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IV. SPORULATION

TRANSFORMATIONS DES CONCRÉTIONS. — Nous sommes maintenant tout près de la sporulation. La structure et par conséquent l’aspect du plasmode se modifient notablement. Les concrétions disparaissent à nouveau, et, soit par transformation directe, soit par une dissolution suivie d’une précipitation, ce qui est difficile à apprécier, elles se trouvent remplacées par des corps lancéolés d’aspect cristallin, rangés de façon à dessiner les mailles d’un réseau, dont chacune délimite le territoire d’un: é ergide (fig. 142 et 143). Ces cristalloïdes lancéolés vont euxmêmes, par une série de clivages, donner naissance à de très fins aiguillons que nous retrouverons dans les spores, et qui dès maintenant, en dessinent grossièrement le contour.

ASPECT GÉNÉRAL DU PLASMODE MUR ET DE L’'HOTE. — Je plasmode à ce stade, tant à cause de sa masse que de la présence des inclusions dont il est chargé, a perdu beaucoup de sa transparence. Il à pris une teinte générale gris sale qui permet de distinguer du premier coup d’œil à un faible grossissement le copépode qui le contient de ses congénères normaux. À cette teinte s’ajoute toujours un peu de rose qui provient de la diffusion des chromatophores rouges présents chez la plupart des Paracalanus (fig. 41, pl. IV).

STABILITÉ DU PLASMODE. —-[?état moléculaire même du plasmode s’est modifié. Il n’a plus sa labilité au contact de l’eau de mer, et si, lorsqu’on écrase le Copépode, le parasite se décompose en masses de tailles variables, celles-ci sont toujours constituées d’éléments intacts. Les figures 143 représentent l’une, une masse à plusieurs noyaux, l’autre une masse uninucléée, expulsée du Copépode, où cytoplasme et noyaux ont conservé leur structure parfaitement normale. Celle du noyau est assez bien apparente.

PHÉNOMÈNES NUCLÉAIRES. — Au moment où le plasmode commence à se dissocier, les noyaux qui jusque-là n’avaient cessé d’être en division

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passent à l’état de repos. Les fuseaux, au lieu de se reconstituer complets aussitôt coupés, restent à l’état de demi-fuseaux. Les chromosomes se rétractent et se condensent notablement. Les nucléoles disparaissent. Les noyaux ont alors l’aspect de candélabres sans pied à dix branches robustes, dont huit périphériques et deux centrales (fig. 158 et 159). C’est à cet état qui rappelle le stade en bouquet des noyaux dans certaines spermatogénèses et qui est probablement l’annonce d’une réduction chromatique, que les noyaux du plasmode sont répartis entre les spores. Des caractères et une évolution nucléaires tout à fait semblables ont été décrits par W. HuTx (1913) et avaient déjà été vus en partie par Bor&GerT (1909) dans la sporulation des Thalassicolles (Radiolaires).

FRAGMENTATION DU PLASMODE. — La sporulation va consister simplement dans la fragmentation du plasmode en autant de spores qu’il contient de noyaux, chaque spore emportant un peu du cytoplasme périnucléaire avec inclusions aciculaires. Mais cette fragmentation ne se fait pas d’une manière rigoureusement simultanée dans toute la masse. Elle n’aboutit pas du premier coup aux dinospores isolées. Le plasmode se décompose en masses secondaires d'importance très inégale qui peuvent elles-mêmes se scinder en masses tertiaires (fig. 143 et 144). A la surface de ces masses plasmodiales, la forme des spores s’esquisse avant que celles-ci soient individualisées. La surface se creuse en effet de sillons dont les uns marquent les limites des futures spores, et les autres les sillons, hélicoïdaux et longitudinaux, propres à celles-ci. Et dans ces sillons, il arrive que l’on voie des flagelles animés d’ondulations lentes, qui parvienrent cependant à entraîner de gros fragments de plasmodes dans un lent mouvement de rotation lorsque ceux-ci sont extraits du Copépode (fig. 145).

Aucun mode régulier n'apparaît dans la résolution du plasmode en dinospores, et il est difficile de se rendre"compte des rapports que celles-ci affectent entre elles. Il semble cependant que les scissions qui aboutissent à leur formation ne relèvent pas du mode de division binaire propre aux Péridiniens, comme nous le verrons lorsque nous étudierons la morphologie des spores.

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