‹ Les Péridiniens parasites: Morphologie, reproduction, éthologieChapitre 73 sur 119 · ARCH, DE 2001, EXP, ET GÉN. — T, 59, — F · texte numérisé non relu

ARCH, DE 2001, EXP, ET GÉN. — T, 59, — F

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calanus à Syndinium lorsqu'on l’écrase est une massse informe qui diffuse aussitôt dans l’eau de mer et s’y résout partiellement en une infinité de granules animés d’un vif mouvement brownien. Ce que l’on colore sur les frottis est un coagulum très chromatophile semé d’amas plus chromatiques encore, de granules ou de petits bâtonnets que l’on pouvait prendre pour des bactéries. J'avais donc négligé ces Paracalanus à corps opaque. Une autre observation d’abord indépendante de celle-là m’y ramenait plus tard.

A plusieurs reprises, j'avais vu apparaître et se répandre, nombreux et très mobiles dans les bocaux de pêche, de petits Péridiniens nus et incolores, d’une forme turbinée très caractéristique. Jamais je n’en avais observé de semblables dans les pêches qui sortaient du filet pélagique. Leur taille était d’ailleurs telle qu’ils n’y eussent point été retenus.

Et c’est surtout vers la fin de l’après-midi qu’ils se montraient souvent en nuées considérables. Il n’y avait donc point à douter qu’ils prissent naissance dans le bocal même. Leur nombre, la soudaineté de leur apparition, leur taille égale, indiquaient qu’ils procédaient d’une sporulation multiple mettant en liberté un grand nombre de spores à la fois, et non pas d’une multiplication à l’état libre par divisions binaires répétées. On ne voyait d’ailleurs point de ces gymnodiniens en division. Il était naturel de supposer qu'ils n’étaient autre chose que les dinospores de quelque Blastodinium incolore. B. hyalinum était alors commun chez les Paracalanus et les Clausocalanus et c’est à lui que j’attribuai la production de ces petits Péridiniens.

Dans le sédiment des bocaux, je pus trouver, effectivement, des dépouilles de Paracalanus contenant encore en plus ou moins grand nombre de petits Péridiniens identiques à ceux qui nageaient. Tout ceci confirmait en somme qu’un Blastodinium leur donnait naissance. Et c’est avec cette conviction que je terminai ma campagne de 1908. Je ne soupçonnais pas à cette époque qu’il pût exister chez les Paracalanus que j'avais tant regardés, des Péridiniens sous une autre forme que celle des Blastodinium.

Je revins à Banyuls en juin 1909 avec le projet d'étudier par le menu ce que je pensais être la sporogénèse de B. hyalinum. L'un de mes premiers soins fut de conserver en chambre humide des Paracalanus infestés de ce Péridinien pour en observer la sporulation. Je fus surpris de n’obtenir que très difficilement quelques dinospores mobiles qui n’évoluèrent point jusqu’à acquérir leur forme définitive. Les Copépodes mouraient, seuls les feuillets périphériques des parasites se résolvaient en sporocytes nor-

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maux, les feuillets centraux etle trophocyte dégénéraient ou subissaient une segmentation incomplète, le tout dans le tube digestif plus ou moins désagrégé du Copépode. Il y avait là un mélange d’éléments de toutes tailles, de toutes formes, englué de bactéries, qui n’offrait rien de comparable à la masse de jolies spores, uniformes, toutes mobiles que j'avais vue l’année précédente remplissant la carapace proprement vidée des Paralanus.

D'ailleurs, si les Blastodinium incolores étaient alors communs, les petits Péridiniens ne se montraient point dans les conditions où précédemment je les voyais apparaître. Leur souche n’était donc point celle que j'avais présumée. Le souvenir des Paracalanus à cavité générale obscure me revint alors à l’esprit. Il ne s’en trouvait pas à cette époque dans les pêches. Ce ne sont d’ailleurs pas eux qui me fournirent la clef de l’énigme. A la fin de ma campagne de 1909, le 22 août, il vint à la côte un essaim de Corycœus venustus dont un grand nombre d'individus offraient, et d’une manière encore plus accusée, le même aspect sombre que les Paracalanus. Il me suffit d’en conserver quelques-uns en chambre humide pour, au bout de deux à trois heures, voir la masse obscure du plasmode aux différents stades de l’individualisation des spores et assister à la mise en liberté de celles-ci. Cette année là, je n’eus plus de Paracalanus infestés de Syndinium, mais dès le début de mes vacances de 1910, dans la seconde moitié de septembre, j’eus un matériel abondant de ces parasites qui me permit d'étudier leur développement.

