‹ Les pères et les enfants au XIXe siècleChapitre 25 sur 44 · LES PHRES ET LES ENFANTS · texte numérisé non relu

LES PHRES ET LES ENFANTS

Je cours chez les parents de la jeune lîlle le duc m'y avait présenté} ; ils sont aussi effrayés et aussi peu instruits que moi : le malade ne voit personne que les médecins, la sœur qui le garde, et son père. J'ai appris seulement qu'Octave , dans son enfance et même dans son adolescence, avait été frappé, à deux ou trois reprises, de mala dies dangereuses et étranges, dont cette dernière atteinte n'était que le réveil. Je pressens un grand malheur; et mon anxiété s'accroît de la douleur de mon fils; cet enfant est au désespoir.

J'étais allé le matin à l'hôtel de Candé prendre des nouvelles d'Octave. Comme je traversais le premier salon, une porte s'ouvrit, le duc parut :

— Vous ! s'écria-t-il en me voyant. Eh bien î

puisque la justice du ciel vous envoie.... entrez

donc, et voyez ! Aussi bien cet isolement me rend

fou! »

Je le suivis épouvanté ! J'ai vu bien des visages

décomposés par la douleur, mais de cette façon, jamais! C'était comme un inexplicable mélange d'égarement, de désespoir et de honte! Ses yeux secs et rougis par l'insomnie regardaient fixement! Plus rien de l'élégant gentilhomme ! des cheveux en désordre, des vêtements incultes, on voyait qu'il ne s'était pas couché depuis plusieurs nuits. Cette vue me fit tant de mal, que les larmes me vinrent malgré moi, et j'allai me jeter dans ses bras.

« Vous pleurez ! me dit-il d'un air égaré, vous pleurez! et pourtant que savez-vous? que croyezvous? que je vais le perdre? qu'il meurt au moment où la vie s'ouvre si belle pour lui ! Ce n'est rien cela! ce n'est rien ! »

Et m'entraînant violemment vers la chambre à coucher de son fils, il souleva la portière, et mon regard tomba droit sur le lit du malade ! Je reculai ! Un masque de lèpre couvrait tout son visage, et s'étendait jusque sur ses yeux fermés!

210 LES PhRES El LES EXFANTS.

« Oui, oui! me dit le duc éperdu, voilà celui dont on vantait la grâce ! voilà cet être charmant que sa fiancée admirait tant hier; le voilà aveugle, muet, sourd.... car, hélas! il n'entend pas plus qu'il ne voit, et se déijattant sous le fléau qui le tuera! Oh! c'est horrible! n'est-ce pas? Il y a pourtant quelque chose de plus horrible encore! c'est que ce mal qui le dévore, il le tient de moi !

— De vous!

— Oui ! de moi ! Celui qui le tue, c'est moi!

— La douleur vous rend Ibu, mon ami! regardez-vous donc? regardez votre structure puissante! votre exubérance de force !

— Oui ! oui ! Dieu nous épargne, nous ! mais pour nous punir en ce qui nous est mille fois plus

I cher que nous! c'est le secret de sa justice!

— De quelle justice parlez-vous et quelle est votre faute?

— Ma faute! c'est celle de cette jeunesse insensée, qui met son honneur à imiter les scandales du siècle dernier!... On est jeune, on est riche, on est duc! Et au lieu de reconnaître, de mériter tant de privilèges par le travail et une vie

