I. B. crassum cHEz Paracalanus parvus
CONDITION SOLITATRE. — Blastodinium crassum est une forme toujours solitaire chez Paracalanus parvus. Je n’ai relevé qu’une exception à cette règle. Encore ne s’agissait-il que d’un individu enscissiparité (v.p.129).
Les figures xXxIV montrent la forme d’un parasite et sa situation dans un Paracalanus en vue latérale et en vue frontale.
FORME. DIMENSIONS. — Au stade unicellulaire, où le parasite mesure environ 250 : de long sur 80 de large, la forme et l’orien-
FIG. XXIV. Paracalanus} parvus parasité par Blastodinium crassum, type. Vues de face et de profil. (X 150).
tation sont, comme d’ail-
leurs à tous les stades de la sporogénèse, fondamentalement les mêmes que chez B. spinulosum : navette arrondie en avant, aiguë en arrière, mais d’un galbe beaucoup plus trapu. Alors que chez B. spinulosum P. le rapport du plus grand diamètre à la longueur du corps est 1 e Ta
, 1. : LR au maximum — et chez B. spin. C!. 22 il va chez B. crassum de nl
Co
IEC à DATA Les dimensions sont en moyenne plus élevées que chez B. spinulosum
étant le plus fréquent.
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P, (v. p. 105). Elles sont comprises entre 150 ;; sur 50 y et 320 y sur 125 p, les formes de 260 à 300 z de long et de 75 à 100 y. de large étant les plus fréquentes chez les Copépodes à 4 pléonites.
L’extrémité postérieure, toujours aiguë chez B. spinulosum, même à un état avancé de la sporogénèse, ne l’est chez B. crassum que chez les individus jeunes à peu de sporocytes. Sous la poussée de ceux-ci qui enflent la coque, cette extrémité se transforme en un cap arrondi.
Les courbes du contour sont beaucoup plus complexes que chez B. spinulosum et la symétrie bilatérale, nettement exprimée de cette espèce, n’est reconnaissable chez B. crassum, que sur un petit nombre d'individus. Elle est troublée par une légère tendance du corps à se tordre suivant une hélice, hélice qui, nous le montrerons, coïncide avec celle que dessine sur la coque une série de rétinacles exactement comparable à celle qui orne la coque de B. spinulosum. Chez B. spinulosum, l'axe moyen du corps dessinait un are de cercle ou de parabole et la symétrie bilatérale était si bien conservée qu’un individu en vue frontale ne se montrait nullement incurvé. Chez B. crassum, l'axe moyen du corps a la forme d’une S très ouverte, qui représente la projection d’une hélice à pas très longs. Quelle que soit la face du corps que l’on regarde, celui-ci est toujours incurvé et nettement dyssymétrique.
ORIENTATION PROPRE. — Dans cette dyssymétrie, i y à cependant divers degrés, et chez les individus où elle est le moins convexe on reconnaît facilement comme chez B. spinulosum une face convexe ou dorsale et une face concave ou ventrale. Vu par l’une de ces faces, le corps se montre beaucoup moins incurvé que vu latéralement, et la dyssymétrie ne se manifeste guère que par la déviation du côté droit, du tiers postérieur et de la pointe et par la déviation plus légère du côté gauche de la calotte antérieure, ces deux déviations étant absolument constantes.
CRÊTE HÉLICOÏDALE. — Maïs nous ne pourrions en tout état de cause affirmer que l’orientation d’un de ces individus, de B, crassum, ainsi définie par les courbures du corps, coïncide avec celle de B. spinulosum si nous n’avions recours au repère que nous fournit la course de la ligne hélicoïdale des rétinacles sur la coque. Cette course est rigoureusement semblable à celle que nous avons reconnue chez B. spinulosum : hélice antérieure commençant à droite, descendant de droite à gauche en sens inverse de celui des heures, et se terminant à gauche après un tour et demi du corps. Hélice postérieure commençant au-dessous du point ter-
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minal de l’hélice antérieure, sur le même méridien, et se terminant à gauche après un tour du corps.
ORIENTATION PAR RAPPORT A L’HOTE. — L'orientation du parasite par rapport à l’hôte est dans le sens antéro-postérieur aussi constante que chez B. spinulosum. Dans le sens latéral, elle est quelconque. J’ai pu seulement constater que le plan sagittal du parasite est le plus souvent normal au plan sagittal de l’hôte. Dans cette situation, les individus en sporogénèse ont leur trophocyte du côté droit de l’hôte. Cette orientation existe chez les deux tiers environ des Copépodes, tandis que chez l’autre tiers, c’est l’orientation inverse qui s’observe.
Le trophocyte est alors à la gauche du Copépode. D'ailleurs, en raison même du galbe légèrement hélicoïdal du parasite, celui-ci à une tendance à tourner autour de son axe longitudinal, lorsque du fait du péristaltisme intestinal il est projeté d’arrière en avant ou d'avant en arrière dans la cavité digestive.
