‹ Les Péricystites PhlegmonneusesChapitre 7 sur 31 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

I. Péricystites à point de départ vésical : > ; Obs. 1 (CIVIALE).

Infiltration d'urine de La loge supérieure par perforation - d’un volumineux diverticule vésical.

Homme de 38 ans, atteint depuis l’enfance de besoins très fréquents d’uriner avec difficulté à les satisfaire. On l’appelait dans son pays « pisse trois gouttes ». Arrive en rétention. Après plusieurs tentatives de sondage on finit par lui enlever deux litres et demi d’urine bourbeuse, fétide, rougeàtre. La mort ne tarde pas.

Aulopsie : Vessie : adhérente en avant aux organes voisins; derrière elle, se trouve une poche volumineuse qui aurait pu contenir deux litres de liquide ; elle communique’avec la vessie par un orifice de la grosseur du doigt situé près du col, entouré de fibres charnués très développées. Sur les côtés, à droite et à gauche, deux autres poches du volume d’un œui, qui communiquent avec la vessie par un orifice admettant un tuyau de plume ; leur paroi, d'un millimètre d'épaisseur est formée par le péritoine, quelques fibres de la. musculeuse et de la muqueuse,

En outre, la poche postérieure avait deux larges perforations qui ouvraient sur l’espace sous-péritonéal où se trouvait épanché jusqu’à l’angle sacro-vertébral un mélange de pus, d’urine et de sang.

Obs. 2 (CRITZMANN).

Péricystite phlegmoneuse d'origine lithiasique. :

Malade cachectique, émacié, entrant à l'hôpital pour incontinence d'urine, se plaint de douleurs horribles au niveau des régions lombaires et pelviennes, de brülures au niveau de l’urètre. Ces douleurs surviennent par crises plusieurs fois dans la journée et se terminent par l’expulsion de deux ou trois petits amas purulents.

Rien au palper abdominal ni au toucher rectal ; ves-

sie non douloureuse, incontinence absolue; urines pu-

rulentes abondantes.

Température élevée à type rémittent avec frissons, exacerbation vespérale. Lésions tuberculeuses du poumon. On pense à une cystite tuberculeuse avec pyélonéphrite consécutive.

Autopsie : Bacillose pulmonaire.

Reins : lésions de pyélonéphrite. :

Vessie : toute la cavité du petit bassin est transformée en une vaste nappe purulente. La vessie est pleine de pus, sa muqueuse est épaissie; magnifique calcul rural .de 40 grammes.

Obs. 3 (HuARD).

Abcès sus-rétro vésical chez un malade atteint de cystite bacillaire et ayant déterminé une péritonite aiguë par perforation du Douglas.

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Homme de 50 ans, entre à l'hôpital pour péritonite aiguë. IL.est soigné pour phénomènes de cystite attribués par son médecin à une bacillose rénale.

Laparotomie médiane sous-ombilicale; liquide bleuâtre dans le péritoine (qu’on attribuera ultérieurement au fait que le malade ingérait du bleu de méthylène), d’odeur urineuse, fausses membranes. On cherche la cause de cette péritonite aiguë et on finit par trouver au fond du petit bassin une masse semi-fluctuante que l'on croit être la vessie et qui présente une perforation d’un diamètre d’une pièce de 50 centimes ; on aveugle cette perforation ; drainage de la cavité péritonéale par un Mickulicz. Mort au deuxième jour.

Autopsie : Elle montre que la poche prise pour la vessie est en réalité un abcès sus-rétro-vésical qui ne communique pas avec l’organe. Cette vessie présente des lésions manifestement bacillaires avec une réaction de péricystite scléro-adipeuse insignifiante.

Prostate : indemne. Tuberculose ulcéro-caséeuse bilatérale des reins.

il. Péricystites à point de départ uréthral Obs. 4 (CIVIALE). :

Phlegmon périvésical chez un rétréci.

Homme de 40 ans, porteur d’un rétrécissement de l’'urètre: Traitement mal supporté par des sondes à de-

meure. Apparition de douleurs à la région hypogas-

trique avec tuméfaction progressive ne diminuant pas

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par le cathétérisme. Incision de la tuméfaction amenant l'issue d'une énorme quantité de pus; l’abcès entoure la vessie.

Guérison après plusieurs semaines de suppuration.

Obs. 5 (Guyon, in Thèse Segond).

Phlegmon périvésical d'origine urétrale, propagé à l’espace de Retzius et à l'étage inférieur du périnée.

Malade de 42 ans entrant avec un rétrécissement urè- tral serré. Nombreux essais infructueux et sanglants de cathétérisme, puis, ayant réussi à introduire une filiforme, M. Guyon fait une wrètrotomie anterne. Deux jours après cette intervention, apparition de cystite et de fièvre ; puis, dix jours après, de phénomènes généraux graves : température élevée, vomissements avec ballonnement du ventre et douleur diffuse dans le flanc gauche. Au niveau de la région hypogastrique se constitue une tuméfaction qui se prolonge sous les fausses côtes gauches. À ce niveau, zone fluctuante que l’on incise. On évacue 500 grammes de pus; la collection communique avec la fosse iliaque gauche. Etat général de plus en plus atteint.

