STADES JEUNES
FORME. STRUCTURE. — L’individu le plus petit que j’aie pu rencontrer est figuré en 1°. Il était piriforme et complètement incolore, comme les jeunes O. Poucheti. Il mesurait 15 de long sur 10 de plus grand diamètre.
Le cytoplasme était homogène et réfringent et ne renfermait que de rares grains brillants et quelques concrétions. Dans la partie distale renflée du corps se voyait un gros noyau sphérique de 7 de diamètre, clair, dont la masse, non entourée d’une membrane individualisée, était entièrement constituée de fins éléments sphérulaires également calibrés, et plus ou moins nettement alignés en files. C’est là l’aspect caractéristique du noyau au repos des Péridiniens et que nous retrouverons chez tous nos parasites.
Le corps était complètement enveloppé dans une fine pellicule lisse et translucide qui en était légèrement décollée au pôle proximal.
RHIZOIDES DE FIXATION ET DISQUE ADHÉSIF. — L'appareil de fixation consistait en un tronc très court pénétrant le tégument de lAppendiculaire et s’épanouissant brusquement sous celui-ci, en une infinité de très fins filaments divergents, peu ramifiés. La plupart de ces rhizoïdes atteignaient la poche intestinale sur laquelle ils s’étalaient sans paraître y pénétrer. On avait d’ailleurs l’impression que, prenant appui sur elle, ils avaient entraîné le parasite en déprimant fortement le tégument
qui se trouvait presque être à son contact.
40 EDOUARD CHATTON
Au bout d’une heure environ les rhizoïdes s’étaient notablement rétractés. Ils se comportent donc comme des pseudopodes. Nous verrons cependant en étudiant les individus adultes qu’ils ne leur sont pas tout à fait assimilables, et qu’ils présentent un degré de complexité un peu plus élevé.
Toujours est-il qu’à ce stade le parasite rappelle à s’y méprendre, avec sa coque, son gros noyau et ses rhizoïdes filamenteux quelque gromidé qui aurait poussé ses pseudopodes dans le corps de la Fritillaire. Et l’on conçoit fort bien que les naturalistes (BARGONT, BROOKS et KELLNER) qui ont vu ces formes sans en connaître les germes, se soient arrêtés à cette interprétation.
Mais chez O. fritillariae ce stade à rhizoïdes étalés n’est qu’éphémère, à l’encontre de ce qui se passe chez l’Oodinium des Salpes où, d’après BARGONT (1894), et aussi d’après CAULLERY (document: communiqués), il persiste pendant toute la croissance. Le très jeune individu que j'ai décrit était le seul en effet qui présentât cette structure de l’appareil de fixation.
Le parasite que représente la fig. 11, et qui mesurait 95, était attaché à l’Appendiculaire, non plus par un système pénétrant, mais par un large disque hyalin, étalé sur le tégument. Il en était de même chez tous les autres individus observés (fig. v).
Il semble à première vue qu’il n’y ait rien de commun entre l’arborisation de rhizoïdes du tout jeune parasite et le large pavillon des autres Oodinium. Et l’on peut être tenté de se demander si le premier était bien de même espèce que les seconds. Je crois que sa situation au niveau de la poche intestinale, exactement là où les autres se rencontrent le plus souvent, est déjà une forte présomption en faveur de leur identité. D’ailleurs, nous verrons plus loin, en étudiant sur coupes la structure de l’apreil de fixation chez les gros individus, qu’il ne diffère par rien de fonda. mental de celui des petits, et qu’il est facile de concevoir le mécanisme de la transformation de celui-ci en celui-là.
Etudions maintenant les individus les plus développés sans nous arrêter à décrire le stade intermédiaire que représente la fig. 12.