Mais cela n'allait pas encore sans difficultés. Les Syndinium ne sont pas, je l’ai dit, les seuls parasites du cœlome des Paracalanus. Ceux-ci ont souvent leur cavité générale envahie, non seulement par certains des parasites que j'ai signalés plus haut, mais aussi par les plasmodes de plusieurs Paradinides qui seront étudiés plus loin, et dont ils sont fort difficiles à différencier. C’est pourquoi il faudra faire une étude très détaillée des stades plasmodiaux des Syndinium, tels qu’on peut les observer chez les Copépodes vivants, et l’illustrer de nombreuses figures. De même en ce qui concerne les Paradinides. On fera plus facilement ainsi distinction et comparaison des deux genres.

C’est comme je l’ai dit, surtout chez Paracalanus parvus que j'ai fait l'étude la plus complète des Syndinium. Le parasite de Corycœus venuslus ne n’est connu qu'aux stades avancés et par ses spores. Je n’ai pu distinguer ce parasite par aucun caractère et je le range provisoirement dans la même espèce : S. furbo.

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Il y a chez Clausocalanus arcuicornis un Syndinium dont je n’ai observé que les stades moyens du développement. Son plasmode présente certains caractères spéciaux, qui, sans me le faire considérer comme une espèce autonome nécessitent d’en traiter à part.

Enfin, certains parasites (Parasit 9, P. 12, P.18) observés par APs- TEIN (1911), chez Calanus finmarchicus sont, tout au moins l’un d’entre eux (P. 18), des Syndinium.

PoLyMoRPHISME. — La question du démembrement possible de l’espèce $. turbo n’est pas à envisager seulement du point de vue de la spéeificité parasitaire. Elle se posera aussi pour les parasites d’une même espèce de Copépodes. Si toutes les spores qui naissent d’un même plasmode sont toujours semblables entre elles, il n’en est pas de même des spores issues de deux plasmodes, ou, ce qui est la même chose, de deux Copépodes différents.

Il y a en effet, chez Paracalanus parvus, par exemple, des plasmodes à macrospores et des plasmodes à microspores. Et ces dernières se présenteront encore à nous, sous deux aspects différents ! La signification du polymorphisme des spores chez les Syndinium, et chez les Paradinium où des faits de même ordre existent, est un des problèmes qui s’offriront aux chercheurs futurs. Le temps que sa solution eût exigé m'aurait conduit à retarder encore la publication de ce travail. J’en serai donc réduit à n’exposer relativement à ce point que des hypothèses.

Syndinium turbo CHATTON 1910 Mêmes figures que pour le genre, moins la fix. 135.

Syndinium turbo CHATTON (1910, p. 654).

Type de l’espèce, parasite dans la cavité générale de Paracalanus parvus CL., à Banyuls-sur-Mer. Eté. Automne. Fig. 41, pl IV; 130-134, pl. XIT; 136-144, 148, pl. XIII; 152-160 bis, pl. XIV.

HOTES. FRÉQUENCE. INDICE D’INFECTION. — J'ai déjà, en étudiant Blastodinium spinulosum, parlé des conditions dans lesquelles Paracalanus parvus se rencontrait dans le plancton de la baie de Banyuls.

À la fin de l’été et en automne, les seules saisons où je me suis trouvé à Banyuls, depuis que je connais les Syndinium, ceux-ci se montrent avec plus où moins d’abondance chaque fois que les Paracalanus sont euxmêmes en nombre dans le plancton. J'ai pu compter le 27 août 1911 62 Paracalanus de tout âge parasités par des plasmodes à tous les stades

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sur 300 examinés, soit environ 20 p. 100. La proportion est donc considérablement plus élevée que pour celle des Paracalanus hébergeant les divers Blastodinium.

Corycœus venustus est souvent parasité par des plasmodes qui ne peuvent être différenciés, non plus que leurs dinospores, du parasite des Paracalanus. Ces Copépodes ne sont pas rares en fin septembre et octobre. Et ils sont quelquefois parasités dans une assez forte proportion, Mais à cause du peu de transparence de leur corps, ils se prêtent beaucoup moins bien que Paracalanus parvus à l’étude de l’évolution du parasite, surtout aux stades jeunes,

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