclairé abbé Paphnute. Ce qu'il entendit dire d'elle, n'éveilla pas en lui la curiosité des enfants du monde, ni le mépris des pharisiens, mais une pitié inexprimable, en considérant cette, créature, que le Créateur avait comblée de ses dons les plus beaux, qu'il avait si fidèlement faite à son image, était infidèle aux grâces qu'elle avait reçues et marchait droit à sa perte. Comme un vrai disciple du bon maître, qui s'assit au puits, près de la Samaritaine, Paphnute
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se disait : « Oh ! si elle voulait reconnaître les dons de Dieu ! » et Dieu inspira et éclaira son saint serviteur. Il se revêtit d'un habit séculier, prit de l'or, se dirigea vers Alexandrie et trouva facilement la demeure somptueuse de la belle Thaïs. Paphnute se fit annoncer et elle le reçut dans une salle magnifique. Alors, il la pria de le conduire dans un lieu plus retiré. Elle se rendit à ses désirs. Mais il lui demanda de nouveau si elle n'avait pas de plaide plus cachée encore. «Oh! oui, dit Thaïs étonnée ; cependant, que crains-tu ici? les hommes ne peuvent te voir, et trouver un lieu où tu ne sois pas devant l'œil de Dieu, est chose impossible sur la terre.
— Ainsi tu sais qu'il y a un Dieu, dit Paphnute.
— Certainement, reprit Thaïs ; et je sais aussi qu'il y a un paradis plein de délices pour les bons et un enfer plein de peines pour les méchants.
— 0 malheureuse ! s'écria Paphnute, si lu sais cela, comment peux-tu vivre dans le péché devant Dieu? comment peux-tu encourir ainsi les peines éternelles auxquelles tu condamnes non- seulement ton ame, mais encore celle des autres î »
Jamais, la pauvre Thaïs n'avait entendu de telles paroles. Elles passèrent comme un éclair dans son ame ; un rayon céleste pénétra son cœur et une pluie de grâces le suivit. En un instant, elle vit clairement tous les égarements de sa vie. Comme accablée sous le poids de cette vue, elle tomba le visage contre terre, et, à travers les torrents de larmes qui s'échappaient de ses yeux, elle s'écria : « 0 mon respectable père ! Imposez-moi une pénitence salutaire, et obtenez-moi de Dieu, par vos prières, le pardon de mes péchés ! Que dois-je faire? où dois-je aller?» Le saint abbé lui montre la porte d'un couvent de femmes, dans lequel il l'attendrait. «Je viens, dit-elle; accordez-moi trois heures, et je viendrai bien certainement. » Paphnute la quitta, car il vit que la grâce de Dieu l'avait vaincue.