‹ Les persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de notre èreChapitre 177 sur 307 · C. XV · texte numérisé non relu

C. XV

10. EuBcb., Mari. Pal. V et VllI ; S. Basil., De vera virgin. LU ; 8. Ghrysost.,

Dans des violences dont lexcès implique l'oubli de tout principe de droit, les païens semblent cependant s'être tracé une règle. Si l'on réserve le texte de Tertullien qui ne contient en cela rien d'explicite *, nous ne voyons, jusqu'à Dioctétien, que les vierges abandonnées aux outrages ; les femmes, parait-il, en auraient été exemptes. Les premières seules sont désignées par Eusèbe', par les Actes de saint Pierre', et plus tard méme^ en 304, par ceux de saint Didyme^; le passage de saint Cyprien que j'ai rappelé plus haut les distingue expressément, sur ce point, des femmes mariées. Dans un écrit adressé aux chrétiens que décime une épidémie, il leur montre le terrible fléau les affranchissant des maux de ce inonde. « Les vierges, dit-il, meurent en paix^ sans rien per- « dre de leur gloire ; elles ne craignent ni la venue de l'Anté- « christ, ni les horreur du lupanar ; les femmes mariées ne c redoutent plus, dans leur délicate faiblesse, l'angoisse du c< supplice ; une mort rapide les soustrait à la cruauté des « bourreaux '. »

On a voulu voir, dans l'attentat dont les païens se sont souillés, l'application d'une règle traditionnelle d'après laquelle les vierges ne pouvaient être mises à mort •. Un exécrable détour, a-t-on pensé, aurait ainsi permis d'égorger de saintes victimes, tout en respectant Tancienne coutume et, par un étrange scrupule de légalité, toutes les les vierges auraient été ainsi vouées à l'outrage, avant d'être frappées par le bourreau \ Telle n'a pas été, à mon sens, la pensée des per-

Homil. XL, § 11 ; S. Ambroa., De exhort. virgin, XU, De virgin. 111, 6 ; Prudeot., PerisUph, XVI, «. Agnes ; Passio s, Theodori, § XIV ; Acia s. Agapes, § V ; Acla s. Dydimi, § i ; {Acla simera, p. 342, 395, 397).

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