I. LES SPORES A ROSTRE
Fig. 179-180, pl. XVI ; 191-193, pl. XVII.
MOoRPHOLOGIE. — Ces spores se rencontrent dans les mêmes conditions que celles des Syndinium, dans les carapaces de Copépodes. Elles ont aussi la taille des macrospores : 15 y, mais non leur forme turbinée. La La forme générale rappelle au contraire celle de la spore d’A. microsporum. C’est un ovoïde non aplati, dont le petit bout, qui est antérieur dans la locomotion, est relevé en un rostre assez aigu. La région postérieure est au contraire arrondie et ventrue. À la base du rostre, qui n’est pas sans rappeler le bec de Paradinium Poucheti, se trouve, comme chez cette dernière forme, une dépression, qui, très limitée chez le parasite des Acartia, se continue ici en un sillon hélicoïdal aussi bien défini que celui des Syndinium, maïs pas plus long que celui d’Atelodinium microsporum. Il ne fait comme lui qu’un demi-tour de spire environ, d’avant en arrière, toujours dans le sens inverse de celui des heures. Il n’atteint pas le pôle postérieur du corps, dont il ne déforme d’ailleurs pas le galbe. Ce sillon est large. Ses deux lèvres sont bien marquées sans être saillantes, sauf à l’origine antérieure du sillon, où la lèvre postérieure s’élève en une forte crête qui se trouvant brusquement coupée, se termine en une sorte de bec aigu dirigé en avant. Le ressaut qui forme l’une des marges de ce bec se continue d’avant en arrière, en tournant un peu obliquement dans le sens des heures, et détermine un sillon à une seule lèvre qui est l’homologue du sillon longitudinal des Syndinium, bien qu'il n’aborde point en arrière le sillon hélicoïdal. Il est parcouru par un flagelle récurrent qui s’insère sous la saillie du bec, au point de jonction du sillon hélicoïdal avec le sillon longitudinal et qui se prolonge par une partie libre égale à environ la moitié de sa longueur totale. Mes dessins ne montrent pas de flagelle ondulant dans le sillon hélicoïdal. Mais, étant donné qu’il est souvent fort difficile à voir et que les spores s’altèrent très facilement, je ne doute pas de son existence.
On voit que par leur morphologie externe ces spores rappellent tout
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à fait celles d’Atelodinium microsporum dont elles ne diffèrent que par l'existence du rostre et du sillon longitudinal. Mais, par l’aspect de leur Corps cytoplasmique, ce sont plutôt des spores syndiniennes : comme chez ces dernières, le noyau est invisible in vivo et le cytoplasme contient des trichites disposés comme ceux des macrospores.
STRUCTURE. LE BLEPHAROPLASTE. — Mais la structure nucléaire nous ramène plutôt au type paradinien. Le noyau qui est central, comme chez les spores d’Atelodinium parasiticum, est ovoïde, vésiculeux, à paroi nette, mais sans membrane propre. Il contient une chromatine très pâle disposée en trabécules allant d’un gros caryosome subcentral à la paroi nucléaire. Les trichites sont conservés dans le cytoplasme. Du côté dorsal, sous-jacent à la cuticule, se trouve une longue baguette effilée à ses deux extrémités, dont l’une se trouve à la pointe du rostre, et dont l’autre se termine au niveau du noyau. Cette baguette paraît à première vue représenter une côte squelettique, analogue par exemple à la côte de renforcement de la membrane ondulante chez les Trichomonas. Mais elle me paraît, d’après son mode de formation, avoir plutôt la valeur d’un kinetonucleus. Dans le frottis même où se trouvaient les spores, il y avait aussi des aggrégats de deux ou plusieurs futures spores nonencoreséparées. Les noyaux de ces éléments se trouvaient à un stade rappelant assez le synapsis ou plutôt le stade en bouquet de la spermatogenèse Ils étaient piriformes et les chromosomes bien individualisés, convergaient vers le pôle aigu où se voyait très net un grain chromatique que l’on ne peut considérer que comme un centrosome. Dans certains éléments, ce centrosome était sphérique. Dans d’autres, au contraire, on le voyait commençant à s’allonger en un bâtonnet. Bien que je n’aie pas vu de stades intermédiaires entre celui où le bâtonnet est très court et encore en relation avec le noyau, et celui où le bâtonnet s’est allongé en baguette et séparé du noyau, je n’hésite guère à croire que la baguette n’est autre que le bâtonnet centrosomien allongé. Je rappelle que chez les Syndinium nous avons eu des stades de dissociation du plasmode montrant des noyaux en candélabre, où nous n’avons pas constaté, non plus d’ailleurs que dans les spores mûres, de formation kinétique.