LES HHRhDlTKS. 211

utile, on croit qu'il y va de sa gloire d'aller à la débauche comme on va au feu, gaiement, en se moquant de tous les périls ! on aspire à l'héroïsme du vice! En est-on puni tout de suite? non! Les lionteux dangers qu'on a affrontés par bravade, ne vous atteignent pas ou du moins ne vous tuent pas. On sort vivant, et, ce semble, insolent de santé, de ces épreuves où plus d'un a laissé la vigueur et la vie; on est lier de sa puissante organisation qui a si bien secoue les restes de ses déportements. Puis, après quelques années, quand le temps et la réflexion vous ont donné le dégoût de ces folies, et que vous ne pouvez plus songer à ce passé sans rougir, il se réveille tout à coup, il se lève devant vous comme un spectre pour frapper.... Non pas vous! mais l'être charmant et pur pour qui vous rêvez toutes les puretés et toutes les joies! C'est sur son visage que reparaît la trace de vos excès 1 c'est sa vie qu'attaquent vos débauches ! Il hérite de votre honte ! 11 meurt de votre faute ! vous êtes l'assassin de celui que vous adorez ! »

Le malheureux ne put pas achever ces mots et toml)a sur un siège en sanglotant. Je courus à lui.

212 LKS PKRKS ET LES ENFANTS.

je l'embrassai, et je tâchai de combattre à la fois et ses craintes et ses remords; je lui montrai tout ce qu'il y avait d'incertain dans de telles hérédités, et de chimérique dans de tels retours sur soimême! Mais lui, se relevant et me prenant la main :

« C'est le docteur Verneuil même qui a porté mon arrêt !

— M. Verneuil! comment?

— Mon fils avait cinq ans, lorsqu'il fut atteint pour la première fois de ce mal étrange. J'appelai M. Verneuil. Après h consultation, il me prit à part, et m'adressa, sur mon passé, une question qui me traversa le cœur comme une pointe d'épée. Je rassemblai à la hâte mes souvenirs, car j'avais tout oublié.... Le jeune insensé d'autrefois était si bien mort en moi que je n'y pensais plus que comme à un jeune frère dont on rougit!... Il fallut bien alors me rappeler que c'était moi; il fallut répondre, je répondis par un aveu sincère. Le docteur A'erneuil me regarda attentivement, fit un : « Ah! je comprends!...» et s'éloigna me laissant dans l'âme un trouble, une épouvante, un remords inconnus! Plus de repos, ou du moins

plus de confiance! Tant que je fus jeune, la jeunesse avec sa mobilité d'imagination, et la légèreté naturelle de mon caractère facilement tourné à l'espérance, suspendirent ou allégèrent mes inquiétudes. Mais, à mesure que ma tendresse pour cet enfant prit, avec l'âge, un caractère plus sérieux et plus profond; à mesure que je compris mieux ce nom de père et tout ce qu'il impose, le sentiment de mon indignité devint une torture. On a quelquefois parlé de mon humanité pour les malheureux, c'était du remords! Je me dévouais dans l'espoir que mon dévouement compterait à mon fils auprès de Dieu, et le préserverait. J'ai été chercher jusque dans les livres de science des motifs de consolation et d'espoir! J'ai fouillé les nombreuses archives des maladies humaines, je leur ai demandé ce qu'étaient ces hérédités redoutables, mais partout, dans les livres des hommes comme sur leurs lèvres, j'ai lu l'arrêt de cet enfant et le mien! « Oh! s'écria-t-il enfin, avec un accent déchirant, si je l'aimais comme je dois l'aimer, ce n'est pas sa vie que je demanderais , c'est sa mort, car que sera-ce pour lui que de vivre?... »

214 J^ES Pi;Ri:S Kl" LES EXFANTS.

A peine avait-il jeté ce cri, qu'un son faible traversa la tapisserie, et dit : , « Mon père!

— Il parle! il parle! dit le père en courant auprès du malade.

— Que disais-tu donc? demanda le jeune homme d'une voix éteinte.

— Tu m'as entendu ?

— Non ! pas tes paroles. . . . mais le son de ta voix.

— Tu entends donc?

— Oui! j'entends un peu. Il me semble que ma tête se dégage. »

Oh! comme furent bien vite oubliés et ces vœux de mort, et ces affreuses angoisses ! L'espérance divine se répandit dans ce cœur paternel comme un flot de pluie sur une terre desséchée, et les médecins qui survinrent ayant constaté en effet une amélioration sensible, la joie, le sourire éclataient sur ce visage sillonné tout à l'heure par les larmes. Il espérait tout! Il m'embrassait! il me prenait les mains! J'étais jtlus que son ami, j'étais son frère !

