Apolog. c. II
3. Hégésippe cité par Eusèbe {Hist, eccL III, 32) dit que, sous le règne de
c'est que, sous Marc-Aurèle, dans le grand martyre de Lyon, la torture offre un caractère mixte. Illégalement appliquée pour forcer à renier la foi, elle garde encore, à cette époque, une raison d'être que nous ne trouverons plus ailleurs et qui procède du droit commun : on veut obtenir des fidèles des révélations sur les crimes étranges que leur attribuaient les idolâtres. Les paroles mêmes des martyrs en témoignent. Livrée aux bourreaux, sainte Blandine s'écrie que rien de condamnable ne se passe chez les chrétiens ; le fait s'accuse plus nettement encore pour Bibliade ; c'est après avoir renié le Christ qu'elle est appliquée à la torture et qu'elle repousse indignée les accusations d*anthropophagie dont les païens chargent ses frères. Plusieurs autres qu'on veut aussi contraindre à déposer contre les martyrs, sont déchirés, comme elle, par le bourreau, après qu'ils ont apostasie * .
Pour faire déclarer ce qui pouvait se passer dans les réunions des fidèles, il était une autre voie d'enquête : la torture des esclaves de ceux qui étaient déférés au tribunal ; mais on fut sans doute et de bonne heure éclairé sur l'entière innocence des pratiques chrétiennes, car l'emploi d'un semblable moyen ne parait pas avoir dépassé les premiers âges. Je ne le vois en effet mentionne que dans la lettre de Pline, dans la seconde Apologie de saint Justin ' et enfin dans le récit du célèbre martyre de Lyon.
Deux autres faits résultent encore de ce dernier texte. Par un retour à la règle ancienne que Trajan avait condamnée, l'autorité judiciaire fait rechercher les fidèles; dans l'application de la peine, le souverain ordonne de tenir compte de la qualité de citoyen romain. Ainsi, nouvelle variation de système, en ce qui touche la recherche des fidèles : ordre
Trajau, l'évoque de Jérusalem, Siméon, a été torturé avant de mourir sur la croix. Rien toutefois n'établit que les tourmenta n'aient pas été employés comme un moyen d'enquête contre ce pasteur issu, disait-on, de la race de David et que cette descendance rendait suspect aux Romains (Ibid, III, 20j.