C. Inconvénients de La méthode et conclusion
Cette technique des perfusions isolées, malgré les divers avantages que nous venons d’exposer, paraît sujette à des critiques notables :
1° La post-hypophyse utilisée seule risque toujours de provoquer des troubles par excès de la contraction utérine pouvant aboutir à des états spasmodiques de l’utérus ;
2° La position que doit garder la parturiente pour la perfusion est très pénible, et ceci au cours d’un travail long et douloureux;
3° Les indications en paraissent restreintes et réservées à des cas d’hypocinésie utérine primitive qui sont relativement rares.
Ces inconvénients disparaissent si l’on associe cette perfusion à un anesthésique. |
IT. LA DIRECTION DE L'ACCOUCHEMENT PAR LES PERFUSIONS INTRAVEINEUSES D'EXTRAITS POST-HYPOPHYSAIRES EN ASSOCIATION AVEC UNE ANESTHÉSIE AU CHLORO-KÉLÈNE.
C’est en se basant sur le principe même de l’accouchement indolore et accéléré tel qu’il est appliqué dans la méthode de DELALANDE, que le service de la Clinique Obstétricale eut l’idée d’associer un anesthésique aux perfusions intraveineuses d’extraits post-hypophysaires, soit au cours de laccouchement normal, soit au cours de certaines dystocies fonctionnelles.
Nous croyons d’abord nécessaire de rappeler le principe général, les indications et les résultats de la méthode de DELALANDE, de façon à pouvoir lui comparer la technique des perfusions sous anesthésie.
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A. Accouchement indolore et accéléré.
MÉTHODE DE DELALANDE.
1° Principe de la méthode.
Depuis longtemps, les accoucheurs cherchent non seulement à diriger l’accouchement au moyen de la post-hypophyse et d’antispasmodiques, mais aussi à rendre cet accouchement indolore et plus rapide. On peut dire que le problème n’est pas encore complètement résolu. Comme le faisaient remarquer si justement MM. les Professeurs GUILHEM et PONTONNIER [16], dans La Vie Médicale, au mois de novembre 1950 : « L’analgésie obstétricale parfaite supprimerait totalement les phénomènes douloureux du début à la fin du travail, respectant les phénomènes physiologiques de la contraction, la dilatation, l’expulsion, ne serait dommageable ni pour la mère, ni pour l’enfant ». Et ces auteurs concluaient : « Nous pouvons affirmer qu'il n’existe, à l’heure actuelle, aucune méthode d’accouchement sans douleur respectant ces conditions. Par contre, il est parfaitement possible de soulager les parturientes ».
Tel est le but de la méthode de DELALANDE, dont il n’est plus besoin de rappeler les succès cliniques. On sait qu’au cours de cette méthode, les injections intramusculaires de post-hypophyse sont associées à une anesthésie générale au chloro-kélène.
Le principe général pourrait en être défini de la façon suivante : diminuer pour la femme la douleur de l’accouchement, et raccourcir dans une certaine mesure le temps nécessaire au travail.
— L'’hypophyse exerce son action ocytocique habituelle;
— L’anesthésique freine les contractions et réalise l’analgésie.
La marche de l’accouchement ne reste par suite soumise qu'à deux facteurs :
a) Poussée utérine renforcée à un moment donné par la contraction des museles de l’effort; b) La résistance des parties molles.
Mais la pratique montre que les difficultés viennent : — Chez la primipare, d’une résistance plus forte du col et du périnée; — Chez les multipares, d’une insuffisance des pouss Contre ces deux sources de difficultés nous avons : — L’anesthésique qui diminue la résistance des parties molles; 3 — Les extraits ocytociques qui renforcent les poussées utérines, Par cette heureuse association ont obtient ainsi : — la suppression de la douleur; — Ja conservation des contractions utérines; __ ]x diminution de la résistance des parties molles. L’ocytocique a une action élective sur l'utérus. Il demande à l’anesthésique de lui laisser une contractibilité suffisante pour servir de base à son action de renforcement.
2° Indications de la méthode de DELALANDE.
Jusqu’à une période récente, l’association anesthésiqueocytocique avait été préconisée exclusivement comme une méthode d’analgésie et d’accélération de l’accouchement. MaHoN [26], de Bordeaux, étendit plus tard les indications d’une telle méthode à à certaines dystocies fonctionnelles.
Nous envisagerons donc deux types d'indications :
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a) Au cours de l'accouchement normal.
FuncKk-BRENTANO [3], tout en utilisant le chloroforme à la place du chloro-kélène, n’en écrivait pas moins : « Il est bien évident que tout doit être normal, bassin, présentation de l’enfant, et que l’examen du col aura donné la certitude qu® ce dernier se laissera rapidement dilater ».
DELALANDE publiait sa technique sous le titre : De l'accouchement normal, indolore et accéléré.
Dans le cas d'accouchement supposé normal, les principales conditions à respecter nous semblent être, après un examen clinique minutieux du bassin osseux et des parties molles :
— Fœtus à terme de dimension normale;
— Présentation normale (sommet suffisamment engagé) ;
— Bruits fœtaux normaux, bien que la méthode puisse servir à traiter certains cas de souffrance fœtale (PONTONNIER [36] ):
— Travail arrivé à un stade minimum nécessaire. Les principales contre-indications seraient : — Toute anomalie du bassin osseux et des parties molles ; — Toute présentation anormale ou restant haute; — Une rigidité anatomique du col.
Parmi les contre-indications d’ordre médical, à faut citer :
— L’hypertension; — Les néphropathies; — Les cardiopathies, bien que la fatigue soit plus nuisible que l’anesthésie.