PEN RUN
malade meurt d’une hémorragie attribuée à l’ulcération de l'artère iliaque externe. Pas d’autopsie.
Obs. 14. (CHUTE).
Péricystite phlegmoneuse diffuse d'origine urétrale.
Un malade de 51 ans, porteur d’un rétrécissement serré, arrive en rétention aiguë. Passage difficile d’une filiforme ; étant données les difficultés du cathétérisme, urélrolomie interne à la suite de laquelle on passe une sonde dans la vessie. Le malade est abandonné à luimême ; au bout de huit jours, il perd sa sonde ; des essans anfructueux de sondage sont pratiqués par d’autres médecins. Le malade revient au vingtième jour avec de la fièvre survenue à la suite de ces cathétérismes. Température 102° Fahrenheit.
Sondage facile, ramenant des urines troubles, maisne faisant pas disparaître une tuméfaction sus-pubienne prise tout d’abord pour de la distension vésicale ; sensation de crépitation au niveau de cette tuméfaction. Au périnée, collection s'étendant d’un ischion à l’autre. Fncision hypogastrique : évacuation de deux poches purulentes situées de part et d'autre dans la vessie.
Incision périnéale à droite de la ligne médiane ; drainage sus-pubien et périnéal ; sonde à demeure.
Amélioration lente, guérison en quatre mois.
Obs. 45. (CHUTE)...1 4140 de;
- Péricystite phlegmoneuse d'origine ne rôle évident d'une fausse roule. StE EE
Un homme de 60 ans, porteur d'un rétrécissement,
arrive en rétention complète avec distension. Rien à la prostate. On passe une filiforme ; puis quatre jours après urétrotomie externe et mise en place d’une sonde vésicale. Mais on s'aperçoit le lendemain que la sonde n’a rien donné et que les urines coulent dans la plaie périnéale ; celle-ci étant drainée, on injecte dans le drain du liquide pour la laver, mais le liquide ne ressort pas et cette manœuvre s'accompagne de violentes douleurs dans le bas ventre. Apparition de fièvre élevée avec pouls rapide et d’une tuméfaction sus-pubienne.
Incision hypogastrique : toute l’atmosphère cellulleuse péri-vésicale est infiltrée de liquide sanglant. Cystoslomie; mais on nc irouve pas dans la vessie la sonde : qu'on croyait y avoir mise et qui en réalité a été poussée dans le tissu péri-vésical. On songe alors à faire un toucher rectal qui montre une collection rétro-vésicale. Incision périnéale : drains multiples passant par le périnée et l’hypogastre.
Guérison en deux mois.
Obs. 16. (CHUTE).
Péricystite phlegmoneuse d'origine urétrale chez un rétréci porteur d'une fausse route.
A la suite de celle-ci, fièvre 101°FKarh. Pouls : 100, vo-- missements. Tuméfaction abdominale simulant une vessie distendue etcollection HenAAe avec PAGES gangréneuses cutanées. :
Incision périnéale et sus- A un un phlegmon ga ngréneux gazeux absolument caractéristique. La
HPSR Re
vessie est complètement disséquée. Cystostomie. Drainage périnéal et hypogastrique.
Guérison en trois mois et persistance d’une fistule périnéale. à
Obs. 17. (LEGUEU).
Phlegmon périvésical d’origine urétrale, propagé à l’espace de Retzius.
Un homme de 34 ans, soufire depuis quelques semaines du bas ventre. Il a constaté la présence d’une induration en plaque dont la palpation le fait soufirir.
Ancienne blennorragie. Rétrécissement très serré de l’urètre. Mais la vessie ne se vide pas ou plutôt il persiste à l'hypogastre une tuméfaction qui imite le globe de la vessie distendue. |
Peau normale : mais on sentait au-dessous de la paroi comme un gâteau formé d'infiltration et d’inflammation qui en bas se perdait au-dessous et en arrière du pubis, à droite et à gauche dépassant de deux ou trois travers de doigts le rebord externe des muscles droits et en haut se terminant par une ligne convexe en haut à deux centimètres au-dessous de l’ombilic.
Température : 36° 6. Langue sèche.
Urétrotomie interne. Le malade ne va pas mieux.
Une incision hypogastrique conduit à travers des tis-
sus indurés et infiltrés où il n’est plus possible de reconnaître les couches musculaires ou aponévrotiques de SA loge périvésicale. Dès qu’on a ouvert le feuillet postérieur de là gaine des droits ou le tissu qui le remplace, quelques gouttes de pus s’échappent. Le doigt in-
LOG eu
troduit dans l’ouvertureagrandie trouve une toute petite cavité en arrière du muscle droit et à droite ; mais, sur la paroi postéro-inférieure de cette petite cavité, une perforation qui admet l’index conduit dans une énorme cavité d’où s échappent deux à trois cents grammes de pus. Il y avait donc un abcès en bouton de chemise qui était en voie de-progression vers la peau. La cavité était développée au-dessus et en arrière de la vessie.
Obs. 18 (LEGUEU).
Phlegmon diffus péri-vésical chez un rétréci porteur d'un abcès prostatique.
Homme de 58 ans, amené d'urgence à la clinique de Necker le 31 octobre 1912-au soir vers 3 heures pour rétention d'urine qui date du matin.
