Voir ci-dessus, p. VA
2. Epist. X, 97. On remarquera qu'un livre antérieur à la persécution de Douiitien, le Pasior d'ilorma*, ne mentionne que les supplices du droit commun : remprisonnemtnt, l'exposition aux botes, la flagellation, la mise en croix Lib. I, vis. lil, c. 2). La torture si, fréquente plus tard, ne figure pas au nombre des viobnces souffertes alors par les premiers fidèles.
3. Uscner, Acla mavtynim Scilliianorum graece. i. Huinart, Acta sincera, p. 92.
5. Minut. Félix, Octnvius^ c. xxviii ; TertuU. Ad Scapulam, § 4 ; S. Cyprian. Ad Demelriiwîy § 13.
loin, opposant au proconsul Scapula que, faire ainsi, c'est agir contra mandata^ c'est-à-dire contre les instructions directes du prince* ; et, quelle que puisse être son impétuosité de polémiste, il est difficile de ne pas prêter attention à cette parole. Ce n*est point là une expression jetée au hasard, mais un terme couramment en usage dans la langue du droit ', si familière au célèbre prêtre africain.
Quoiqu'il en soit, c'est seulement en 249, c'est-à-dire quelques années après la date probable de sa mort % que nous voyons pour la première fois intervenir, à ce sujet, un édit de l'empereur. Aux magistrats, agissant jusqu'alors, sans doute, en vertu de ce droit de coercitio dont parle M. Mommsen *, Décius, si nous en croyons saint Grégoire de Nysse, enjoint, sous les peines les plus graves, de faire torturer les chrétiens jusqu'à désaveu de leur foi ^
Tous cependant ne se crurent pas liés par un ordre de l'empereur disparu, car si saint Cyprien reproche aux juges de livrer les fidèles aux tourmenteurs, ni l'histoire de sa vie, écrite par le diacre Pontius, ni ses Acta si excellents ne mentionnent, en ce qui le touche, l'application de la torture.
Quand viennent, avec Dioclétien, les années terribles où, comme l'écrit Lactance, les lois furent mises en oubli, où les magistrats chargés de contraindre par quelque voie que ce fût, n'écoutèrent plus que leurs instincts cruels ou le désir de plaire aux maîtres du monde, un niveau sanglant s'abat sur toutes les têtes ^. Et pourtant, si l'on ne peut alors, sans
1. Ad Scapulam, § 4 : « Vidctis ergo quoinodo ipsi vos contra mandata faciatis, ut confessos negare cogatis. »
2. L. 3, § i, De donationibus inter virum et uxorem {Digest. Lib. XXIV, Til. 1). L. 3, § 1, De collegiis (Ibid. Lib. XLVII, tit. xxii).