LES HFÎRHUiriiS. 215

L'amélioration continue ; les médecins répondent de la vie du malade. La convalescence a commencé, mais la convalescence même ne peut effacer les sombres pensées qu'a soulevées en moi cette maladie d'Octave. Cette maladie elle-même, la voilà vaincue; mais pour un jour seulement peut-être. Que deviendra ce jeune homme? Que diraient les parents de sa fiancée s'ils savaient ce que je sais? Ils commencent à s'inquiéter. L'éloignement où on les a tenus les étonne. Sachant que j'avais été reçu par le duc, ils sont accourus chez moi, et m'ont interrogé. Mon silence forcé leur a été un nouveau sujet de soupçon. Quand ils ont revu le duc, leur première parole a été : « Qu'a donc eu Octave? » Le trouble de M. de Candé à cette (fuestion a achevé de les troubler eux-mêmes.

Enfin , la jeune lîlle ayant demandé à voir son liancé :

— Le voir ! vous ! s'est écrié le duc avec un accent involontaire de terreur.... Pas encore! pas encore!

J'ai peur! Si toutes ces circonstances réunies effrayaient la famille et si elle rompait ce mariage? si le duc voyait son fils repoussé!... oh! le malheureux ! il en deviendrait fou !

Ce que je craignais est arrivé, mais dune façon plus cruelle encore pour le père. Le coup est parti du jeune homme même; c'est lui qui a rompu ce mariage. Pourquoi? Je ne puis y songer sans frémir. La convalescence depuis huit jours avait marché à grands pas; l'énergique constitution d'Octave avait chassé le mal. Les marques extérieures

LES HEREDITES. 217

qui dégradaient ce charmant visage avaient disparu sans laisser de trace; tout était joie et espérance en nous, quand hier en arrivant chez le duc, je le trouvai, pâle, consterné, auprès de son fils plus défait que lui.

— Qu'y a-t-il donc? » m'écriai-je épouvanté.

Le père me tendit une lettre qu'il tenait à la main. Cette lettre était d'Octave, et s'adressait à sa fiancée.

« Chère Alice,

« Tout ce que j'ai de courage ne peut m'empècher d'inonder de larmes le papier où je vous écris. J'ai l'âme déchirée! notre mariage est impossible; ne me demandez pas pourquoi; vous le dire, serait un supplice au-dessus de mes forces ! Adieu ! »

— Adieu! repris-je avec énergie. Adieu! Pourquoi?

— Parce que je serais un misérable , si je l'épousais, s'écria le jeune homme au désespoir.»

Le duc se taisait.

— Un misérable !

— Oui! oui! savez-vous ce que j'ai entendu

pendant une de ces nuits de torpeur et d'angoisse où vous plonge cette atroce maladie? Savez-vous ce qu'ils ont dit, ces médecins.... lout bas, près de ce lit où ils me croyaient mourant et insensible? Ils ont prononcé à propos de mon mal un mot fatal, et qui décide tout, le mot transmissible!... Comprenez -vous maintenant? comprenez- vous? Moi ! attacher cet être charmant à un malheureux frappé mortellement sans doute! lui apporter en dot le partage d'un incurable fléau! la condamner aux mêmes douleurs que moi! lui donner des fils frappés comme moi et à cause de moi!

A ces mots, le malheureux duc ayant éclaté en sanglots, le jeune homme courut à lui, et l'embrassant :

— Mon père, je ne veux pas d'autre juge que toi!... Tu es bien malheureux depuis un mois, n'est-ce pas? La vue de mes tortures et de mon agonie t'a arraché bien des larmes d'angoisse et de désespoir... hé bien! qu'aurais-tu donc éprouvé si tu avais pu te dire, cernai qui le tue, c'est moi qui le lui ai légué! »

Le duc se leva, et poussa un tel cri de douleur, (jue la pitié — la pitié a des inspirations comme le

LES HEREDITES. 219

génie, — que la pitié me suggéra tout à coup une résolution, qui pouvait être le salut pour tous.

