III. ARGUMENTS CONTRE LA NATURE PÉRIDINIENNEÉ DES HAPLOZOON
C’est le lieu ici d'examiner les arguments que l’on pourrait produire contre l’annexion des Haplozoon aux Péridiniens largement justifiée à notre sens par les faits que nous venons d’exposer. À la vérité, je n’en ai pas trouvé dans la discussion de DoGïEL qui puisse nous retenir.
LA FORME DES SPORES. — On n’en peut naturellement tirer aucun de l’ignorance où nous sommes de la forme définitive des spores, des «Urgeschlechtszellen», comme les appelle Docrr.Ce terme même implique que Do&rez leur suppose la condition essentielle des gamètes : la motilité. Mais il n’a pas précisé quelle forme il leur attribuait. IL s’est contenté de remarquer qu’elles ont au moment de leur mise en liberté l’aspect de petits Gymnodinium. Il eût pu les comparer très exactement aux sporocytes des Blastodinium avec lesquels ils offrent en outre cette particularité commune de n’acquérir leur forme définitive que plusieurs heures après leur évacuation dans le milieu, extérieur. C’est à la con-
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naissance de la morphologie des spores des Haplozoon dont l'intérêt n’est pas à souligner, que devront tendre avant tout les efforts des chercheurs. Nous ne doutons point qu’elle confirme la place que nous donnons à ces organismes parmi les Péridiniens stricts.
€ L'ÉTAT PLURICELLULAIRE ». — Il est un argument dont DoGïez a joué beaucoup dans sa discussion, et dont il a fait le pivot de son interprétation mésozoaire des Hayplozoon, c’est ce qu’il appelle l’état pluricellulaire de ces derniers, qu’il oppose à l’état unicellulaire des Péridiniens. Il dit par exemple : « Der gange Unterschied zwischen Haplozoon und Apodinium besteht demnach darin, dasz letzteres stets ein einzellige Organismus bleibt, indem seine Ursgeschlechtzelle sofort nach ihrer Bildung abfällt, während Haplozoon bereits eine hohere Stufe der Organisation erreicht hat und mehzrellig geworden ist. »
Dans la distinction qu’il établit entre l’état unicellulaire et l’état pluricellulaire, DocreLz semble user plutôt du critérium tiré du mode d’union des cellules et de leur degré d’adhérence, que du critérium tiré du nombre même des cellules. Ce dernier le conduirait à classer trop de Protozaires parmi les Mésozoaires. Mais le premier ne nous semble pas meilleur. Ce qui fait que des cellules restent unies après la division, c’est-à-dire la constitution physique de la membrane est une chose qui varie dans un même aggrégat, avec l’âge des éléments. Nous avons vu que chez Apodinium mycetoides, contrairement à ce que dit DocteL, les cellules de la génération la plus ancienne restent un certain temps unies, sans autre cause que la viscosité de leur cuticule. Plus mûres, elles se séparent. Les Haplozoon présentent cette adhérence à un degré plus accusé Les cellules mettent plus de temps à mürir et leur cuticule à se solidifier. L’association cellulaire est un peu plus durable ici que là, sans que cela puisse s’interpréter comme une différence essentielle.
Cette aptitude à former des agrégats n’est d’ailleurs pas propre aux Péridiniens parasites. Elle se manifeste à tous les degrés chez les Péridiniens libres, par la formation de chaînes. Dans certaines de ces chaînes les individus ne sont que lâchement unis (Dinophysidae, C'erahum), par simple contact des individus les uns avec les autres : chez d’autres formes, il y a liaison protoplasmique des composants (Ceratium candelabrum, Gonyaulax catenata). Enfin chez Gonyaulax series, KororD et RIGDEN (1912) ont fait connaître une association en chaîne où les limites des individus, bien marquées sur le squelette, ne le sont plus du tout dans le cytoplasme qui est continu d’un bout de
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la chaîne à l’autre, formant ainsi un long plasmode. Kororp et RIGDEN considèrent les Polykrikos comme représentant encore une ‘exagération de cette disposition.