‹ Les Péridiniens parasites: Morphologie, reproduction, éthologieChapitre 65 sur 119 · I. HOMOLOGIES ANATOMIQUES ET PHYSIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

I. HOMOLOGIES ANATOMIQUES ET PHYSIOLOGIQUES

J'ai, chemin faisant, relevé les caractères et les analogies qui lient étroitement les Haplozoon aux Péridiniens, et particulièrement aux Apodinium et aux Blastodinium, et qui justifient l’opinion que j'avais émise en 1906, que ces organismes ne pouvaient être séparés dans la systématique. Dans l’historique du début de ce chapitre, on a vu que Do&rer, (1909), s'était peu à peu rallié en fait à cette manière de voir. Il avait d’ailleurs étudié les Gymnodiniacées et il n'aurait pu manquer de reconnaître entre les Haplozoon et les Péridiniens de frappantes analogies d'organisation sur lesquelles il à insisté à plusieurs reprises dans ses mémoires de 1908 et de 1910. 2

IDENTITÉ CYTOLOGIQUE. — DoGïEL a mis en lumière l’existence d’une uniformité structurale de l’appareil nucléaire des Haplozoon, des Gymnodiniacées et des Noctiluques, uniformité qui s'étend aussi aux À podinium, aux Syndinium, aux Schizodinium et aux Blastodinium. L'étude cytologique de ces derniers à confirmé particulièrement les analogies qui existent sous ce rapport entre les Péridiniens et les Cystoflagellés.

ORGANES FIXATEURS. — DoGrEL cherche à établir que les organes de fixation, stylets et pseudopodes auxquels les Haplozoon doivent leur habitus si particuliers ne sont point sans analogies chez les Péridiniens normaux et chez les Péridiniens parasites. Il rappelle que chez les Podolampas Scnürr (1895) a vu un réseau de fins pseudopodes anastomosés sortir de la coque par l’orifice flagellaire eb que ZACHARIAS (1899) a fait la même observation sur Gymnodinium palustre. C’est de semblables pseudopodes que dériveraient les filaments fixateurs des Haplozoon auxquels l’auteur assimile le pédoncule des Oodinium (Gymnodinium pulvisculus) et celui d’Apodinium mycetoides. La discussion de ces vues trouvera sa place dans le chapitre relatif aux adaptations au parasitisme chez les Dinoflagellés.

En ce qui concerne les stylets des Haplozoon, l’auteur considère comme primitive la condition offerte par les espèces où ils sont nombreux : et comme secondaire, celle réalisée par les espèces où ils sont uniques. Il les considère ainsi implicitement comme des inclusions cellulaires secondairement mises au service de la fonction fixatrice, qui est ellemême une acquisition secondaire. Et comme telles, il cherche à les com-

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parer à certaines inclusions cytoplasmiques signalées chez les Péridiniens tout en avouant qu'il ne leur trouve pas chez eux d’équivalents rigoureux. Il ne s’arrête guère à les homologuer aux nématocystes du Gymnodinium armatum et des Polykrikos, et préfère les assimiler aux aiguillons en faisceaux que SCHÜTT (1895) a décrit chez les Podolampas.

J’ai eu aussi l’occasion d'observer à Banyuls un gros Gymnodinium qui m'était pas rare en mai 1907 et dont le cytoplasme superficiel contenait de nombreux stylets qui, par leur disposition générale, rappelaient les trichocystes des Ciliés quoiqu’ils fussent de taille bien supérieure. Très aigus à une extrémité, ils sont franchement tronqués à l’autre. Ils sont orientés obliquement par rapport à la surface, leur pointe étant toujours dirigée vers celle-ci. Ce sont là autant de caractères qui les rapprochent des stylets des Haplozoon. Mais j'ai montré d'autre part (1914 db) que, sous le rapport de leur mode de formation, ils ne sont pas sans rapports avec les nématocystes des Gymnodiniens armés.

On verra que les dinospores des Syndinium renferment aussi dans leur cytoplasme superficiel des inclusions aciculées très ténues, analogues aux trichocystes des ciliés. Il y aura intérêt à discuter les rapports de ces formations : stylets, trichocystes, nématocystes au chapitre des inclusions cellulaires, dans la deuxième partie de ce mémoire, d’autant que nous ne subordonnerons pas à cette discussion celle, qui nous occupe en ce moment, de la parenté des Haplozoon avec les Péridiniens. Il nous suffit ici de montrer avec DoGrEL que l’existence de stylets, comme celle de pseudopodes chez les Haplozoon, ne peut en aucune façon plaider contre cette parenté, puisque des formations peut-être point homologues mais tout à fait analogues se rencontrent chez des Péridiniens avérés.

MYOFIBRILLES. — Ce que nous venons de dire des pseudopodes de fixation et des stylets, nous le redirons des fibrilles musculaires qui existent dans le trophocyte de tous les Æaplozoon, bien que Docrez prétende voir dans leur existence « la seule différence essentielle entre ces organismes et les Péridiniens ». De semblables différenciations structurales existent certainement chez les Dinoflagellés. J’ai pu les observer avec certitude chez Gymnodinium obtusum. Les stries longitudinales qui ornent le corps de ce gros Péridinien ne sont pas des lignes d’épaississement de la cuticule, mais des fibres immédiatement sous-jacentes à celle-ci d’un cytoplasme condensé doué de propriétés contractiles.

Leur contractilité se manifeste par des mouvements brusques et énergiques du corps tout entier ou d’une partie seulement de son étendue,

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qui ont pour effet de modifier d’une façon passagère son galbe et son volume. À ces contractions succède une détente progressive qui ramène le corps à sa forme primitive. Ces mouvements n’ont rien de commun avec ceux que SCHÜTT (1895) à signalés chez Gymnodinium cucumis et d’autres Péridiniens et qui seraient dus à l’expulsion brusque d’une certaine partie du suc aqueux que contient en abondance le cytoplasme de tous les Péridiniens. Ils rappellent, au contraire, ceux que DocrEL à vus se produire dans la cellule céphalique des Haplozoon.

COQUES GÉLIFIÉES. — DoGiEL attribue avec juste raison une assez grande importance à la faculté que possèdent en commun Haplozoon et les Péridiniens de secréter autour d’eux, particulièrement dans des conditions d'existence nocives, des coques gélifiées successives, souvent emboîtées les unes dans les autres. S'il est vrai de dire que cette propriété n’est pas l'apanage exclusif des Péridiniens (beaucoup de rhizopodes la possèdent ainsi que les Ciliés et les Acinétiens), elle en est du moins un trait caractéristique qui s'ajoute aux autres que nous venons d’énumérer.

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