Une sonde bougie n° 15 passe et évacue 300 grammes d'urine trouble. Il présente une petite induration au périnée, correspondant à la racine des bourses. Etat général peu atteint. A six heures, c’est-à-dire en trois heures de temps, son état est le suivant : la verge est énorme, très œdématiée ainsi que le prépuce. La tuméfaction s’est étendue au pubis et dans les aines, elle est rougeàtre, dure, peu douloureuse. Les bourses sont œdématiées et, du volume d’une tête de fœtus à terme. Quant à la tuméfaction périnéale, elle n’a pas varié de volume. Elle reste de la grosseur d’une noix, très dure ; elle paraît entourer l’urètre comme d’un anneau. De chaque côté de l’anus, même œdème rougeâtre qu'aux bourses. L'état général est maintenant très altéré : pouls à 130 ; température : 39°2. |
SU
À sept heures du soir, incision périnéale qui ramène du liquide puriforme. Contre-incision dans les régions inguinales, où on ne trouve que de la sérosité. Drainage bilatéral. Lavage à l’eau oxygénée, sérum glucosé.
Les jours suivants, la température baisse à 3703, à 31% le soir, la plaie se déterge très bien, le malade urine par son périnée. Mais l'état général ne s’améliore pas ; il s'aggrave au contraire progressivement à mesure que l’état local s'améliore. |
Le malade meurt le 11 novembre.
… Aulopsie : A côté d'un léger degré de périnéphrite et d’épaississement des uretères, on constate les particularités suivantes ;
1° Un rétrécissement urétral assez serré avec urètre décollé par la collection périnéale. ,
2° Une prostatite suppurée, toute la prostate est détruite, mais l’urèlre est intact ; c’est un abcès de formation antérieure à l’infiltration périnéale.
3° Un phlegmon diffus péri-vésical, toute la vessie est envahie par une zone d'infiltration séreuse ou séro-purulente qui envahit le tissu ceHulaire sous-péritonéal.
Sur une coupe antéro-postérieure, on découvre audessus des vésicules séminales intactes, une grosse masse qui à la coupe était au début nettement œdémateuse et remonte jusqu’au haut de la vessie où elle fait uné boule énorme relevant sensiblement le cul-de-sac péritonéal dans les régions ombilicales. A droite et à gäuche de la vessie une coupe faite dans le tissu cellulaire péri-vésical très épaissi nous montre la même infiltration œdémateuse : le liquide d'infiltration est plu-
La
tôt puriforme dans ces zones qui voisinent la prostate que vers le sommet où il n’y a que de la sérosité. Mais nulle part je ne trouve une collection nette, précise, enkystée. Ce n'est pas une prostatite suppurée qui s’est propagée ici ou là, e’est un processus plus diffus, plus généralisé, et dont on voit nettement la marche de bas en haut du foyer prostatique d’où elle vient juste vers le sommet ; le tissu cellulaire péri-vésical n’a été respecté qu’en avant ; le fascia ombilico-pré-vésical est appliqué à la face antérieure de la vessie, sans qu’on voie à ce niveau l’œdème qui existe partout ailleurs sur les côtés et en arrière de la vessie.
Partout ailleurs l’infiltration est généralisée et quand on sait ce qu'est la péri-urétrite gangréneuse du périnée avec son liquide d'infiltration dans ce premier stade, avec son liquide puriforme dans les zones péri-urétrales d’où l’inflammation est partie, on retrouve tous les stades d'évolution.
C'est une péri-cystite totale, séreuse ou séro-purulente à la fois, la sérosité est infiltrée dans les mailles du tissu cellulaire. C’est le phlegmon diffus péri-vésical, c'est l’infiltration d'urine de la loge supérieure.
Obs. 19 (LEGUEU).
Péri-cystite phlegmoneuse diffuse avec inf eclion ten laire el streptococcique, avec rétrécissement de l’urètre. Mort.
Le 7 décembre 1927, au matin, entrait à la clinique de Necker un malade, L. A..., 32 ans, dans des conditions particulièrement graves, avec un facies plombé, une Peur sèche: il restait un peu étranger aux questions
qu’on lui posait et paraissait frappé d’une grande infection ; température à 40° ; pouls filant et rapide à 130.
C'était un habitué de la consultation externe ; en 1925, puis en 1926, il avait été traité à la Terrasse pour des rétrécissements Serrés et étendus de l’urètre. Le 3 décembre, il venait à nouveau à la consultation pour une rétention d'urine avec écoulement urétral et douleurs périnéales- violentes. Nous l’avions déjà trouvé assez fatigué et nous lui avions demandé d’entrer ; il s’y refusait pour l'instant, mais trois jours après, il étaitadmis d'urgence dans l’état que nous venons de dire.
A l'examen, j'étais frappé par un certain ballonnement du ventre avec légère contracture musculaire sous-ombilicale ; la pression de la région hypogasirique est douioureuse à droite et à gauche, il n’y à cependant pas de distension vésicale, à peine un peu d'ædème de la paroi.
Au scrotum, il ne présente rien, mais en arrière du transverse il a, à gauche et à droite de l’anus, une infiltration nette qui présente à ce niveau une teinte bronzée assez accentuée. La pression est douloureuse et laisse sentir à la fois de l’œdème et une crépitation gazeuse dans la profondeur. Le toucher rectal ne montre rien de particulief : du côté de la prostate, il y a simplement quelque sensibilité assez vive qui force le malade à se défendre un peu.
Je porte le diagnostic de péri-cystite phlegmoneuse diffuse d’origine urétro-prostatique avec infiltration autour du rectum et je demande à mon chef de clinique, M. Flandrin, d'opérer immédiatement ce malade sous mes yeux. -