‹ Les PéritonitesChapitre 12 sur 38 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

Étude anatomique, expérimentale et bactériologique

Quelle est l’origine de la péritonite ?

Nous savons que généralement les lésions péritonéales débutent à droite, dans la fosse iliaque, el présentent souvent à ce niveau leur maximum d'intensité. Or, c’est de ce côté, c’est-à-dire dans la portion terminale de l’iléon et près de la valvule, que siègent les principales lésions intestinales de la fièvre typhoïde.

Nous avons donc, d’une part, une infection partie de l'intestin ; de l’autre, une seconde infection, celle du péritoine ; il est logique de penser que l’une est la conséquence de l’autre et que le processus inflammatoire se propage de l'intestin au péritoine. Dans bien des cas on a pu observer une superposition exacte des lésions du tube digestif et de la séreuse, les altérations de la surface péritonéale correspondant à celles de la surface muqueuse de l'intestin. Nous avons vu que, du côté du péritoine, la présence des plaques de Peyer se manifeste par une vascularisation intense, par une zone violacée et quelquefois par un léger épaississement. Ces altérations légères ne se manifestent pas cliniquement: il est donc probable que la péritonite par propaga-

Din

tion n'est pas très rare à un léger degré et tout à fait circonscrite, mais qu’elle passe inaperçue, les lésions restant le plus souvent superficielles.

On a pu observer en effet qu’au niveau des plaques de Peyer l'infiltration des globules blancs s’étend parfois jusque sous le péritoine et qu’on trouve sur cet organe des traces non douteuses d’inflammation. Le lieu d’origine de cette inflammation péritonéale réside donc dans la lésion des follicules clos, ce qui s'explique facilement si l’on réfléchit à la richesse des voies de communication qui réunissent les deux systèmes lymphatiques.

: Lorsqu’à l’autopsie on rencontre de ces péritonites

développées au voisinage des plaques de Peyer, on constate que leur point de départ est souvent manifeste et correspond à une eschare ou à une ulcération profonde au niveau de laquelle l'injection est plus forte et où les dépôts néo-membraneux sont plus abondants que sur le reste de la séreuse.

Il faudra rechercher ce lieu d’origine — dans les cas où on pourra le faire — sur la partie terminale de l’iléon. Mais il ne faut pas oublier que l’inflammation typhique n’envahit pas en même temps tous les divers points du système folliculaire de l’intestin. Il est de toute évidence que les lésions se font par poussées successives. En général, les plus avancées se rencontrent sur la dernière portion de l’iléon au voisinage de la valvule, mais cette loi souffre de nombreuses exceptions.

D’après les recherches de Betke, la lésion intesti-

nale au niveau de laquelle la péritonite a pris naissance occupe plus souvent le gros intestin (cæcum ou côlon) que l'intestin grêle.

Il y a aussi des cas dans lesquels on ne peut déterminer avec précision quelle partie de la séreuse a été primitivement envahie et où l’on peut seulement affirmer que le point de départ est sur l'intestin. Griesinger dit avoir vu quelquefois des typhiques succomber rapidement dans la prostration et le collapsus après avoir présenté tout à coup de vives douleurs abdominales, et avoir trouvé à l’autopsie une injection diffuse et récente avec un enduit visqueux dc la surface péritonéale sans pouvoir découvrir le point de départ localisé de cette inflammation.

Trousseau, cherchant à expliquer la pathogénie de l'affection qui nous occupe, cite un cas de péritonite par perforation : et ce cas est justement intéressant parce qu’il met en lumière la façon dont peuvent se produire les péritonites par propagation :

Il s’agit d’une femme sortie depuis trois jours de l'hôpital de Saint-Louis après fièvre typhoïde, et qui entre à l’'Hôtel-Dieu pour douleurs dans le bas-ventre, diarrhée et vomissements. On diagnostique une péritonite consécutive à la fièvre typhoïde, en supposant une rechute de dothiénentérie, — ce que semblait indiquer la présence de quelques taches rosées récentes sur l’abdomen.

La malade, malgré les soins, succomba le quin-

zième jour de son arrivée à l’Hôtel-Dieu.

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