Euseb. Hisl. eccl. L. VI, c
8. Sermo CCIX, c. ii, § 3, lu natali s. Cypriani ; cf. Acla aincera^ p. 217.
9. Passio ss. Montani^ Lucii, § 22 {Acla sine. p. 228). Cf. Joh. XIX, 31.
10. Sozomen. L. I, c. viii. Cf. Gothofred. Chronologia i^odicis Theodosiani fto 315.
rer comme autrefois l'instrument d'un supplice infâme ; et, de cette prohibition, le Digeste nous a gardé la marque : au mot crux écrit dans la vieille loi est substitué le mot furca^. Les premiers monuments de Tart chrétien témoignent d'un même respect pour la croix ; fresques et bas-reliefs nous la représentent, non dans sa froide horreur, mais, le plus souvent, comme un divin symbole, entourée de fleurs et incrustée de pierreries.
LE SUPPLICE y)\} FEU
Coupables de lèse-majesté ^ regardés comme des magiciens que la loi condamnait aux flammes', ce fut souvent par cette mort que les chrétiens expièrent leur attachement à la foi. La colère de leurs ennemis y trouvait doublement à s'assouvir ; d'abord par l'horreur des souff'rances, puis par l'anéantissement du corps à la conservation duquel était lié, chez tant de fidèles, l'espoir de la résurrection. J'examinerai plus loin ce point important dans l'histoire des persécutions païennes * ; il me suffira de rappeler ici que, lors du grand massacre de Lyon, les gentils firent jeter au fleuve pour épouvanter les chrétiens, les cendres de leurs frères suppliciés, et que, pour affirmer aux yeux de tous leur foi en la vie future, des martyrs acceptèrent d'un cœur tranquille la destruction de leur
dépouille mortelle.
De petits reliefs de terre cuite trouvés dans ces dernières années, mettent sous nos yeux l'un des spectacles offerts dans le cirque à la foule. Des malheureux livrés aux bêtes sont
1. L. VI, c. xxii, § 1 : « Auctorcs Bcdilionis cl tumultus vel coucitatores populi, pro qualitate dignitatis, aut in crucem tolluntur^ aut bestiis objiciunlur ; aut in iosulam deportantur. » Digest. L. XLVIII> tit. xix, 1. 38, § 2 : « Auctores seditionis et tumultus, populo coocitato, pro qualitate dignitatis aul in furcam tolluntur^ aut bestiis objiciuntur, aut in insulam deportantur. »