‹ Les périls de la souveraineté des provinces [microforme]Chapitre 45 sur 47 · NOTRE SAUVEGARDE · texte numérisé non relu

NOTRE SAUVEGARDE

Le gouvernement Mercier entend faire une courte session. Le discours du trône l'indique, et il donnerait peu matière à

tations au mécontentement contre l’autorité centrale, des attaques regrettables contre le pouvoir souverain. Proposer à la législature d'adopter de nouveau la loi désavouée des magistrats, c'est lui demander de se rendre une fois de plus coupable d’un’empiètement certain dans le domaine fédéral. Faire flèche de tout bois à prepos d’une opinion du ministre de la justice sur la propriété des lots de grève, c’est donner, dans un but évident, une imrortance exagérée à un incident très simple.

Comme tactique de parti, ces choses peuvent être de l’habileté d’un certain genre. Mais que M. Mercier nous permette de le lui dire : il est capable d’être supérieur à ce genre, de faire plus grand et mieux. Les hommes politiques existent moins pour leur parti que pour leur pays.

Gouverner pour le pays par leur parti, c’est leur rôle et leur droit. Mettre en péril les institutions d’un pays, son avenir pour les besoins d’un parti, c’est manquer au premier des devoirs.

Or, les institutions de ce pays sont menacées par l’agitation qui se fait au nom et sous le prétexte des droits des provinces. Car,—:l est inutile d’insister sur cette vérité—les provinces ne peuvent subsister sans l'autorité centrale, seule capable de maintenir dans la cohésion les parties diverses de l'Amérique Britan-

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de la nationalité française en Amérique Sa conférence interprovinciale a été une erreur grave, car elle était un acheminement vers la destruction de l’unité canadienne, qui est notre sauvegarde. En a-til compris les périls, et est-ce pour cela qu’il s’est arrêté à mi-chemin ! Il le faut souhaiter et espérer.

Que pour les fins de son parti — qu’il peut défendre par tant d’autres moyens— il ne crée pas un courant funeste de préjugés et de passions.

Il ne suffit pas de se dire et d’être Canadien-français. Il faut l'être d’une

façon éclairée, prévoyante. $ir Etienne Taché avait une vision lumineuse de l’avonir quand 1l s’écriait que le dernier

coup de carion pour la défense du: lien

colonial serait tiré par l’un des nôtres. I1 sentait que ce lien assurerait notre développement paisible, notre prise de possession définitive de ce sol fécond et magnifique.

La confédération en opposant à l’idée dé l’annexion celle de la création d’une nationalité canadienne, nous a été une Providence favorable.

J. ISRAEL TARrTE.

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