Alglave et Boisseau. Tribune Médicale, 28 mai
imposer le diagnostic et l'intervention), alors qu’il n'existe aucune perforation.
Ii s’agit d’un garçon livreur âgé de 43 ans, entré à la Pitié, salle Rostan, le 2 août 1903 pour fièvre typhoïde ayant débuté huit jours auparavant.
Rien à noter dans les antécédents, L'affection évolue d'une façon régulière jusqu'au début de la convalescence.
Au quarante-troisième jour (le 4 septembre) la céphalée reparaît, la température monte à 38 degrés puis à 39 degrés. C’est une rechute qui évolue comme une fièvre typhoïde ordinaire avec nouvelle éruption de taches rosées, diarrhée, etc. Séro-diagnostic positif, À
Dans la nuit du 19 au 20 la température tombe rapidement pour atteindre 35°4 à 6 heures du matin, température inférieure de 308 à celle que l’on notait quatorze heures auparavant. Le malade éprouve quelques douleurs abdominales peu intenses du reste. Il a une selle moulée non sanglante à 3 heures du matin, et trois vomissements verts, porracés, pendant la nuit, |
À 8 heures du matin il est pris brusquement de crises douloureuses d’une intensité telle qu’elles lui arrachent des cris. Il a à ce moment un autre vomissement porracé. Ces crises durent dix minutes chacune environ et se répètent quatre fois jusqu’à 9 heures. Nous voyons le malade à ce moment et nous constatons les signes suivants : « Le facies est grippé, abdominal, la peau légèrement cyanosée et couverte de sueurs froides. La température égale 3602. Le pouls est à 140,
petit, filiforme mais régulier, Le ventre est légèrement dou-
loureux à la pression, mais par contre les douleurs spontanées sont intenses et généralisées à tout l'abdomen. On trouve à la palpation une légère contracture des muscles grands droits.
En ajoutant à ces signes la chute brusque de température nous avons sous les yeux le tableau classique de la perforation intestinale.
Le diagnostic de perforation posé, l’un de nous fait à ro heures du matin une laparotomie.
À l’ouvérture de la cavité abdominale on ne perçoit pas l’odeur fétide habituelle à la perforation typhique et déjà on peut penser que celle-ci n'existe pas. Toute hémostase pariétale est inutile : rien ne saigne, tant le malade est anémié et déprimé.
On peut voir qu'il n’y a ni liquide ni matières épanchées dans le péritoine. Il existe seulement autour de l’iléon fortement congestionné des fausses membranes en très grande abondance. L’examen méthodique de l'intestin est pratiqué pour toute sécurité.
Aucun liquide dans le cul-de-sac de Douglas. L'examen du cæcum et de son appendice ne révèle rien d’anormal. L'examen de l'iléon est opéré avec la plus grande prudence en remontant de son origine vers sa terminaison. On procède avêc douceur au décollement des anses terminales de leurs voisines auxquelles elles adhèrent par de fausses membranes. L'une d'elles particulièrement épaisse unit l'iléon terminal à l'anse sigmoïde. Gette péritonite adhésive existe sur une longueur de plus de 1 mètre 1/2. Les plaques de Peyer sont faciles à recon= naître : elles sont épaisses, congestionnées, chargées de plaques néo-membraneuses qui leur adhèrent assez fortement,
L'intestin ainsi examiné et libéré dans tous les points mala-
Ep ARS
des ne présente sûrement pas de perforation. Aussi le ventre est-il refermé sans drainage par un double surjet au catgut, le premier sur le péritoine, le deuxième sur le plan musculo-aponévrotique. La peau est fermée avec des crins séparés. L’opération n'a pas duré vingt minutes.
Le soir les douleurs spontanées et les douleurs à la pression ont disparu. La température atteint 37 degrés. Le lendemain, état général bon : la convalescence se fait rapidement et le
malade sort guéri le 24 novembre,
Un autre cas de péritonite par propagation ayant évolué avec des symptômes à peu près identiques, mais avec issue fatale est rapporté par MM. Courtois- Suffit et Beaufumé dans le Bulletin de la Société médicale des Hôpitaux de Paris (1905). Il concerne un malade âgé de 18 ans, entré à l'hôpital Dubois le le 3 février 1905 avec diagnostic de fièvre typhoïde au onzième jour. — C’est le tableau classique de la fièvre typhoïde avec prostralion, pouls dicrote, température à /40°2, langue blanche au centre et rouge sur les bords, diarrhée fétide, taches rosées, etc. Re séro-diagnostic est positif au 1/30. La diothiénentérie évolue normalement jusqu’au vingt et unième jour de sa maladie.
« Brusquement dans la nuit du 13 au 14 février à 11h. 1/2 exactement, le malade se plaint d’une violente douleur au niveau de la partie supérieure de la fosse iliaque gauche. Cette douleur irradie dans tout l’abdomen au bout de dix minutes
environ; puis survient une demi-heure après le début de la