C. Conclusion
Devant de tels risques, certains accoucheurs se sont demandé si le mode d’administration de la post-hypophyse ne joue pas par lui-même un rôle important.
Il est certain qu’une injection intramusculaire, et à plus forte raison intraveineuse, réalise une brusque montée en flèche de la concentration de l’hormone dans le sang. Que l'utérus réagisse brusquement, et parfois même brutalement, sous l'effet d’une telle concentration est tout à fait naturel et ne doit pas nous surprendre. La sécrétion du lobe postérieur de l’hypophyse est lente et continue, et à cette continuité dans la sécrétion, correspond une discontinuité dans l’apparition des contractions utérines. C’est ce qui fait toute la particularité de ce couple hypophyso-utérin. |
Il était logique dans ces conditions, de rechercher un mode d'introduction de la post-hypophyse dans lorganisme qui se rapprochât le plus possible de cette sécrétion physiologiqte et naturelle de l’hormone par le lobe postérieur de l’hypophyse.
Les perfusions intraveineuses lentes ont essayé de réaliser ces conditions. Elles permettent de plus d’exercer un contrôle rigoureux sur les doses injectées à chaque instant; elles peuvent être arrêtées dès qu’on le désire, augmentant ce degré de sécurité que désire avoir tout accoucheur qui utilise une drogue aussi active que la posthypophyse.
Les perfusions intraveineuses d’extraits post-hypophysaires ont été d’abord utilisées seules.
A la Clinique Obstétricale de Toulouse, elles furent associées à un anesthésique, en particulier au chlorokélène.
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IL. LA DIRECTION DE L'ACCOUCHEMENT PAR LES PERFUSIONS ISOLÉES D'EXTRAITS POST-HYPOPHYSAIRES.
Les derniers travaux concernant cette nouvelle technique sont l’œuvre d’auteurs anglo-saxons, belges et parisiens. |
À. Travaux des auteurs anglo-saxons.
Aux Etats-Unis, des études très précises sur la contraction utérine ont été faites au moyen de dynamomètres. Ces études ont permis de constater graphiquement les actions physiologiques des perfusions intraveineuses. Les principaux auteurs ayant participé à ces expériences sont: D'Ésopo, D’'ANTHONY [12], Dickman, Wiccram [10]. EASTMAN [11] et HELLMAN [17].
Presque simultanément, en Angleterre, THEOBALD [45 | s’intéressait à la même question.
1° Technique :
Après plusieurs essais, le choix du solvant utilisé s’arrêta sur le sérum glucosé à 5 %.
Le taux de dilution de l’hormone ocytocique fut de un minim* pour 100 em° de solvant, c’est-à-dire de 1 cm° de l’extrait standard (10 unités chat) pour 1.500 em° de solvant.
La vitesse d'écoulement fut de 50 cm° en une demiheure, puis augmentée si nécessaire jusqu’à 100 cm° en une demi-heure. Les auteurs ont remarqué que dans la très grande majorité des cas, il est inutile de dépasser le taux de 1 minim* en une demi-heure. Au delà de ce taux, on risque d’obtenir des contractions tout à fait défavorables à la marche du travail. Dès la mise en œuvre de la méthode,
* Minim : 1/128 eme de l'oncc.
VE
les auteurs ont noté une longue contractions tétanisante. Il y a donc intérêt à réduire au début la vitesse d’écoulement à 1/4 minim pour une demi-heure.
2° Résultats :
a) Résultats cliniques :
Comparant leurs résultats à ceux obtenus au moyen d’injections intramusculaires de post-hypophyse, les auteurs concluent que l’on peut compter un taux de 10 %
d'échecs pour le traitement du travail prolongé au moyen de la dernière méthode.
Parmi les facteurs permettant d’expliquer dans une certaine mesure ces échecs, on peut noter :
— Une trop longue durée du travail;
— Une situation élevée de la tête fœtale au moment où l’on intervient;
— L'existence d’une fièvre intra-partum.
Aucune action quelconque sur la tension artérielle ne
” L L 4 L D fut notée. Par contre, il y eut six fois des modifications des bruits du cœur qui redevinrent normaux après cesseton de la post-hypophyse.
Les essais cliniques des auteurs anglo-saxons portèrent sur soixante cas. Trois groupes furent distingués :
— Type incomplet À : travail durant depuis plus de vingt-quatre heures, mais avec une progression continue dans la dilatation du col.
— Type incomplet B : travail commencé depuis moins de vingt-quatre heures, mais avec un arrêt à 4 centimètres dans la dilatation du col depuis plus de trois heures.
— Type complet ou type mixte : combinaison de A
et de B.
Les soixante cas furent ou du type B ou du type complet.
Furent considérés comme succès, tous les cas au cours desquels la dilatation complète du col fut obtenue avec un abaissement de la tête en un point où un forceps fut facilement exécuté.
Les résultats suivants furent obtenus :
POUR- |MORTALITÉ| POUR- NOMBRE | CENTAGE | FŒTALE | CENTAGE
Succès | 53 88.3 % 2 3,7 % . Echecs 11,7 % 0 0 ToTAL 60. 100 2 3,3
b) Résultats expérimentaux et graphiques :
Dans les résultats de leurs expériences, les auteurs
anglo-saxons font intervenir, comme pour le déclenchement du travail, la notion d’index de travail.
L'étude du travail normal montre, en effet, que le fond de l’utérus est plus actif que la partie inférieure de cet organe, et tout le travail qui a pour but la descente du mobile fœtal consiste en une lente progression de cette activité de la musculature utérine, du haut vers le bas. La zone moyenne de l’utérus est elle-même une zone de repos par rapport au fond de l'utérus.
L’index de travail ou « Work-index » peut donc être exprimé par une fraction :
travail dans une zone déterminée du fond utérin .
| Ut
travail dans une zone correspondante de la partie moyenne