‹ Les Péricystites PhlegmonneusesChapitre 8 sur 31 · LIEUTAUD · texte numérisé non relu

LIEUTAUD

Obs. 10 (VERLIAC et HENRI FRUCHAUD).

Péricystile phlegmoneuse diffuse d'origine urétrale ; péri-urétrite phlegmoneuse diffuse.

X..., n°1, salle Velpeau, 57 ans, rentre le 23 avril 1920 avec la symptomatologie d’un rétréci et d’un infecté.

Rétréci, il l’est doublement, d’abord et dans sou urétre balanique à la suite d’un chancre qui à oblitéré le méat urétral et ouvert en arrière une fistule ; ensuite dans son urètre spongieux. Ce dernier rétrécissement est consécutif à une blennorragie remontant à trois ans; on y passe seulement une fine bougie n° 9.

Infecté : il l’est comme le montrent la persistance d’un écoulement urétral, des urines très troubles. et fétides, un urètre parsemé de nodosités roulant sous le doigt, et dont l’une, suppurée, s’est ouverte à la racine de la verge, une température à 38° et un mauvais état général.

Ce malade est dilaté. Bientôt on lui met une petite sonde n° 12 à demeure, quand le 1° mai, il va présenter les symptômes caractérisant un début d'infiltration d’urines, de périurétrite.

Ce sont une brusque élévation de température à 39°, l'apparition d’une tuméfaction douloureuse à droite et en avant de l’anus et qui en 24 heures envahit tout le perinée.

Cette tuméfaction est incisée largement ; on tombe sur un foyer de pus mal lié, fétide, qui est drainé. Et pourtant, après l'intervention, aucune amélioration.

Progressivement l'état général s'aggrave, la température persiste à 39 avec oscillations, le teint est terreux,

subictérique, la langue sèche, le pouls de plus en plus petit et rapide et le malade meurt le 40 mai.

L'autopsie explique cette évolution :

IL y avait bien sans doute un foyer de périurétrite avec perforation de l’urètre bulbaire en arrière de ce long rétrécissement fibreux, mais ce foyer périnéal était largement incisé.

Il y avait surtout une large cellulite pelvienne, entourant la vessie et la prostate. Vue d'avant en arrière, elle s'étend en couches purulentes sur la face antérieure de la vessie, sans gagner la cavité de Retzius et l'hypogastre, arrêtée qu'elle est par l’aponévrose ombilico-prévésicale. Tandis que, sur la face postérieure de la vessie c’est une infiltration sphacélique et hémorragique qui décolle le péritoine et s’étend en hauteur du sommet de la vessie au bec de la prostate. En largeur, elle s’étend d’un bord à l’autre de la vessie et à gauche remonte dans la fosse iliaque le long de l’uretère. Cette infiltration paraît consécutive à la perforation de la loge prostatique suppurée, ouverte en avant dans l’urètre prostatique sphacélé, à droite du -véru-montanum, en arrière dans le tissu cellulaire rétroprostatique. Il y a de plus de la pelvi-péritonite avec épanchement semi-purulent sans adhérence.

Pas de lésions viscérales importantes.

Obs. 11 (VERLIAC et CHARRIER).

Phlegmon diffus de l’espace pelvi-rectal supérieur, d’origine urétrale.

en 72 ans, entre salle Velpeau pour rétrécissement

de l’urètre et infection urinaire. Ce malade avait déjà été soigné dans le service pour rétrécissement très serré de l’urètre, suite de blennorragie éloignée, il aurait subi une série de dilatations. |

A son entrée, il présentait tous les signes d’un rétrécissement serré, ayant provoqué une infection urineuse à son dernier stade. L'état général est très atteint : langue sèche, soif vive, pas de fièvre. On note un état nauséeux très intense que l’on mit sur le compte de l’urémie.

L'examen de l‘urètre décèle un rétrécissement bulbaire qui admettait une filiforme, une sonde n° 12 ensuite. Aucun symptôme local d'infection périnéale.

