‹ Les PéritonitesChapitre 14 sur 38 · Annales de l'Institut Pasteur · texte numérisé non relu

Annales de l'Institut Pasteur

Roy 3

OT

Sur sept cas que l’auteur a étudiés bactériologiquement il a constaté dans six, dont cinq survenus sans perforation la présence du coli-bacille, presque à l’état de culture pure dans l’exsudat péritonéal.

La péritonite pourra même être produite sans solution véritable de continuité. Ainsi que cela se rencontre dans les hernies étranglées, sans gangrène de l'intestin, la paroi est assez modifiée pour n’offrir aucune résistance aux micro-organismes ; l’anse intestinale et son revêtement péritonéal sont le siège de lésions congestives, vaso-paralytiques qui permettent aux bactéries d’émigrer dans le liquide du sac : C’est toujours le coli-bacille qu’on y retrouve en abondance.

Enfin les faits rapportés par Cornil, par Clado, les expériences de Frenkel, et dans le même sens, les recherches expérimentales d'Oker Blom (1) de Blanc et de Bosc (2) ont nettement établi les conditions du passage des bactéries de l'intestin dans le péritoine à travers la paroi non perforée. Une striction de il’ntestin durant plus de dix heures détermine l'exode des microbes intestinaux.

Dans un autre domaine pathologique, mais dans le même ordre d'idées, nous pouvons recueillir des cas analogues.

On sait que la péritonite tuberculeuse succède souvent aux lésions de l'intestin. S'agit-il encore d’une

1. Centralblatt f. Backt. (1894, Bd XX), 2. Congrès de Médecine de Nancy (1896).

péritonite par propagation ? La question est difficile à trancher d’une manière absolue. Cependant on a pensé que même l’altération primitive de la muqueuse n’était pas nécessaire pour favoriser le passage des bacilles , le virus pourrait pénétrer dans l'organisme à travers une muqueuse absolument saine et pour cela le contact prolongé ne serait même pas indispensable. C’est ce qu’a prouvé Dobroklonsky (Archives de médecine expérimentale et d'anatomie pathologique, mars 1890). Cet auteur a étudié la pénétration du bacille tuberculeux à travers la muqueuse intestinale et il est arrivé à démontrer que le parasite pouvait traverser la paroi de l'intestiu sans qu'il soit utile qu’une modification locale quelconque existât, non plus qu’un processus inflammatoire antérieur ; le bacille pénètre sans léser aucun des éléments de la muqueuse (1).

Enfin Ribbert, en 1896, a montré que si l’épithélium joue un rôle efficace de barrière il peut cependant se laisser traverser à l’état normal par les bacilles du contenu intestinal.

Ce sont là des faits expérimentaux intéressants et curieux. Il faut reconnaître néanmoins que la paroi intestinale constitue vis-à-vis des microbes une barrière extrêmement importante, aussi efficace que la peau ou les autres muqueuses ; saine, elle peut, par ses nombreux leucocytes, réagir facilement contre la pénétration microbienne. Des lésions sont générale-

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