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LES MÉDECINS ET LA MÉDECINE

Dans le tome IV du Parallèle, Charles Perrault qui veille sur l'honneur de sa famille, s'élève en passant contre les plaisanteries de Molière au sujet des médecins. Nous trouvons là l'écho des ressentiments de Claude qui, avant l’art de bâtir, avait longtemps pratiqué celui de guérir.

« L’'ABBé. — Il est vrai que la Comédie de nos jours s'en est bien divertie ; elle ne s’est pas contentée de jouer les mauvais médecms, comme elle a joué les faux braves et les faux savants. Elle a traité de ridicule la médecine en elle-même, ce qu'elle n’a jamais fait de la valeur et de la science, en quoi je ne crois pas que Molière puisse jamais être excusé.

« LE PRÉSIDENT. — Je ne sais pas à la vérité comment Molière l’entendait ; car s’il y a de méchants médecins, il faut nécessairement qu'il y en ait de bons; s’il y a une fausse médecine, il faut qu'il y en ait une véritable : mais il en a été suffisamment puni, lorsqu’au lieu d'écouter la médecine sur le mal dont il était pressé, il est mort en se moquant d'elle. Si Molière avait vécu du temps de Galien ou d'Hippocrate, il n’en aurait pas usé de la sorte, et il faut s'en prendre à la différence infinie

qu'il y a entre nos médecins et ces grands hommes de l'antiquité.

« Le CHevaLier. — Molière se serait moqué de Galien et d'Hippocrate et d’'Esculape même; il n'avait dessein que de faire rire, et comme les noms de ces anciens médecins étaient apparemment beaucoup plus vénérables de leur temps même que ne le sont aujourd'hui ceux de nos médecins les plus célèbres, il aurait encore pris plus de plaisir à les tourner en ridicule suivant le génie de la satire, qui préfère toujours pour plaire au peuple les noms illustres à ceux qui ne le sont pas.

« Le PRÉSIDENT. — Vous direz tout ce qu'il vous plaira, mais Molière ne se serait pas joué d’un homme à qui l’on donnait le nom de divin. »

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