‹ Les PéritonitesChapitre 8 sur 38 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'affection qui nous occupe n’a pas lieu de tenir une place considérable dans l’histoire médicale, et l’on est tenté de ne pas remonter au delà de Trousseau et de Thirial dans les recherches de documents. Cependant il semble que c’est en 1813 que pour la première fois on voit mentionnée une observation de péritonite d’origine intestinale, sans perforation. Ce fait est rapporté par Petit et Serres dans leur traité de la « fièvre entéro-mésentérique ». Resta-t-il ignoré des auteurs contemporains, ou ne leur parut-il pas assez probant ? Toujours est-il que, en 1826, dans son Traité de la Fiévre Typhoïde, Louis s'exprime ainsi : « Il n’y a pas de péritonite dans la fièvre ty- « phoïde sans épanchement de matières fécales dans « Le péritoine. » Il décrit avec perfection la perforation et la péritonite qui en est la conséquence, mais il ne suppose pas que celle-ci puisse exister en dehors d'une communication directe entre l'intestin et la séreuse.

En même temps, Bretonneau étudiait aussi les manifestations de la fièvre typhoïde, à laquelle il donna le nom de « dothiénentérie ». Il signale égale-

mer

ment les péritonites, mais il parle, dans les mêmes termes que Louis, de cette complication grave, et lui assigne la même cause : une perforation de l’intestin.

«€ Ainsi, à partir de cette époque, et sur la foi « d'auteurs tels que Louis et Bretonneau dont «€ l'autorité en ce qui concernait la fièvre typhoïde, « était incontestable, on regarda comme cause « nécessaire de la péritonite survenant dans le cours « d’une dothiénentérie, la communication directe « entre la cavité intestinale et le péritoine. »

Cependant en 1841, Chomel, alors professeur de clinique médicale à l’'Hôtel-Dieu, observe un cas de péritonile typhique guéri par l’opium à haute dose, et il exprime des doutes sur la réalité de la perforation.

«a Le mal a été enrayé, dit-il, mais j'ai dû conserver des doutes sur la perforation des intestins. »

Chomel semble éveiller l'attention et bientôt plusieurs auteurs comme Thirialen 1853, Bourdon et Pidoux en 1856, publient dans les journaux médicaux de l’époque diverses observations relatives à la « forme péritonéale de la fièvre typhoïde ». Trousseau insiste surla mémoire de Thirial pour admettre dans le cours de la dothiénentérie l'existence de péritonites qui surviennent par la propagation de l’inflammation des plaques de Peyer à la séreuse. A propos de l’ulcération intestinale, M. Bourdon, puis M. Gauchet en 1857 insérèrent chacun dans le même

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journal un travailsur ces péritonites développées par contiguité etarrivèrent à des conclusions identiques. C'est à ce moment que commence véritablement l'histoire des péritonites par propagation. Mais on peut se demander si les premiers auteurs ont vu très exactement le rapport étroit de cause à effet qui unit les ulcérations intestinales à l’inflammation de la séreuse ; il semble qu’ils n’aient pas cherché à expliquer par ces relations de voisinage le mécanisme de production de la péritonite.

En 1864, M. Caisso soutient à Montpellier une excellente thèse sur la fièvre typhoïde, dans laquelle il signale des exemples de péritonites sans perforation, par simple contiguité de tissu. Ces péritonites, dit-il, ne sont pas fatalement mortelles, mais elles sont relativement assez rares.

Puis viennent les travaux de Murchison qui relate également quelques cas de « péritonites spontanées ». |

En Allemagne, Hoffmann surtout (1869), Griesinger, Liebermeister (1854), apportent leur tribut à l'étude clinique et anatomo-pathologique de cette complication grave de la dothiénentérie.

En 1873, Vallin nous fournit une observation.

Apparaissent ensuite les thèses de Sales (1895), de Ranque (1881), etc., qui étudient la question et croient mettre la doctrine nouvelle à l'abri de tout assaut grave. Elle est admise par des cliniciens autorisés tels que Homolle, Guéneau de Mussy, Fernet, on la trouve mentionnée dans les traités

classiques. Mais en 1896, Dieulafoy reprend en quelque sorte les idées de Louis et de Bretonneau et fait une communication à l'Académie de médecine. La question des péritonites par propagation au cours de la fièvre typhoïde est de nouveau mise à l’ordre du jour. La conceplion ancienne de Trousseau se trouve battue en brèche après avoir été considérée comme indiscutable pendant un demi-siècle. Dieulafoy déclarait, en effet, que la péritonite par propagation directe était chose impossible, et que les cas observés se rapportaient en réalité à des péritonites par perforation méconnue ou non contrôlée à l’autopsie. Il ajoutait que le plus souvent une lésion de l’appendice était en cause, lésion placée sous la dépendance immédiate du processus infectieux.

Depuis lors, de nouvelles observations ont été relatées ; le professeur Chantemesse s’est posé en défenseur des idées de Trousseau ; Véron et Busquet en 1902 (1), Alglave et Boisseau (1904) (2) et Josias en 1905 (3) rapportent des faits qui semblent indiscutables. | |

Nous avons pu nous-même recueillir l’histoire clinique de typhiques ayant succombé à une infection péritonéale survenue sans perforation.

L'’autopsie montra des lésions étendues des tuni-

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