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LES GUICHON ET LE MANOIR DE ROSIÈRES

Nous devons aux obligeantes communications du savant bibliothécaire de la ville de Troyes, M. Morel- Payen, les renseignements qui suivent.

Le manoir de Rosières fut acheté en 1656 par Samuel Guichon, conseiller du roi, receveur général et payeur des rentes de l'Hôtel de Ville de Paris.

Samuel Guichon eut une fille, Marie, que Charles Perrault épousa en 1662, et trois fils : René qui fut chanoine de Verdun, et dont on retrouve le nom au bas de l'acte mortuaire de son beau-père (Dictionnaire de Jal, 2° édition); Pierre, écuyer, conseiller du roi, trésorier général des fortifications de France; François. L'acte baptistaire de ce dernier porte la mention assez surprenante que le père, Samuel Guichon, « n'a su signer ».

René et Pierre héritèrent chacun pour moitié du domaine de Rosières dont, à partir de 1685, Pierre resta seul propriétaire.

La tradition veut que Claude Perrault soit pour quelque chose dans les bâtiments du château. Certaines parties de l'édifice sont de l’époque ogivale, d'autres de la Renaissance. Les seules constructions que l’on puisse avec vrai-

semblance, dater du xvrr° siècle, sont : la porte d'entrée, une façade à fronton et les bâtiments de la ferme percés de curieuses lucarnes rondes.

Il semble que Charles Perrault ait, jusqu'à sa mort, conservé des relations avec les Troyens. En effet il a traduit une ode latine de l’oratorien Boutard, chanoine de Troyes, sur l'incendie d'une église de cette ville, survenu le 8 octobre 1700.

La société qui fréquentait à Rosières devait être à peu près la même qui se rencontrait dans le château voisin des Cours. Sur les hôtes de M. Raymond des Cours, père d’un fermier général, on peut consulter les Mémoires sur les Troyens célèbres de Grosley et une lettre du même « sur M. Simon de Troyes », lettre qui est reproduite dans l'édition Régnier des Œuvres de La Fontaine (T. VIII, p. 402). Le château des Cours a été rebâti au xvin° siècle, et son jardin français transformé en jardin anglais au xIx°.

Ce serait un curieux chapitre de l’histoire provinciale de la vieille France, que celui où l’on ferait revivre ces Troyens du xvu° siècle chez qui Fontenelle, La Fontaine, l’érudit Baluze, le P. Tournemine, le P. Bouhours et les frères Perrault venaient en villégiature au temps des vendanges. Malheureusement, jusqu’à présent, nous n’avons que les indications de Grosley, quelques vers attribués à La Fontaine et quelques strophes de Charles Perrault.

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