‹ Les PerraultChapitre 18 sur 60 · DESSIN DE BERNIN · texte numérisé non relu

DESSIN DE BERNIN

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grandioses qui devaient un jour se prolonger jusqu'aux Tuïleries, mais ce décor est un des plus magnifiques qui ait jamais été conçu. Il avait l'imagination d’un grand peintre, l'architecte qui a su mettre en contraste les pavillons d'angle sobrement décorés de grands pilastres et l'immense péristyle où, entre les colonnes, la lumière fait les jeux les plus variés, selon les heures du jour. Et ce tableau à été réalisé par le plus audacieux et le plus savant des constructeurs : il donne une impression merveilleuse d'élégance et de solidité. Quinze ans après l'achèvement de ja colonnade Charles Perrault pouvait écrire de l’œuvre de son frère : « .. On crut que l'exécution en serait impossible et que ce dessin était plus propre pour être peint dans un tableau... Cependant il a été exécuté entièrement et il se maintient sans qu'une seule pierre de ce large plafond tout plat et suspendu en l'air se soit démontée le moins du monde. Toute cette façade a d’ailleurs été construite avec une propreté et une magnificence sans égales. Ce sont toutes pierres d’une grandeur démesurée dont les joints sont presque imperceptibles, et tout le derrière des portiques a été appareïillé avec un tel soin qu’on ne voit aucun joint montant dans toute l'étendue de cette façade. On a eu la précaution de les faire rencontrer contre les côtés des pilastres et contre les bandeaux des niches qui les cachent par leur saillie, en sorte que chaque assise semble être toute d’une

pièce d’un bout à l’autre de chaque portique, beauté de construction quine se trouvera point dans aucun bâtiment ni des Anciens ni des Modernes. » En vérité, c'est un incomparable morceau d’architecture:

D'architecture française? Oui, malgré les réminiscences de Vignole, malgré les terrasses. Ce nest pas l’emploi de tel ou tel élément architectonique qui détermine le caractère d’un édifice, mais un certain accent particulier qui est celui de la tradition et de la race. Dans ce bâtiment d'apparence italoantique ,on «découvre June \sürete ldeloontMune recherche prudente de la nouveauté, un mélange de hardiesse et de bon sens, toutes les qualités propres à l’art français. Le Bernin avait plus de génie que Perrault; mais son palais, dont nous connaissons les dessins, aurait fait étrange figure au milieu de Paris. Au contraire, celui de Perrault ne trouble en rien la secrète harmonie qui, de siècle en siècle, des gothiques aux modernes, s’est établie entre tous les monuments de notre capitale.

Combien est puissant l’ascendant du génie d’un peuple, rien ne le fait mieux voir que l’histoire de la construction du Louvre. Lorsque François I‘ se résout à remplacer par un château neuf le vieux château de Philippe Auguste, il appelle d'abord l'Italien Serlio, mais il revient au Français Pierre Lescot. Quand Louis XIV veut bâtir son propre palais, il commence par s'adresser au Bernin et

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pour la facade méridionale du Louvre.

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