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Observation IV. —— (GRENIER, Progrès Médical, 1943).
Homme de 28 ans, soldat au 1° étranger. Pas d’antécédents notables, n’a pas été vacciné contre la typhoïde.
Le début de l'affection est caractérisé par de vagues troubles généraux, un peu de diarrhée, céphalée, fièvre légère. — En quelques jours, les signes de typhoïde se précisent et un prélèvement de sang est fait pour hémoculture.
Brusquement, douleur vive dans la fosse iliaque droite et tableau typique de péritonite.
Une intervention est tentée et on trouve sur une anse iléale voisine du cacum une perforation lenticulaire, au niveau d’une plaque de Peyer très enflammée. Suture de l'intestin et drainage.
Le malade succombe le lendemain soir.
L’hémoculture a montré qu’il s'agissait de paraty- | phique B. <
Observation V.—— (CHEVRIER, Société de Chirurgie te Paris, 1913).
Homme de 44 ans, hospitalisé le 16 février 1912 à V’hôgpital Cochin, à la suite d'un examen faisant penser à une typhoïde. Un séro diagnostic fuit négatif.
Dans la soirée, les signes abdominaux — jusqu'alors très vagues — s’aggravent brusquement. Le malade se plaint de douleurs diffuses, sans localisation nette. Il ne vomit pas. La température est à 38°8, son pouls à 84.
A l'examen : ventre ballonné — palpation doulou-
“reuse — contraction très manifeste de tous les muscles -de la paroi abdominale.
On décide d’intervenir et le péritoine étant ouvert, il s'écoule une grande quantité de liquide jaunâtre; vers la fin de l’iléon, à 20 cm. du cacum, on découvre une perforation lenticulaire, occupant le centre d’une plaque de Peyer. On extériorise cette anse et on la fixe par quel- -ques points de suture. Drains dans chaque fosse iliaque. Amélioration progressive.
Le 20 février on fit une nouvelle tentative de séro diagnostie avec le bacille d’Eberth qui resta négative — alors que lPagglutination se fit avec le bacille paratyphique de Gartner.
Le malade guérit complètement, maïs dût subir une entérectomie de l’anse qui avait été exclue et sur la- -quelle on avait essayé en vain l’occlusion des fistules.
Observation VI. — Bources, Bulletin Médical, 1916).
Cette observation concerne un malade qui avait présenté une forme sévère de paratyphoïide A et qui, au 18"° jour, ressentit une vive douleur apparue brusquement dans la fosse iliaque gauche, avec chute de la température, pouls accéléré, faciès péritonéal. La mort est survenue 24 heures après le début de ces accidents et à lJ’autopsie on trouva du liquide fécaloïde répandu dans le péritoine et au niveau de la portion terminale de l’iléon de nombreuses plaques de Peyer ulcérées ; en particulier, à 20 em. de la valvale iléo-caetale, une perforation nette, entourée de 2 autres perforations plus petites.
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Observation VII. — (BOURGES, Bulletin Médical, 1916).
Il s’agit d’un homme soigné pour une paratyphoïde A d’allure moyenne et qui au 10° jour présente des signes d’aggravation, sans que toutefois rien ne permette de soupçonner un état péritonéal. Ce n’est qu’au 18° jour que l’attention fut attirée du côté de l’abdomen — mais la mort survint le lendemain. 6
A l’autopsie, on découvrit, au niveau du cul de sac caecal, des plaques de Peyer ulcérées et à 15 cm. de la valvule siégeait une perforation punctiforme.
Observation VIIT. — (GRENET et FORTINEAU, Soc. Méd. des Hôpitaux, 1915).
Perforation intestinale dans une fièvre paratyphoïde B — qui fut une découverte d’autopsie. Le malade n’avait présenté ni douleurs, ni vomissements.
A l’autopsie : perforation intestinale à l’union du gros intestin et de l’intestin grêle. — Liquide bouillon sale dans l’abdomen.
Observation IX. — (GRENET et FORTINEAU).
\ Malade âgé de 24 ans, soigné pour une paratyphoïde À, d’allure bénigne.
Au 18° jour, douleur brusque abdominale; hyperesthésie cutanée; défense musculaire, surtout dans la fosse iliaque gauche.
AR | HÉNAS Opération 5 heures après le début des accidents. Liquide bouillon sale dans l'abdomen. Suture de la perforation, qui siège sur l'intestin grèle, à 30 cm. au-
dessus du caecum.
Mort le lendemain.
