‹ Les PéritonitesChapitre 21 sur 38 · SYMPTOMES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES

« Soit dans le cours de la maladie, soit alors qu’il fallait entrer en convalescence, l'individu est pris subitement d’une violente douleur dans le ventre,

« douleur que la pression exaspère et qui s’étend « promptement à tout l'abdomen. En même temps « surviennent des nausées et des vomissements

incoercibles de matières vertes, porracées, et des hoquets ; la face pâle, grippée, exprime la souffrance et l’anxiété auxquelles le malheureux est en proie ; la fièvre est considérable, le pouls fréquent, petit ; l’urine se supprime ; la peau se couvre d’une sueur visqueuse et le malade succombe dans un espace de temps plus ou moins court. »

Cette courte et vivante description due à Trousseau

s'applique tout aussi bien aux péritonites par propagation que par perforation. C'est surtout dans la

symptomatologie que la variété se donne libre car-

rière, et défie le jugement des meilleurs cliniciens.

Très souvent le début des accidents est brusque :

l'expression du malade, son état général semblent

complètement changés en peu de temps. On note

des douleurs abdominales vives, parfois excessives,

por

bientôt généralisées et accompagnées de vomissements. La constipation remplace ordinairement la diarrhée qui existait auparavant. Celle-ci peut persister.

Le météorisme abdominal est souvent accusé ; la face est grippée, le nez effilé, les yeux excavés, la langue sèche, la soif intense. La température reste élevée mais parfois elle subit une chute comme dans la perforation.

La dyspnée est fréquente.

Tantôt le malade est anxieux et agité, tantôt il conserve son intelligence et répond aux questions qu’on lui pose.

Le plus souvent il tombe rapidement dans le collapsus où la mort vient le surprendre.

Dans quelques cas on a vu .ces symptômes ordinaires manquer complètement et être remplacés par des signes d’adynamie et de l’abaissement de température. d

D’autres fois on a un mode de débuten sourdine, et la péritonite évolue d’une façon latente pour ainsi dire, sans phénomènes dignes d'attirer l'attention, sans modification de la courbe thermique. Cette absence de réaction est-elle due à la dépression préexistante déterminée par la maladie causale ? C’est ce que nous ne saurions dire.

En général les accidents n’ont pas de caractère suraigu. Le début paraît moins soudain et la douleur moins violente tout d’abord que dans la perforation intestinale.

D'ailleurs nous ne saurions mieux faire que de : rapporter les principales observations signalées dans ces dernières années.

Mieux que toute description, elles nous feront saisir l'extrême variabilité des lésions et des symptômes, en même temps qu’elles apporteront des documents précieux à l'appui de notre thèse.

Nous citerons d’abord le cas observé par M. Sales, médecin militaire, sur un jeune soldat de 22 ans, entré au Val-de-Grâce le 25 octobre 1874 (1).

Un examen attentif fait porter le diagnostic de péritonite au cours de fièvre typhoïde ambulatoire.

. Le malade a les extrémités froides et cyanosées, les traits tirés, les lèvres bleuâtres. Le pouls est petit, filiforme, à 104, Température 39 degrés. Le ventre n’est pas rétracté ni ballonné comme dans la péritonite : il n'est pas tendu. La palpation détermine des douleurs assez vives pour faire sortir le malade de son apathie. La douleur n'est pas spontanée ; le malade n’avait pas attiré l’attention de ce côté ; la palpation seule a permis de provoquer ces douleurs et de les constater.

Autopsie (27 octobre). — En ouvrant l’abdomen on est frappé de la présence d’une quantité de pus, jaune verdâtre, un peu séreux, amassé dans les parties déclives et qui s'élève à plus de 5oo grammes. Le péritoine viscéräl rougi par une injection finement striée et arborescente du tissu sous-séreux, notamment

autour de l'intestin grêle sur lequel il forme en certains endroits

. 1. Sales. Essai sur la péritonite par propagation au début de la fièvre typhoïde (Paris, 1875).

des plaques d’un rose vif. Plusieurs segments d'intestin sont eux-mêmes reliés par des fausses membranes épaisses de nouvelle formation, qui présentent une couleur blanc jaunâtre. Le feuillet pariétal n'offre pas de lésions bien marquées.

Le tube digestif ouvert dans toute sa longueur ne présente pas une seule perforation. Apparence dé pointillé dans l'intestin et saillie des altérations des plaques de Peyer (plaques molles gaufrées de Louis). Les follicules clos sont atteints au même degré d'hypertrophie et donnent sur une grande étendue de

l’iléon des élevures blanchâtres.

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