DÉCLENCHEMENT DU TRAVAIL PAR PERFUSIONS D'EXTRAITS POST-HYPOPHYSAIRES
Avant d’entreprendre l’étude du déclenchement du travail au moyen des perfusions d’extraits post-hypophysaires, il nous paraît utile de faire un bref rappel historique de l’utilisation plus générale de la post-hypophyse dans le déclenchement du travail, des techniques classiques utilisées jusqu'ici et des résultats obtenus au moyen de ces techniques.
Nous pourrons ainsi mieux comparer les effets obtenus par les injections intramusculaires de la post-hypophyse avec ceux résultant de l’utilisation des perfusions intraveineuses.
I DÉCLENCHEMENT DU TRAVAIL AU MOYEN DES EXTRAITS POST-HYPOPHYSAIRES INJECTÉS PAR VOIE INTRAMUSCULAIRE.
À. Rappel historique.
Les succès obtenus par les injections d’extraits posthypophysaires dans la mise en route du travail, sont fonction des effets pharmacodynamiques du produit.
Il faut dire tout de suite qu’en ce qui concerne le mode d’action de l’hormone post-hypophysaire sur lutérus, beaucoup d’intonnu persiste. De même, nous échappe encore ce mystérieux mécanisme par lequel, à une date déterminée, l’utérus gravide décide d’expulser son contenu.
De nombreux facteurs viennent modifier considérablement l’action de la post-hypophyse, en particulier les hormones génitales lutéine et folliculine.
Au début de la grossesse, l’utérus est très peu sensible à l’hypophyse en raison de l’action inhibante du cerps jaune. Remarquons cependant que les ocytociques peuvent agir sur un œuf ouvert au deuxième mois, d’où leur utilisation dans des avortements incomplets pour expulser l’œuf ou ses débris.
Certains auteurs ont pensé que l’hypophyse et la folliculine conditionnaient le déclenchement du travail
(KNAUSE, BourNE (A. W.), BURNE (J. H.).
En injectant préalablement de la folliculine à des cobayes, BROUHA [4] et SIMONNET ont remarqué l’apparition de contractions régulières. En fait, c’est au moment où se déclenche spontanément le travail d’accouchement, que la sensibilité de l’utérus à la post-hypophyse atteint son maximum.
Tous les auteurs ne sont pas d’accord pour reconnaître l’efficacité du lobe postérieur d’hypophyse lors du déclenchement du travail, tout au moins si le produit est injecté isolément, sauf peut-être en cas de grossesse prolongée.
Après Les premières expériences de FABRE et RHENTER, en 1911, de PARISOT et de SPIRE, c’est vraiment STEIN
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[43] qui, le premier, eut l’idée d'essayer l’action des extraits post-hypophysaires dans la provocation de l’accouchement.
De nouvelles expérimentations eurent lieu par la suite en Allemagne et en Amérique.
Il faudrait citer encore les travaux de WopoN et BRoUHA, en 1929, et plus près de nous ceux de DELA- LANDE {8} et de LE LORIER [23].
B. Techniques utilisées.
Nous ne rappellerons brièvement que quelques méthodes médicamenteuses :
1° La méthode de FABRE, qui associe hypophyse et pilocarpine;
2° La méthode allemande : Thymophysine + prostigmine + hypophyse:
3° Association post-hypophyse + quinine + huile de ricin, ou méthode de STEIN, WILLIAM et WATSON, aux Etats-Unis, qui fut importée en Europe par HAUsCH:;
4° La méthode folliculine “+ quinine + hypophyse, basée sur la sensibilisation M aolooué de la fibre lisse par l’extrait ovarien;
5° En 1943, DELALANDE décrivait une technique personnelle. Cet auteur injectait 4 à 8 unités d’hypohyse, capables de faire survenir rapidement une contraction à peine douloureuse qui met en tension la poche des eaux et que l’on perce aussitôt. Peu de temps après, selon DELALANDE, le travail se déclencherait dans la presque unanimité des cas et progresserait rapidement:
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6° Dans une thèse de RENAUT [38], écrite en 1949, nous relevons le procédé suivant : injection de 5 unités de post-hypophyse suivie, quelques minutes après, de la rupture prématurée artificielle de la poche des eaux. Elle ne s’adresse qu'aux parturientes ayant une dilatation d’au moins 2 centimètres.