Observation X. — (Pissavy et VERNIÈRE, Soc, Méd. hôpitaux de Paris, 1917),
Soldat de 35 ans, entre à l’hôpital avec le diagnostic d’embarras gastrique fébrile le 28 septembre 1916. La température oscillait entre 38 et 39 degrés; le pouls était à 87; diarrhée légère; état saburral des voies digestives; pas de taches rosées.
Le 5 octobre on obtient une hémoculture positive pour le para B.
Le 10 octobre les taches rosées apparaissent.
Jusq'au 30 octobre, la convalescence se poursuit sans aucun incident à signaler.
Le 31 octobre, bronchite d'apparence banale avec légère recrudescence fébrile.
Le 6 décembre : apparition de douleurs rhumatismales dans l’épaule gauche et nouvelle élévation thermique à 39°.
Puis, tout semble rentrer dans l’ordre. Le malade reste apyrétique pendant trois jours.
Du 15 au 22 décembre, nouvellé poussée thermique ét oscillations aux environs de 39°.
Le 22 décembre, le malade fait une hémotysie, sans qu’on puisse déceler une lésion aux poumons. À l’exa-
men bactériologique des crachats on trouve du streptocoque, du staphylocoque, du tétragène, mais pas de bacilles de Koch.
Le malade étant constipé, on lui donne dans la matinée 30 grammes .de sulfate de soude.
Le 23 décembre, à 1 heure du matin, douleur abdominale violente, température à 40°6 et tableau de perforation intestinale.
© On intervient à 20 heures et on trouve une péritonite généralisée, consécutive à une perforation siégeant à 25 centimètres du caecum.
Résection de 10 centimètres d’intestin grèle.
Vérification de l’appendice qui est normal.
Mort le lendemain.
Observation XI. — (Docteur FERRARI, d'Alger, Soc. de- Chir., 1924), À
Cette observation concerne un malade âgé de 35 ans qui au 13° jour d’une fièvre continue a été pris brusquement d’une violente douleur abdominale en coup de poignard. Etat syncopal. Chute de la température à 37°2, pour remonter trois heures après à 38°8. Le pouls est à 130. Un vomissement muqueux.
A l’examen, l’abdomen est moyennement distendu et immobilisé. A la palpation, contracture de toute la paroi, mais plus marquée à droite, où la moindre pression réveille une douleur très vive. Ni selles, ni gaz, depuis. le début des accidents.
Intervention 6 heures après le début des aceidents.
. Incision de Roux, comme pour une appendicite à chaud: Liquide jaunâtre, louche, dans le ventre. On dévide le grèle dont la paroi est rouge, hyperémiée, avec des fausses membranes. On attire ainsi environ 20 cm. et on trouve une perforation lenticulaire tout autour de
laquelle les tuniques. de l’intestin. ne paraissent pas in-
durées.
Cette perforation est aveuglée par deux points au fil de En. Un drain dans le Douglas, un autre dans la fosse iiaque. Suture partielle de la paroi.
Les suites opératoires furent bonnes. Le drainage est supprimé au 5° jour. La température baisse progressivement.
Le séro-diagnostic se montra négatif pour l’Eberth, le paratyphique À et le melitensis. Agglutination légère au paratyphique B, mais très forte agglutination d’un paratyphique C, isolé récemment.
Observation XII. — (AcHarp, Les maladies typhoides).
I] s’agit d’un homme âgé de 28 ans et atteint d’une paratyphoïde B qui se compliqua brusquement d’un syndrôme péritonéal, accompagné d’une chute brusque de la température de 38°5 à 36°, avec pouls à 140, faciès péritonéal, hoquet et mort le lendemain.
Malheureusement, l’autopsie n’a pu être faite, mais les symtômes cliniques étaient assez nets pour qu’on ne put mettre en doute la perforation.
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Observation XIII. -— (CarLes, les fièvres typhoïdes, Actualités médicales).
Il s’agit dans ce cas d’un malade mort au dixième jour d’une partyphoïde A, 24 heures après l’éclosion de tous les symptômes classiques d’une péritonite suraiguë par perforation.
L’autopsie permit de constater une perforation vers la partie terminale de l’iléon où existait le maximum de | lésions ulcéreuses et quelques plaques de Peyer, tout à fait comparables à celles d’une fièvre typhoïde.
Observation XIV. — (Thèse LEMONNIER).
Jeune homme de 17 ans, entre à l'hôpital le 15 août 1920. Le début de la maladie remonte au 1‘ août. Depuis cette date, le malade avait présenté des signes thoraciques qui avaient fait penser à une congestion pulmonaire.
