II. VALEUR RELATIVE DES CARACTÈRES PÉRIDINIENS DES HAPLOZOON
STRUCTURE ET DIVISION NUCLÉAIRES. — Ni nous avions à ordonner selon l’importance que nous leur attribuons les caractères dinoflagellés des Haplozoon, nous donnerions la première place à ceux tirés de la structure du noyau et de son mode de division. Ils nous sont suffisamment connus maintenant pour que nous n’ayons pas à y revenir ici. Ce sont là des caractères ancestraux, au premier chef, qu'aucune influence extérieure n’a pu modifier, comme en témoigne leur uniformité d’un bout à l’autre du groupe, quelles que soient les conditions d'existence des formes qui le constituent. L’exemple des Syndinium montrera qu'ils survivent intégralement à la disparition, durant la période végétative, de tous les autres caractères qui distinguent un Dinoflagellé vrai. Et leur valeur est d'autant plus grande qu’ils ne se rencontrent en dehors des Dinoflagellés que chez les Cystoflagellés, qui leur sont si étroitement apparentés ”. Nous considérons que les caractères du noyau et de la mitose des Haplozoon suffiraient à leur marquer une place parmi les Péridiniens.
LA DIVISION TRANSVERSALE DU TROPHOCYTE. — Nous donnerons
1. Onretrouve des caractères eytologiques nucléaires tout à fait semblables à ceux des Dinoflagellés, chez les Radiolaires, à certaines phases de leur évolution. Mais nous soulèverons à ce,sujet la question de savoir s'il n'existe point chez ces Rhizopodes des Péridiniens parasites intracellulaires comme ceux qui infestent les œufs ct les protistes (p. 327).
AROH. DE Z00L: XP. ET GÉN. — T, 59, — J, 1, 18
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le second rang au caractère de la division transversale du trophocyte. On sait que ce mode de scission est donné généralement comme distinguant les Péridiniens d’entre tous les Flagellés. Mais on ne peut en toute rigueur affirmer que la scission de la cellule céphalique des Haplozoon s’effectue dans le sens transversal, si l’on n’a préalablement défini l’orientation de cette cellule par rapport à celle de la forme flagellée, et montré qu’elles coïncident. Or nous ne possédons sur ce point aucune indication. Nous ne nous arrêterons cependant pas à cette objection, car nous avons défini cette orientation de la cellule initiale chez les Apodinium et les Blastodinium et montré qu’elle était la même que celle de la dinospore. La comparaison qui s'impose à tous égards entre les Haplozoon, les Apodinium et les Blastodinium entraîne pour nous la conviction que la cellule initiale des premiers est tout à fait homologue de la cellule initiale des seconds, que son orientation et le sens de sa scission sont tout à fait les mêmes que chez les deux autres parasites.
Remarquons au surplus que pour trouver dans la série des Protistes libres et parasites, une scission perpendiculaire au grand axe de la cellule, qui est en même temps l’axe de fixation, il faudrait l'aller chercher dans des groupes auxquels les Haplozoon ne confinent par aucun caractère : les Ciliés et les Phycomycètes.
LA SPOROGÉNÈSE ITÉRATIVE. — À peine est-il besoin d’insister sur l’importance des caractères tirés des phénomènes de la sporogénèse, ceux qui nous ont frappé dès l’abord, car ils se déroulent d’une façon rigoureusement parallèle chez les Haplozoon, les Apodinium et les Blastodinium. Il convenait cependant de les subordonner aux précédents, car ils sont d’un ordre moins général, puisqu'ils sont le monopole de genres parasites et que par là même ils peuvent être tenus pour récemment acquis et purement adaptatifs. Nous montrerons effectivement que la polarité du trophocyte, qui est une condition du phénomène de la sporogénèse périodique, est elle-même une conséquence immédiate des rapports trophiques du parasite avec son hôte. Mais nous montrerons aussi qu’une autre condition de ce phénomène est la division transversale qui sépare dans cette cellule initiale deux cellules-filles hétérodynames.
Nous dissocierons ainsi ce caractère complexe de la sporogénèse itérative en un caractère qui est d’acquisition récente, la polarité du trophocyte propre aux parasites, et un caractère qui est de possession ancienne, actuellement générale aux Péridiniens : la division transversale, dont nous avons fait valoir l’importance dans le paragraphe précédent,
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Ajoutons que par leur condition fixée, la brièveté de leur période sporogénétique, leur défaut général de pigmentation, les Haplozoon offrent plus d’analogies avec les Apodinium qu'avec les Blastodinium. C’est vraisemblablement pourquoi DoGrEL à complètement éliminé ces derniers de sa discussion par ailleurs très touffue, et ceci bien à tort, car dans le domaine où nous sommes, les faits ne sont pas encore si nombreux qu’on puisse en négliger.
ETAT BI- ET QUADRI-ÉNERGIDE. — Nous mentionnerons ici un autre caractère qui paraît propre aux parasites : @’est l’inhibition de la division cytoplasmique, qui aboutit chez les Blastodinium à un état constamment binucléé des éléments du parasite, et souvent chez les Apodinium et les Haplozoon à un état quadrinucléé. Bien que lon doive considérer cette inhibition comme une conséquence de l’hypernutrition due à l’existence parasitaire (v. p. 421) elle tient aussi à ce fait très général chez les Péridiniens, et sur lequel Doarez a lui-même insisté, que leur noyau est en perpétuel état de caryodiérèse.
CARACTÈRES MINEURS. — Après les caractères majeurs, nous n’aurons plus qu’à rappeler ceux qui n’étant pas propres aux Péridiniens, n’infirment cependant pas, mais ne confirment que peu la nature dinoflagellée des Haplozoon : la faculté de secréter des coques gélifiées, d'élaborer des inclusions aciculées dans leur cytoplasme et de pousser ‘des filaments servant à la fixation.