Les spores à rostre nous apparaissent avec un ensemble de caractères dont les uns : noyau invisible in vivo, trichites cytoplasmiques, sont des Syndinium, dont les autres : morphologie externe de la spore, structure du noyau, sont des Paradinides, et dont d’autres enfin : existence d’un kinetonucleus, apparaissent comme hérités de quelque Bodonwdé,
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“ ATTRIBUTION GÉNÉRIQUE ET SPÉCIFIQUE. — Ce sont ces spores que j'ai appelées à tort en 1910 a « spores à forme Oxyrrhis ».
A comparer Oxyrrhis marina tel que SENN (1911) l’arécemment décrite aux spores que nous venons d'étudier, on voit que si l’organisation fondamentale de ces flagellés reste la même, ils sont néanmoins d’un type presque opposé. Chez Oxyrrhis en effet, le pôle arrondi est antérieur, les sillons et les insertions flagellaires postérieures. Et ceci n’est point simplement l'effet d’une inversion du sens de la locomotion. Car si l’on retournait un Oxyrrhis pour tenter de le superposer à la spore à rostre, on verrait le sillon helicoïdal s’élever au lieu de s’abaisser et tourner, dans le sens des heures, à l’inverse du sens du sillon helicoïdal de la spore à rostre.
Des caractères de cette spore, il n’est pas possible, on le voit, de tirer de conclusion certaine relativement à son attribution spécifique et même générique. De nouvelles recherches sont nécessaires pour la fixer. J'avoue que, sans l’existence des trichites, j'aurais moins hésité à l’attribuer à Atelodinium parasiticum. Mais jamais ni le plasmode ni la spore d’un Paradinide ne m’a montré de semblables inclusions, non plus d’ailleurs que les concrétions qui leur donnent naissance. C’est à cause de la grande ressemblance de la spore à rostre avec celle d’Atelodinium parasiticum, et à cause de la structure de son noyau définitif que j’ai cru devoir la décrire ici plutôt qu’au chapitre des Syndinium.
Il nous reste, pour terminer l’étude des Paradinides, à signaler deux formes appartenant incontestablement à ce groupe, mais dont l’attribution spécifique et générique reste douteuse, leurs spores étant inconnues.
IT. PARADINIDE INDÉTERMINÉ
parasite d’Oithona plumifera. BaïRD, à Banyuls-sur-Mer. Fig. 181, pl. XVI.
« Parasit 21 », APSTEIN (1911, p. 221, fig. xx).
Chez trois individus d’Oithona plumifera, j'ai observé, remplissant la cavité générale, un plasmode de Paradinium, semblable, en tous points, à celui d’Acartia Clausi.
Une des Oithona plumifera portait à l'extrémité de l'abdomen un vaste sac contenant une très grande quantité de corps amæboïdes, qui étaient, très vraisemblablement, les futures spores du parasite. Il n’y avait point de kyste gélifié, mais une pellicule d’enveloppe très nette. J’ai perdu
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l’exemplaire, qui était entre lame et lamelle, avec beaucoup d’autres copépodes, en voulant l’en séparer.
C’est certainement un parasite du même genre, peut-être la même forme, qu’APSTEIN à signalé, appendu à l’extrémité de l’abdomen, chez une Oithona du Kattegat (août 1909)
« Diesen Parasiten fand ich bei Oithona, nicht bei Calanus, ich môchte ihn aber hier mt erwähnen. Am Abdomen 13 pes dicht vor der Furca fand sich eine F etwa eifôrmige Blase. Beimôffnen derselben entquollen ihr zahlreiche ovale, 12 y» lange Kôrper (fig. 20b), die an einem Ende einen deutlichen Kern
erkennen liessen, sonst aber keinerlei
; FIG. CXL ter. im APSTEIN (1911). « Parasit 21»; «,
Struktur zeigten. Im ersten Augen- sur la furca d’une Oithona (sp.)* 50: b, : . spore (immobile au moment de l’observablick glaubte ich Sporen von Myxos- tion), issue du sac a. La confrontation
de cette figure avec notre figure 180
poridien vor mITr zu sehen. Ù montrera qu'il s’agit d’un Paradinium.
A comparer la spore b avec les bodonispores de Paradinium Poucheti, telles qu’on les voit, non flagellées et immobiles, dans le kyste non mûr, on se fera de la nature du parasite une idée toute différente de celle que suggère APSTEIN, et plus vraie je crois.