Abcès périnéal. Mort.

Autopsie : Reins : 0.

Muqueuse vésicale et urétrale sans solution de continuité.

Prostatite suppurée. La prostate est entièrement détruite et le pus a disséqué l’urètre membraneux. De ce foyer part un volumineux abcès qui d’une part, contourne la vessie à droiteet, ayant effondré le fascia trans-

versalis, remonte en avant jusqu'aux insertions Costales du transverse, d’autre part, traverse en arrière le plancher périnéal pour apparaître au périnée.

Obs. 6 (LaBg£, in Thèse Segond).

Phlegmon périvésical et périnéal d'origine urétrale.

Homme de 34 ans, porteur d’un rétrécissement serré de l’urètre avec fistule périnéale.

Urétrotomie interne.

Accidents fébriles graves à la suite de l'opération. Quelques jours après, apparition d’une collection purulente et d’un abcès de la région inguinale droite. Incision de cet abcès qui plonge dans le petit bassin et gagne en arrière la région prostatique et le périnée.

Obs, 7 (SOLMON).

Phlegmon périvésical chez un rétréci porteur d'un abcès prostatique.

Homme de 42 ans, entre à Lariboisière le 11 juillet 1871. Nombreuses blennorragies, difficultés croissantes pour uriner. Fistule périnéale quatre mois avant l’entrée à l'hôpital ; presque toute l’urine passe par là ; dans l'intervalle des mictions la fistule donne continuellement du pus. Dilatation progréssive, sonde à demeure.

- La fistule se ferme ; rétention de pus ; réouverture au

bistouri, érisypèle. Mort.

Autopsie : au nivéau de l’urèthre, zone cicatricielle à deux centimètres de la portion membraneuse et de suite, en arrière d'elle, l'orifice interne de la fistule ; de

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chaque côté du vérumontanum, deux fistules assez larges pour y introduire une sonde de trois millimètres de diamètre et conduisant dans la loge prostatique. Lorsqu'on ouvre cette loge, on ne trouve plus trace de prostate ; quelques tractus fibreux allant d’une paroi à l’autre et cloisonnant incomplètement la loge sont tout ce qui reste de la glande.

En arrière eten haut se trouve une seconde poche beaucoup plus vaste que la précédente et formée en avant par la paroi postérieure de la vessie, en arrière et enhaut par le péritoine, en arrière et en bas par l’aponévrose prostato-péritonéale. Les deux poches communiquent largement ensemble.

Obs. 8 (PAYENNEVILLE).

Infillration d'urine d’origine urétrale et à point de départ pré-vésical chez un malade porteur de calculs prostatiques. |

Malade entré à l'hôpital pour accidents de rétention - avec fièvre et tuméfaction de la région sus-pubienne. Sondages antérieurs difficiles. Le cathétérisme permet de sentir dans la région prostatique une sensation de frottement. Température 38°5, pouls rapide, langue sèche, facies altéré.

Le diagnostic de péricystite d'origine indéterminée est porté. On met une sonde à demeure qui ne fait pas baisser la température. Le lendemain large incision médiane sus-pubienne qui ne donne pas de pus, mais un écoulement de liquide louche et montre des tissus lardacés et œdématiés tout à fait analogues à ceux que

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l’on trouve dans l'infiltration d'urine. Malgré cette .lutervention, mort au troisième jour.

Aulopsie : vaste décollement pré et latéro-vésical avec un peu de pus mélangé à un liquide sanieux.

Pas d'infection péri-prostatique, mais au niveau de l’urètre protastique on trouve une vingtaine de petits calculs prostatiques de la grosseur d’un grain de millet en train de s’énucléer et de passer dans l’urètre ; nombreuses éraillures de celui-ci causées par le sondage.

Obs. 9 (EscaT).

Phlegmon péri-vésical d'origine urétrale propagé dans l'espace de Relzius.

Un homme de 35 ans, atteint de rétrécissement blennorragique de l’urètre, se plaint de douleurs abdominales et présente un état général infectieux grave. Ves- Sie distendue, mais au-dessus d'elle on constate une voussure semi-lunaire convexe en bas, sur une hauteur de 10 centimètres environ, allant en largeur du bord d’un muscle droit à l’autre : un phlegmon sousombilical est diagnostiqué.

Urétrotomie interne. Incision du phlegmon : une grande quantité de pus est évacuée ; mais en arrière de cette collection située dans la partie supérieure de l’espace de Retzius, plan ferme, tendu, avec une perioration à peu près centrale, cireulaire, de 2 centimètres de largeur. Le doigt effondre cette cloison et pénètre dans un foyer situé entre le sacrum et la vessie. Drainage. 40 jours après le malade sort guéri.

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