Tacit. Annal. XV, xliv
colères, laisser place à la clémence des juges et sauver des tètes innocentes.
Je me résume. En écartant ici les excès de violences qui caractérisont le plus souvent la dernière persécution, deux traits principaux se détactient dans la procédure spéciale aux martyrs. Interdite sous le règne de Néron et sous celui de ses premiers successeurs, la profession de christianisme ne constitue plus à elle seule un crime quand viennent le règne de Septime Sévère et celui de Valérien. Des distinctions se rencontrent alors : ceux que Ton poursuit et que Ton égorge, ce sont les pasteurs de TEglise frappés comme chefs de factieux, ceux qui, dans l'exercice de leur culte, ont commis quelque fait interdit par les lois de TEmpire. A la première époque, les fidèles sont mis à mort sans qu'on cherche à les faire abjurer; il en est ainsi sous Néron, sous Trajan même peut-être. A dater de Marc-Aurèle, les païens veulent les ramener au culte des dieux qui, disent-il, ont fait la puissance de Rome, et c'est alors que s'introduit, au mépris des règles du droit commun, l'application de la torture employée, non pour faire avouer des crimes, mais pour violenter les consciences.