LES MARTYRS EN PRISON
pieds des saints et de baiser leurs chaînes ^ Accomplir cette œuvre bénie, c'était, enseignait-on, prendre sa part du martyre *, car on y risquait parfois la tête. Au temps de Licinius, il était interdit sous peine de mort de visiter les chrétiens prisonniers ^ et plus d'une fois les juges avaient formulé une môme défense *. Ce n'était alors devant les cachots que scènes de violences et larmes. Un texte donatiste du cinquième siècle met sous nos yeux ce triste tableau : on chargeait de coups ceux qui venaient pour assister les détenus épuisés par la faim et par la soif; les vases qu'on leur portait étaient brisés, les aliments jetés aux chiens. Empêchés de voir une dernière fois leurs enfants, les pères et les mères demeuraient éplorés, étendus sur le sol devant les portes qu'ils ne pouvaient franchir \