‹ Les Perforations Intestinales au Cours des Paratyphoïdes: Différentes Méthodes Chirurgicales de TraitementChapitre 10 sur 15 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Observation I. — REINHoOLD (Bulletins et Mémoires de la Société Nationale de Chirurgie, n° 1, 16 janvier 1932, tome LVIII).

Mme M. D... 26 ans, présente depuis le 15 août 1929 un état de malaise général, avec fièvre. Le 20 août, la malade ressent une douleur dans la fosse iliaque droite, elle a un vomissement. Une purgation, un lavement constituent le traitement. La douleur abdominale s’estompe. Le 2 septembre, à 16 heures, la malade ressent à nouveau une douleur extrêmement vive dans la fosse iliaque droite, sans vomissement. À 18 heures, la malade entre à la maison Dubois. Son aspect est inquiétant; le faciès est tiré, les yeux sont cernés, la température atteint 39°, le pouls 120; la contracture s'étend sur la fosse iliaque droite et l’hypogastre. Le toucher vaginal ne révèle aucune collection pelvienne. La malade présente une cicatrice, d’appendicectomie datant de dix ans.

Cet état aigu dure peu. Rapidement la contracture s’est considérablement atténuée. La malade évacue une selle diarrhéique. Le diagnostic de début de typhoïde est posé. | \

Pendant trois jours, même état; on note un peu de prostration, un faciès fatigué. La langue est sale, la température est à 38°, le pouls est à 110. La palpation de la fosse iliaque droite est douloureuse et l’on sent une résistance profonde. La malade évacue quelques selles diarrhéiques. L’hémoculture est faite. Elle révèlera le para B, le 9 septembre.

Le quatrième jour de l'entrée de la malade, le tableau se précise : température 39°, douleurs plus aiguës et plus fréquentes; la fosse iliaque droite et la moitié correspondante de l’hypogastre sont occupées par une tuméfaction diffuse.

Opération 7 septembre 1929. Anesthésie au Schleich. Opérateur : REINHOLD.

Laparatomie médiane sous-ombilicale. Péritoine libre. Le grand épiploon apparait très congestionné, encapuchonnant une masse diffuse qui occupe le petit bassin (surtout à droite) et la fosse iliaque. A droite l’épiploon présente une adhérence de 2 centimètres sur 4 à la cicatrice de l’appendicectomie.

Protection de la grande cavité. Décollement de l'épiploon en commençant par la gauche et libération de l’adhérence à la cicatrice. La masse est reconnue comme étant formée de l’agglomération du colon pelvien et de l'iléon. Assez facilement, on décolle les anses intestinales, Ce faisant, on découvre trois clapiers purulents que l’on assèche aussitôt. Un quatrième foyer laisse échapper un liquide fluide, fécaloïde, Celui-ci sourd lentement d’une perforation de 3 millimètres de diamètre, siégeant à 8 centimètres de l’angle iléo-caecal, sur le bord

DACES" +1 sens

libre de l'intestin. Cette perforation est creusée dans un tissu intestinal épaissi, lardacé, recouvert de fausses membranes. Une excision qui permettrait une suture en territoire sain serait trop importante. On tente un enfouissement par points en bourse; la friabilité des tissus et leur manque de souplesse s’y opposent. L’adhérence au fond du bassin et de la fosse iliaque empêche l'extériorisation de l’anse ou l’entérostomie. Un drainage du foyer et de la perforation est pratiqué au moyen d’un drain et de deux mèches non tassées dans le foyer et d’un drain dans le Douglas. L’ensemble de ce drainage est isolé par une large compresse de cloisonnement.

Fermeture en deux plans au catgut, au-dessous du -draïin et au-dessus de la gaze.

Suites opératoires.

Enlèvement progressif du tamponnement. Un drain st retiré le cinquième jour. Les mèches le dixième jour. La mèche de cloïsonnement est retirée le douzième jour, le dernier draïn est retiré le vingt-et-unième jour. Il s’est constitué une fistule stercorale.

La paratyphoïde évolue favorablement. Le vingt-etunième jour la malade est apyrétique. Alors la fistule est peu abondante et cesse d’être stercorale.

La malade quitte le service le 9 novembre 1929, deux rois après l’opération, guérie, gardant une fistulette pariétale, non stercorale, qui se tarit par intermittence. En avril 1930, la malade est en excellent état. Il n’y a pas d'éventration. Les périodes d'activité de la fistule sont de pius en plus rares et courtes. Néanmoins nous proposons une intervention. La malade y surseait momentanément.

Observation II. — Thèse de de LATOUCHE.

Mille G.., 17 ans, présente dans les premiers jours de mars 1929 un état fébrile (38°) avec malaises abdominaux. On porte le diagnostic de grippe, quand, brusquement, dans la nuit du 8 au 9 mars elle éprouve une douleur brutale dans le bas ventre avec vomissements bilieux. Le lendemain la température est à 39°, le pouls à 126. La malade rend spontanément ses gaz et a un peu de diarrhée. A la palpation la douleur est diffuse, sous ombilicale et dans les deux fosses iliaques.

Pendant 2 ou 3 jours, l’état reste stationnaire.

Le 11 mars on prélève du sang pour une hémo-culture et un séro-diagnostic.

Le 12 au matin, la malade a passé une mauvaise nuit. La température est à 39°4, le pouls à 140. Le faciès est mauvais, subictérique. La fosse iliaque droite semble plus tendue et plus douloureuse qu’à gauche. Il y a de la défense müsculaire, sans contracture véritable.

Le résultat du séro-diagnostic est positif pour le paratyphique B. fe

On porte alors le diagnostic de péritonite au cours d’une paratyphoiïde B, peut-être par perforation, en tout cas avec pus et on décide d'intervenir. |

A l'intervention pratiquée le 12 mars (M. F. Papin), on trouve un liquide, bouillon sale, dans l’abdomen. Les

anses intestinales sont agglutinées par des fausses membranes. En écartant les anses, on tombe sur un gros abcès de pus verdâtre. Après aspiration, on voit dans le fond — vers le promontoire — une anse grêle termi-

Page 1