— Arrêtez! leur dis-je, arrêtez tous deux! Vous, Octave, donnez-moi cette lettre. Vous, mon ami, arrêtez vos larmes. Rien n'est encore perdu peutêtre; je ne vous demande qu'une heure. Dans une heure, Octave, vous saurez si vous ne pouvez pas vivre heureux et honnête homme. Attendez-moi! »

Et je m'élançai au dehors.

Je viens de chez le docteur Verneuil, cest chez lui que j'avais couru. En me voyant entrer :

— Eh bien ! me dit-il avec cette belle expression de joie, particulière aux médecins qui viennent de faire une cure difficile. Eh bien! voilà notre jeune homme sauvé !

— Sauvé! repris-je en le regardant fixement. Pour combien de temps ! et à quel degré?

— Que voulez-vous dire? »

Je lui racontai tout : en m'écoutant, il disait en se frottant les mains :

— Brave jeune homme! brave jeune homme!

— Il n'est donc pas condamné ! m'écriai-je.

— Condamné? si vraiment! condamné à être le plus heureux comme le plus honnête des hommes ; condamné à donner à son pays de bons et beaux officiers de noblesse aussi robustes que des officiers de fortune!

— Mais ce que vous avez dit à son père, et ce qu'Octave lui-même a entendu?

— D'abord, je n'ai rien dit au père, attendu que le silence est un de mes principes Je l'ai interrogé comme c'est mon devoir, et je ne suis pas fâché que mon... Ah! je comprends! oXi éveillé ses terreurs et ses remords. C'est une faible punition pour avoir failli perdre sa race tout entière. Mais, dès le premier jour, j'ai compris que le mal était bien héréditaire, mais ne venait pas de lui, n'avait rien du caractère redouté et que nous en viendrions à bout.

— En vérité! m'écriai-je avec un accent indicible de joie.

— En voulez-vous la preuve?. j'ai pour habitude d'écrire, jour par jour, Ttiistoire de toutes les maladies intéressantes que je traite '. Yoicile dossier du jeune Octave. Lisez, vous verrez que j'ai été prophète. Il n'a pas eu une crise que je n'aie prévue, jusqu'à cette dernière, que je redoutais en la désirant, car, pour moi, c'était la crise suprême, la bataille décisive, c'est-à-dire la guérison!

— La guérison complète?

— Je ne dis pas que le mal ne se réveillera jamais, mais ce ne sera que par des retours de plus en plus faibles. J'en ai vingt exemples sans réplique. Le dossier même d'Octave me le prouve. Il a eu trois crises. La première, il y a dix ans, afreuse! Je l'ai cru mort! La seconde, il y a cinq ans, redoutable encore mais beaucoup plus courte et déjà moins terrible. Celle-ci, grave, mais plus courte encore, et plus faible. Le péril est conjuré !

— Mais pourtant, repris-je avec insistance, car

1. Je tiens ce fait d'un de nos premiers médecins et beaucoup de prat'ciens en font autant.

j'étais insatiable d'affirmative. — Octave n'a-t-il pas entendu....

— Il a entendu à moitié, ce qui est bien excusable quand on est entre la vie ou la mort! J'en suis sur, c'est moi qui parlais! Je sais ce que j'ai dit, et je n'ai répété le mot prononcé par mon confrère que pour le combattre.... Voyons! étes-vous convaincu? »

Je me taisais, n'osant pas en croire mon espérance.