STRUCTURE. PIGMENTATION. — De ce que nous avons dit à ces divers points de vue, de B. spinulosum, il n’est rien qui ne s’applique- aussi à B. crassum. Chez cette dernière forme, la pigmentation du corps paraît généralement plus accentuée que chez la première ; elle est à la fois d’un jaune moins verdâtre et d’une intensité plus grande. Cela est dû en grande partie à Pépaisseur plus considérable du corps,
: 1 1 EE son mals aussi, comme l’on peut s’en rendre FIG. XXV. Blastodinium crassum d'un Paracompte en observant des sporocytes isolés calanus parvus © à trois pléonites. Stade I 2 vu en surface et montrant le réseau chroà un ton plus chaud du pigment lui-même moplastiqne et les spinules, (x 425). et à une densité plus grande du réseau chromoplastique qui le supporte. L'indice de pigmentation est 75. A noter aussi que, probablement en rapport avec cette masse plus considérable de pigment, d’où il résuite pour la cellule une capacité plus grande à éla-
borer des matières ternaires, le eytoplasme renferme toujours un plus
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grand nombre d’inclusions cellulaires, pyrénoïdes ou globes adipeux, qui sont surtout abondants là où le corps est le plus chargé de pigment, c’est-à-dire dans le cytoplasme équatorial principalement, et dans le cytoplasme polaire.
Mais il se rencontre aussi comme chez B. spinulosum des individus aux divers degrés de la dépigmentation et aussi des individus complètement incolores. La dépigmentation est toujours uniforme dans toute l'étendue du corps. Elle est accompagnée d’une réduction très notable des inclusions, qui peuvent même faire défaut. Le réseau chromoplastique peut lui-même disparaître. Le cytoplasme est alors absolument hyalin, laissant voir le fin granulé de la substance nucléaire.
SPOROGÉNÈSE. — Les phénomènes de la sporogénèse itérative sont exactement comparables à ceux que j’ai décrits avec détails au chapitre précédent. Cela me permettra d’être bref à leur sujet. La première division s'effectue aussi suivant un plan fortement incliné sur l’équateur, d'avant en arrière et de la face ventrale vers la face dorsale. Les deux cellules produites sont subégales. La cellule antérieure ou nouveau trophocyte occupe la région dorsale gauche du corps et la cellule postérieure la région ventrale droite. Cette dernière déborde le trophocyte du côté droit, et comme les sporocytes font de même, le trophocyte se trouve constamment rejeté contre la paroi dorsale gauche de la coque où se trouve par conséquent le hile. C’est là encore une homologie de plus avec B. spinulosum. C’est cette situation constante du trophocyte dans la coque qui permet d'orienter très facilement le parasite par rapport au CObÉPORE et sans l’extraire de celui-ci.
La deuxième division scinde le gonocyte en deux cellules suivant un plan parallèle au précédent. Aussi longtemps qu’on peut les suivre, les divisions successives s’effectuent comme chez B. spinulosum, toujours dans le même sens transversal, de sorte qu’ici encore les parasites en sporogénèse formeraient une chaîne linéaire si les sporocytes restaient adhérents bout à bout.
Chez B. spinulosum, le nombre maximum atteint par les sporocytes était généralement 64, rarement 128 ; chez B. crassum, il est constamment plus élevé ; il atteint généralement 128, rarement 256. Quoique B. crassum soit solitaire, son pouvoir d’expansion à l'extérieur n’est donc pas de beaucoup inférieur à celui de B. spinulosum, forme grégaire.
Les sporocytes sont rangés en une couche unique dans tout l’espace situé entre la coque et le trophocyte, Ils sont à l’état normal fortement
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comprimés les uns par les autres et montrent, vus de face, une section polyédrique. Leur axe est souvent plus long que leur diamètre, de sorte qu'ils apparaissent comme une couche de prismes perpendiculaires au trophocyte, aspect qui est très caractéristique de l’espèce à ce stade. Dans la région postérieure de la coque, ils forment une masse dense où il ne semble point qu’ils soient rangés dans un ordre déterminé.
La déhiscence à lieu presque toujours avant que le trophocyte commence à se scinder pour une nouvelle poussée sporogénétique, de sorte que les stades I-1-128 ou [-1-256 sont très rares. Je n’en ai jamais observé de plus avancés.
On voit que la période est ici plus longue que chez B. spinulosum puisqu'elle s’étend normalement sur sept, exceptionnellement sur huit segmentations successives de la cellule mère et des sporocytes, alors qu’elle est limitée chez la première espèce exceptionnellement à sept de ces segmentations.
RYTHME SPOROGÉNÉTIQUE NYCTHÉMÉRAL. — J'avais été frappé de n'avoir rencontré sur le grand nombre de B. crassum, parasites de Copépodes adultes, que j’ai examinés, que très rarement des individus dont les sporocytes étaient en voie de libération, et cela, soit dans des pêches très matinales, effectuées en été peu après 5 heures, soit dans deux pêches effectuées les 21 et 23 juillet 1909 vers 10 heures du soir. C'était aussi dans des pêches matinales que j'avais pu observer, mais rarement, les tout premiers stades de la sporogénèse. Il était naturel de penser que la libération des sporocytes et les premières segmentations de la poussée suivante s’effectuaient normalement la nuit.
J’entrepris, dans le but de vérifier cette hypothèse, une série de pêches. Mais d’abord, le 21 juillet 1909, les B. crassum s’étant montrés assez abondants, je fis, dans la journée, trois pêches dont voici les résultats :
21 JUILLET. — Mer calme ; température de l’eau à 9 heures = 20°, à 15 heures = 2207,
7 h. 30 13 h. 20 17 heures 7 individus 5 individus 5 individus
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