‹ Les persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de notre èreChapitre 107 sur 307 · Commentaire sur Polyeucte^ acte 11, scène vi, vers · texte numérisé non relu

Commentaire sur Polyeucte^ acte 11, scène vi, vers

126 POLYEUGTE

camps ^ figure dans une inscription romaine qui en dit la portée et la valeur :

...MONSTRANTE DEO DAMASVS SIBI PAPA PROBATOS AFFIXO MON VIT CARMINE IVRE COU^

Ceux des chrétiens vraiment dignes de ce nom dont l'Église voyait avec regret ou repoussait même le sacrifice étaient de deux sortes. Les uns, marchant au-devant d'un péril dont ils n'étaient pas menacés, proclamaient hautement leur croyance, se dévouant ainsi d'un cœur tranquille aux supplices et à la mort. Une telle marque de résolution ne suffisait pas aux âmes impétueuses ; de plus ardents s'emportaient en injures contre les dieux, contre le souverain ou, comme on Ta dit de Polyeucte, renversaient les autels, les idoles, appelant ainsi sur eux la colère des païens. Bien qu'à un degré différent^ les deux actes étaient également interdits par l'Église ; c'est sur cette double prohibition, devant laquelle le devoir parut à quelques-uns obscur, que je m'arrêterai un instant.

(i'était déjà un acte grave, c'était tenter Dieu, dit un Père', que de s'exposer au péril de confesser sa foi dans les tourments. « Lorsqu'on vous persécutera dans une ville, retirez- " vous dans une autre, » avait dit Jésus-Christ, et le plus ^rand nombre des lidèles voyaient dans ces mots un commandfîment qu'il n'était pas permis d'enfreindre. Saint Cyprien, dont le grand évèque d'IIippone répète et appuie les paroles, l'auteur des Siromates, Origène, Mensurius deCarthage, saint Pierre d'Alexandrie, saint Ambroise, saint Grégoire de Nazian/e, proclament hautement la règle divine, hors de laquelle

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