« Ah! vous doutez encore! reprit le docteur en riant : je vais bien vous forcer à avoir confiance. Allez dire de ma part à M. le duc, que ma fille, qu'il connaît bien, a un million de dot, et que s'il la veut, je la lui otTre pour son fils. Eh bien ! qu'en dites-vous?... «

Je sautai au cou du docteur! je courus chez mon ami, et Octave épousa sa cousine six mois plus tard. Mon fils fut le témoin d'Octave. Le jour de la bénédiction nuptiale et la cérémonie terminée, le duc me conduisit dans son cabinet, et me tendant un cahier écrit :

« Mon ami, me dit-il, vous m'avez rendu le plus grand service qu'un homme puisse rendre à

LES Hl'RIDITliS. 223

un homme, mieux encore, un père à un père. Je veux le reconnaître par un service égal. Prenez ce cahier. C'est l'histoire de mes angoisses. J'y ai mis les noms en toutes lettres. Votre fils a dixneuf ans, donnez-le lui de ma part. »

Je me récriai.

«De ma part!... ajouta-t-il avec force. Je le veux! Ce sera ma punition, mon expiation, et j'espère, son salut »

Je rentrai chez moi agité de mille sentiments contraires ; j'admirais le touchant repentir du duc, j'étais ému de son amitié; j'étais tremblant à l'idée d'aborder un tel sujet avec mon fils. Enfin je pris mon parti. J'appelai Maurice, et je lui dis :

« Mon cher ami, tu as dix-neuf ans. Tu arrives à l'âge de la passion. Quel sera son. empire sur toi? je l'ignore. Ce que je sais, c'est qu'elle peut

être, selon le cœur de l'homme qui l'éprouve, fatale ou bienfaisante, pure ou honteuse, jcoupable ou sainte. Mais à côté d'elle, derrière elle, se lève et la suit, comme un pâle spectre, une compagne qui prend son nom, qui se revêt de sa ressemblance, qui se prétend sa sœur, et qui n'est autre que sa plus mortelle ennemie, car elle la flétrit, elle la déprave et finit par la tuer! Cette compagne meurtrière, cette sœur fratricide, c'est la débauche ! Si horrible est ce seul mot, la débauche^ tout ce qu'elle traîne après elle est si hideux, qu'il suffît, ce semble, du seul respect de soi-même pour ne pas tomber dans de telles fanges. N'en crois rien ! La corruption naturelle de l'homme donne un attrait à cette dégradation ; on n'y tombe pas tout d'un coup, on y glisse ; on y descend par une pente insensible; c'est la vanité qui vous y pousse; c'est l'exemple qui vous y entraîne, c'est le vertige des sens qui vous y précipite, et l'âme la mieux trempée n'a pas trop de toutes ses forces pour se défendre contre toutes ses tentations. Ta tendresse pour moi te dit : • Tu es fils, préserve-toi pour ton père! » Ce manuscrit te dira : <f Tu seras père, préserve-toi pour tes fils. »

LES HEREDITES. 225

Je lui donnai alors le manuscrit du duc de Candé à lire, et je l'observai attentivement pendant qu'il le lisait. A mesure que chacune des phases de ce sombre récit se déroulait devant lui, je voyais son visage pâlir, rougir, se contracter, s'attendrir. On sentait en lui comme un mélange d'épouvante, de douleur, et de répulsion. La lecture achevée, il me rendit le manuscrit, sans prononcer un mot. m Ta physionomie et ton silence même, repris-je, me prouvent la profondeur de ton impression. Je veux pourtant et je dois ajouter encore quelque chose à cette leçon. J'aurais pu te montrer, moi, la débauche derrière la passion; le duc te montre, derrière la débauche, l'hérédité. L'hérédité! Mot terrible ! mot presque nouveau dans sa signification profonde! La scienc2 d'aujourd'hui, se fondant sur l'observation, s'appuyant sur la précision même d'instruments plus délicats, étudie le sang dans ses éléments constitutifs et dans ses altérations successives : elle prend le mal qui nous occupe , et le suit dans toutes ses métamorphoses; elle le retrouve à soixante ans de distance , à travers l'intervalle de deux ou trois générations et sous une forme nouvelle, comme la

Page 1