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OBSERVATION XVI

L. P..., sexrurier, âgé de 19 ans, entre le 19 avril 1906 pour fièvre typhoïde à l'hôpital du Bastion 29.

Antécédents héréditaires. — Néant.

Antécédents personnels. — Néant.

Il semble résulter des déclarations du malade que les premiers symptômes remontent à une quinzaine de jours environ et ont consisté en fatigue générale avec fièvre, céphalalgie et

diarrhée. Pas de phénomènes pulmonaires; pas de toux.

Le malade dit s'être mis au litle 3 avril. Depuis ce temps il est abattu ; il présente une forte température, de la diarrhée et de la céphalée : il a eu deux épistaxis assez abondantes.

Il entre à l'hôpital le 10 avril. À ce moment il est prostré, hébété ; il répond très mal aux questions qu’on lui pose; 1l n’articule pas, parle à voix basse, presque inintelligible.

Les yeux sont clos, le nez un peu effilé, les pommettes rouges, mais il n’y a pas de cyanose des extrémités. !

La langue et saburrale, trémulante, sèche, rouge est rosée à la pointe et sur les bords.

Diarrhée fétide. Le ventre est ballonné et dur : il présente çà et là quelques taches rosées.

‘ Rate grosse. Foie normal.

Température : 3908. Pouls : 100 ; dicrote.

Rien aux poumons.

L'analyse des urines décèle une assez grande quantité d'albumine.

Le séro-diagnostic est positif à 1/50.

La diazoréaction d’Erlich est nettement positive.

Le 11 avril, même état. On fait une injection de III gouttes de sérum Chantemesse.

Le 12 avril. — A trois reprises différentes le malade a perdu des matières au lit. Il présente également de l’incontinence d’urine. La langue est sèche, rouge sur les bords. Le ventre est dur, probablement douloureux car le malade y porte souvent les mains ; mais son état d’hébétude et d’abattement est tel qu'on ne peut obtenir aucun renseignement à ce sujet. Cependant la palpation semble déterminer des douleurs assez vives pour le faire sortir légèrement de son apathie.

La température a baissé ; à 1 heure du matin elle était de

382. On craint une complication intestinale et on n’a pas donné encore à 7 heures du matin de demi-bain chaud bien que la température fût cette fois à 3709.

Le facies est tiré, les yeux cernés. Le pouls est difficilement comptable, par instants dicrote : il bat à 120.

À 10 heures du matin la température remonte spontanément à 38 degrés. On donne alors un demi-bain chaud et bientôt la température atteint 38°7.

La journée ne présente rien de particulier. On note un peu de délire. La température oscille entre 38°5 et 39 degrés. Le pouls est toujours petit. Le ventre est dur, tendu, mais le malade ne s’en plaint pas. Du reste son état d’abattement persiste et on ne peut avoir aucun renseignement. On ne constate aucun changement dans l’état général. Vers six heures on donne un bain.

Dans la nuit à3 h. 1/2 du matin l’état change subitement: le facies se plombe, les yeux s'excavent et deviennent brillants, en même temps qu'apparaît de l'agitation. La respiration est stertoreuse. Le malade immobilise son diaphragme. Le ventre devient très dur ; on note de la défense musculaire, mais la douleur ne semble pas plus vive.

Le pouls est faible, à 140, petit, rapide.

On fait 2 centimètres cubes de spartéine et le pouls remonte, devient plus fort. |

À 3 h. 3/4 on appelle le chirurgien de garde. En attendant sa venue on soutient le malade avec de la caféine, Mais l’état général continue à empirer ; le teint se plombe de plus en plus et la mort survient à 4 h. 1/2 du matin.

Autopsie. — En ouvrant l'abdomen on est frappé de la

présence d’une petite quantité de pus (200 grammes environ),

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jaunâtre, légèrement séreux, et amassé dans les parties déclives. Plusieurs segments d’intestin sont reliés par des fausses membranes épaisses de couleur blanc jaunâtre. En outre tout le péritoine viscéral'est injecté et au niveau de la partie terminale de l'intestin grêle on aperçoit une injection plus intense qui forme par endroits des plaques d’un rouge sombre. L'appendice est sain. Le tube digestif ouvert dans toute sa longueur ne présente pas une seule perforation. Les follicules clos et les plaques de Peyer présentent les lésions caractéristiques de la fièvre

typhoïde à la première période.

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