Le 12 août il ressent un violent point douloureux dans la région épigastrique. Cette douleur se généralise ensuite à tout l'abdomen. Des vomissements apparaissent. ‘La constipation est opiniâtre.
A son entrée à l’hôpital son faciès est nettement péritonéal. La température est à 38°9 ; le pouls à 120.
A l'examen, on constate une immobilité du diaphragme; un abdomen ballonné et de l’hyperesthésie cutanée. Il existe une contracture de défense des muscles de la paroi.
- Au toucher rectal, on trouve un cul de sac de Douglas très douloureux.
Le séro diagnostic se montre positif pour le paratyphique B — négatif pour l’Eberth.
On pose le diagnostic de péritonite aiguë au cours d’une fièvre para B, probablement par perforation.
A l’opération on trouve une sérosité louche, jaune verdâtre, fétide, dans l’abdomen. Les anses intestinales sont rouges, distendues. De nombreuses fausses membranes agglomèrent les anses dans la région iliaque droite. On ne voit toutefois pas de perforation.
Nettoyage du péritoine à l’éther. Drain dans le Douglas. - |
Dans les jours qui suivent, le pouls devient meilleur, la température baisse progressivement et 4 jours après l'opération le malade a 37°2 le matin. Mais le soir, la température remonte à 38°8; le pouls est à 130 et le malade succombe dans la nuit.
A l’autopsie, on trouve sur l'intestin, à 20 cm. de la valvule iléo-caecale, une perforation lenticulaire et autour de celle-ci 4 ulcérations.
I] semble bien que cette perforation se soit constituée après l'intervention, probablement à la date du 17 — car la température baissa ce jour brusquement de 38°5 le matin à 37°5 le soir.
Observation XV. — (Thèse LEMONNIER).
Enfant de 15 ans, non vacciné contre la typhoïde. Est amené à l’hôpital dans un état infectieux intense, avec céphalée, rachialgie, Kernig, température élevée à 39°5, pouls à 75.
age
‘: La ponction lombaire donne un liquide normal.
L’hémoculture est négative, mais le séro diagnostic est nettement positif pour le para A, négatif pour le bacille d’'Eberth et pour le para B. -
Au 14°*° jour, l’enfant présente un syndrôme péritonéal typique, avec vomissements, et une prostration profonde.
La laparotomie montre l'existence d’une péritonite diffuse et une perforation sur le grèle de 8 mm. de dia- . mètre, siégeant à 15 cm. de la bouche iléo-caëecale.
- La perforation est suturée et le péritoine éporfgé, puis draîné. - d
Mort au cours de la nuit suivante.
Observation XVI. — (Coyon et RIVET, Presse médicale, 1915).
Justin R.., 33 ans, soldat au 73° d'infanterie. N’a pas été vacciné, ayant eu une fièvre typhoïde dans l’enfance.
Entre à l’infirmerie le 30 juillet 1915 pour des troubles intestinaux (notamment de la diarrhée) accompagnés d’un état fébrile.
Le lendemain, sa température oscille autour de 40°, mais les troubles intestinaux semblent s'être amendés. Il persiste toutefois encore un peu de diarrhée,
Au 13"° jour de la maladie, l’hémoculture pratiquée donne du bacille paratyphique B. Le séro diagnostic est fortement positif pour le paratyphique B — négatif pour l’Eberth et le bacille paratyphique A.
À partir de ce jour, la température descend progres- . sivement et le malade semble entrer en convalescence.
Cependant, 27 jours après le début de la maladie, la température remonte pour atteindre en 24 heures 40°2 et la diarrhée reprend, extrêmement violente, quoique non sanglante; en l’espace de 24 heures le malade a jusqu’à 40 selles.
Cet état persiste pendant plusieurs jours. Altération de l’état général; langue sèche; ventre un peu ballonné, quoique souple.
Enfin, le 4 septembre, le malade présente un faciès péritonéal; son pouls est filant; le malade meurt dans la journée.
A l’autopsie, on trouva dans le péritoine du liquide un peu trouble, dont l’ensemencement donna des cultures pures de bacilles paratyphiques B.
Le principal caractère digne d’être relaté réside dans les lésions du gros intestin : grosses lésions de l’appendice et du caecum, lésions disséminées du colon, et, surtout, colite segmentaire ulcéreuse du colon descendant. Il existait partout, au niveau des lésions, une grosse réaction péritonéale avec d’épais dépôts fibrineux. Mais il n’y avait pas de perforation; les ulcérations étaient très profondes et leur fond d’une minceur extrême.