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calme de nos lecteurs. Il est mieux que nous réalisions la position telle qu’elle se dessine, afin de :.e pas marcher les yeux fermés vers l’imprévu.
Les fondateurs de la constitution ainéricaine avaient compris la nécessité de tenir les Etats sous le contrôle de l’autorité centrale, et quand nous réclamons pour le gouvernement fédéral le pouvoir de dicter; aux lieutenants - gouverneurs des instructions et une règle de coïduite, quant aux choses quise rattachent à la constitution et aux droits de la Puissance, nous restons bien en deça les propositions qui furent faites par les membres les plus éminents de la convention de 1787. Le plan de Randolph comportait une disposition à l’effet que l’exécutif central et un certain nombre de juges réviseraient tous les actes du congrès, et aussi tous les actes des législatures des Etats.
Le projet de Charles Pinckey donnait au congrès le droit de réviser et négativer les lois des Etats quiiseraient supposées empiéter sur les pouvoirs de l'autorité centrale.
Hamilton voulait plus encore, il demandait que les gouverneurs des Etats fussent nommés par le gouvernement général et eussent le droit de veto, du négative sur toutes les lois à étre adoptées parles législatures. (Elliot’s Debates,)
Aueun de ces projets ne fut accepté dans son ensemble, mais l’&sprit en fut adopté. La constitution fédérale fut déclarée la loi suprême du pays, les gouverneurs, ministres, officiers des Etats sont tenus d'y prêter serment d’allégeance et de l'observer, nonobstant toute disposition contraire dans leurs propres constitutions.
En disént qu’il importe que les lieutenants - gouverneurs reçoivent d'Ottawa une direction ferme quant à l'observance et au respect de la constitution par les
“gouvernements et les législatures des pro-
vinces, nous ne portons pas atteinte à leur autonomie.
Lo Confédération doit être regaräée comme un tout, dont les parties ne subsisteront qu’en autant qu’il restera intact, car il est la source de la vie de toutes, leur protecteur commun. Le pouvoir central de la Confédération peut exister sans les pouvoirs provinciaux ; ceux-ci ne peuvent exister seuls. En détruisant le pouvoir central, ils se détruisent euxmêmes, La question que posait Morris, dans la conventicn de Philadelphie, peut être posée aujourd’hui : ‘‘ Y aura-t-il un gouvernement national ou une anarchie générale ! ”
Les lieuteuants-gouverneurs, appuyés d'instructions qui auraient reçu l’approbation du parlement, du peuple canadien, garderaient les choses en leur état normal et constitutionnel, et se:aient en mesure d'empêcher les brouillons, les hommes sans expérience qui abondent dans les gouvernements locaux, de mettre en péril l'autonomie nationale.
L'exercice sans faiblesse du droit de désaveu dans les cas où l'intervention des lieutenants-gouverneurs serait jugée inopportune ou inconstitutionnelle, est un frein à l'application duquel il faut habituer l'esprit public.
En ur ‘ ot, nous suggérons une politique vigou use d'autonomie canadienne.
Que les L«ouvernements des provinces restent dans leur sphère de bon gré, ou qu'ils soient forcés d'y rester par le moyens que la constitution met à la por” tée du peuple, représenté par le parle.
ment et le pouvoir central.
Une franche discussion sur re sujet à la prochaine session fédérale produirait un bien immense. L'opinion s'émeut des dangers et des embarras que suscite le système provincial, mis en pratique tel qu’il est dans certaines provinces. Ila déjà le désavantage de coûter un prix énorme. Depuis 1867, il a absorbé CENT
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commentaires, s’il ne contenait des inci-
TRENTE MILLIONS DE PIASTRES, en chiffres | nique du Nord. Le pouvoir fédéral dé- !truit ou rendu impuissant par des amoin-
ronds.
Sur ce chiffre, le trésor fédéral a payé drissements successifs, i1 ne reste d'autre alternative que l'absorption par les Etats-
Unis.
L'annexion est elle désirable pour l’élément français ? Aurions-nous, dans une population de soixante millions et plus d'habitants, un ascendant égal à celui que nous exerçons sur une population de cinq millions d’ânes ? Sans doute, la population d'origine anglaise augmentera en Canada, mais nous augmenterons nous aussi, et dans une proportion qui nous promet pour longtemps encore une influence précieuse. Dieu sait ce que l’avenir nous réserve : il est peu de peuples sûrs de leurs lendemains. Toutefois, avec les institutions actuelles, ou tant que le Canada sera un pays distinct, nous jouerons un rôle important, nous nous développerons, nous nous implanterons dans cette terre. Les anglo-saxons du Canada et ceux des Etats-Unis appartiennent à la même grande famille, et l'union, l’assimilation se feraient vite entr'eux. Leur langue, leur foi religieuse sont identiques.
Si le Canada n’était peuplé que par des anglais, l'annexion v’aurait d'autre inconvénient peut-être que de mettre sous un contrôle unique une étendue anormale de territoire, une agglomération colossale de fleuves et de lacs, de richesses et d’élé.
ments divers. Que serions-nous dans ce tout gigantesque ?
Non : la plus simple prudence, les instinctsde la conservation nous commandent d’éloigner autant que nous le pourrons l’heure de cet événement, qui serait une catastrophe pour nous, aujourd’hui.
L'école des provincialistes nous y conduirait si elle parvenait à faire triompher ses idées imprudentes. Voilà pourquoi nous la condamnons dans ses tendances et ses ŒUVres. LE
Nous en appelons au premier ministre de cette province, le berceau et le cœu - :
soixante et douze millions. la balance —cinquante-huit millions—vient des impôts perçus par les gouvernements locaux, | de la vente des terres publiques, etc. |