L'état du malade s’aggrava rapidement et il mourut en moins de 48 heures après son entrée.

Autopsie : Reins : Parenchyme atrophié avec grosse dilatation des canaux. Vessie : Epaissie, à colonnes, avec plaques de sphacèle autour de l’orifice urétéral droit et du col vésical. Prostate : normale.

L'urètre présente des lésions du plus haut intérêt si la partie antérieure est saine, par contre la partie bulbaire est le siège d’un rétrécissement long de plusieurs millimètres et peu serré. En amont du rétrécissement se trouve une zone d’urétrite sphacélique et pseudo-membraneuse occupant tout l’urètre membraneux et prostatique. Le maximum des lésions est au-dessus du bec prostatique. Au-dessous et à droite du véru, à 5 millimètres environ de l’orifice de l’utricule, on remarque un pertuis qui admet une sonde urétrale n° 12 et qui oblique en haut, à droite et en arrière conduit,

Sans traverser la prostate, dans un vaste abcès sphacélique rétro-prostatique limité en bas par l’aponévrose moyenne, en arrière par le rectum, en avant par la prostate. De l’abcès part une zone d'infiltration purulente qui occupe l’espace pelvi-rectal supérieur et entoure le rectum avec maximum dans le flanc droit. Cette infiltration s'étend jusque sous le péritoine péri-rectal et gagne en hauteur la terminaison du méso-sigmoïde. On remarque derrière le rectum de nombreux ganglions inflammatoires. ;

Obs. 12 (LEPOUTRE). e

Phlegmon gangréneux rétro-prostatique et rélro-vésical ; péri-urétrite phlègmoneuse diffuse ; rétrécissement de l’urètre balanique.

Un homme de 60 ans, moribond, se plaint de douleurs intenses dans la partie inférieure de l'abdomen ; n’urine pas. Ventre tendu et douloureux, testicule droit gros ; périnée et verge de coloration violacée, distendus par un épanchement : fièvre.

Autopsie : Péritonite aiguë sans cause abdominale ; mais, dans le Douglas, entre la vessie et le rectum, ”"orifice donnant accès dans une cavité anfractueuse se prolongeant profondément vers le périnée.

Vessie renfermant du liquide purulent, lésions de cystile intense ; parois épaisses, trois cellules vésicales remplies de pus.

Urètre rempli de liquide purulent avec muqueuse rouge, Sans induration ni effraction, mais, au niveau du méat, cancroïde ayant amené un rétrécissement serré.

Abcès de la prostate.

Autour de l’urètre, phlegmon urineux gangreneux de l'étage inférieur du périnée.

Il s’agit d’un phlegmon gangreneux rétro-prostatique et rétro-vésical ayant envahi et détruit les vésicules séminales et les ampoules du déférent, limité en arrière par l’aponévrose de Denonvilliers, en haut par le péritoine qui a été perforé, en bas séparé absolument de l’étage inférieur par l’aponévrose moyenne du périnée.

Intégrité apparente des voies urinaires supérieures.

Obs. 13. (CHUTE).

Péricystite phlegmoneuse diffuse d'origine urélrale.

Un homme de 49 ans, porteur de rétrécissement blennorragique, fait un abcès péri-urétral que l’on incise ; on met avec peine à ce moment une sonde vésicale. Quatre ou cinq jours après, élévation de température. Chute des urines, apparition de violentes douleurs sus-pubiennes et rétention complète.

Formation d’une tuméfaction hypogastrique que l'on prend pour la vessie distendue,; mais la tuméfaction ne diminue pas après le sondage qui ramène des urines claires. Elle s'étend dans la fosse iliaque droite sous une peau œdématiée, infiltrée par les gaz.

Incision sus-pubienne et de la fosseiliaque droiteamenant un abondant écoulement de pus. Cystostomie. Deux drains sont placés, l’un dans la cavité iliaque, l’autre dans la cavité hypogastrique qui communiquent ensemble. Amélioration, mais la suppuration se prolonge et les drains étant laissés cn place durant un mois, le

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