Ci-dessus p
autoriser el commander la spontanéité du sacrifice ; c*étaient
les paroles du cantique de Debbora et de Barac : Bénissez le
SeigtieuTy fils d'Israël^ vous qui avez volontairement exposé
votre tête au péril (v, 2) *. Puis venaient les exemples des
saints dont TÉglise, par une dérogation qu'a inspirée FEsprit
d en haut *, vénère les noms : Félix, Adrien, Juste, Pasteur,
et tant d'autres qui se sont offerts d'eux-mêmes et ont remporté
la couronne. On montrait, dans les Actes de saint Emétère,
alors aux mains des chrétiens tels qu'ils sont aujourd'hui
dans les nôtres, ces mots écrits, disait-on, par un sage : « Au
« premier rang des bienheureux marchent ceux qui, sans
« Hta recherchés, se sont présentés au martyre ; il est glo-
« rieux de se jeter dans le péril, alors qu'il n'y aurait pas de
«< crime à se dérober '. »»
Quelle que fut Timmense ardeur qui poussait à la lutte les
chrétiens d'Es^mgne, les plus hardis eux-mêmes n'avaient
point entièrement oublié la prudence des temps antiques.
Tous suivaient d*un rt^gard inquiet ces dévouements qu'une
défaillance tînale pouvait faire tourner à la confusion
commune. Le fidèle, dit saint Oyprien, ne saurait remporter
la palme, si TEglise ne la jkis armé pour le combat*. On se
souvenait de celte pan>K\ des enseignements prodigués aux
martyrs d'autrefois, de cette communion qui leur était donnée
^ I heure suprême pour les faire invincibles *, et un fait rap-
port*> par Euloge, ce grand champion de la témérité, montre
q»i-!. même parmi ses adhènnits, on n entendait pas aban-
dofiDer au basant de leur rt^solution ceux qui voulaient s'offrir
*^'i victimes.
TAi hZ2, k Cordoue. un jeune homme appelé Aurelius fut '^i?>. orr Ji sr.if du martyre, en voyant promener par les rues Jîj x^irrrhand chrétien que les musulmans venaient de flagel-
1er. Il alla trouver le prêtre Alvar, savant docteur qu'Euloge saluait comme un maître, et le consulta sur son dessein. Se référant, dit saint Euloge^ aux enseignements des Pères de rÉglise', et se rappelant les graves raisons qui leur faisaient commander la prudence, Âlvar invita le jeune homme à consulter ses forces, à rentrer en lui-même, à se bien demander si, devant le supplice, il ne se sentirait pas faiblir ; il fallait, ajoutait le prêtre, que l'espoir d'acquérir un nom célèbre l'occupât moins que la ferme volonté de souffrir pour le Christ ; la couronne était à ce prix. Ainsi avaient parlé les grands docteurs des temps anciens, Origène, saint Jérôme^ saint Ambroise *, et, si la conclusion du prêtre de Cordoue devait s'écarter de la règle qu'avait tracée la discipline, du moins les enseignement de l'antique prudence n'étaient pas entièrement oubliés.
Aurelius chercha et subit le martyre ; mais ce fut sans bruit, sans éclat; interrogé sur une visite faite publiquement à l'église, il répondit d'un cœur tranquille que les chrétiens devaient venir prier aux saints lieux, aux tombeaux des martyrs, et qu'il était chrétien. Ce fut là son arrêt de mort, et l'Église le salue comme un saint parmi tant d'autres dont la constance, égale à l'éclat de leur audace, montra que l'esprit de Dieu lui-même les avait inspirés et soutenus '.
Plus étroite était la règle édictée contre ceux qui provoquaient les païens par des actes de violence. Le premier texte
1. « Patrum exemplis instituens. » Memoriale sanctorum^ lib. H, c. x §19.
2. S. Ambros. De officiis minisirorvm^ lib. I, c. xxxvii, § 187 : « Ne temere M aliqiiis, dum martyrii desiderat gloriam, offerat se periculis quee fortasse « caro infirmior aut remissior animus ferre ac tolerare noD queat. » Voir, dans le même sens, Origen. Comment, in Johann, xxviii, § 18, éd. Bened. t. IV, p. 397, etc. Hieron. Commentarius in Epislolam ad Galatas, cap. v, E<1. Bened. tom. IV, p. 307 : « Quod dudum timeo dicere sed dicendum est, mar- « tyrium ipsum si ideo fiât ut admirationi et laudi habeamur a fratribus, « ftrustra sanguis effusus est. »
3. Telles sont les expressions mêmes de saint Athanase, Apologia de fuga 9ua^ § 22, £d. Beued. t. 1, p. 333.
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qui nous Tapprenne est de tous le plus absolu ; sur ce point, la prohibition est appuyée d'une sanction pénale. En 305, les Pères du Concile dlUibéris en Bétique écrivent dans Tun de leurs canons : « Si quelqu'un brise les idoles et est tué pour « ce fait, il ne sera pas inscrit au nombre des martyrs ; car « nous ne voyons pas dans TÉvangile que les Apôtres aient « rien fait de semblable ^ »
Là n*est pas le seul témoignage de Téloignement conçu par les premiers chrétiens pour les violences dirigées contre les objets des autres cultes, et que TEglise devait proclamer même après Theure de la victoire^ alors que les lois de TÉtat n^auraient rien commandé à cet égard *. Il en est une marque plus antique dans ce passage du livre d'Origène contre Celse. « Mon adversaire prétend, dit le grand docteur, que les chrétiens parlent ainsi : u Voyez-moi devant les statues de Jupi- « ter, dWpollon ou de quelque autre dieu ; je les outrage, je « les soufflette, et pourtant elles ne se vengent pas. » Si jamais il a entendu quelqu'un s'exprimer de la sorte, ce ne peut être qu'un chrétien du dernier ordre, quelque indiscipliné, quelque ignorant. Ne sait-il pas que, dans la loi divine, il est écrit : « Tu n'outrageras pis les dieux? » Il ne faut point, ajoute Origène, parlant comme devaient le faire plus tard ceux qui condamnèrent en Espagne les écarts d'un zèle téméraire, il ne faut pas que notre bouche s'accoutume à maudire ; car il est écrit : « Bénissez, ne maudissez pas, » et nous savons que les médisants n'entreront pas dans le royaume des cieux '.
Quoi qu'il en soit de l'interprétation qu'Origène, d accord avec les Septante, Josèphe, Philon et saint Cyrille d'Alexandrie \ donne ici d'un texte de l'Exode (xxu, 28), ses paroles nous montrent clairement que, vers le milieu du m* siècle,