DANS LA SOCIÉTÉ PAÏENNE
garde les noms de quelques hommes sans crainte qui, appariteurs ou soldats, refusèrent de courber la tête, combien n'en fut-il pas qui, demeurant chrétiens dans le cœur^ obéirent en silence à des ordres détestés?
C'est contre la carrière des fonctions publiques que Tertullien s'élève avec le plus de force. « On s'est, dit-il, demandé » récemment si le serviteur de Dieu peut être revêtu de quel- » que dignité, de quelque charge, à la condition d'échapper, » par faveur spéciale ou par adresse, à tout acte d'idolâtrie. » On cite Joseph et Daniel qui gouvernèrent ainsi, exempts » de toute souillure, la Babylonie et l'Egypte. Que quelqu'un » exerce, je le veux bien, des fonctions de l'état^ mais sans » sacrifier, sans même ordonner de sacrifices, sans fournir * des victimes, sans pourvoir à l'entretien des temples^ sans » en assurer les revenus, sans donner à ses frais, ni à ceux » du public, des spectacles et sans y présider; je le veux » bien^ je le répète, si l'on croit la chose possible » K
Ces paroles de l'illustre Père visent surtout les obligations attachées aux fonctions municipales qui, plus que toutes autres peut-être, mettaient en péril les âmes chrétiennes '. « Quiconque, lisons-nous en effet dans les tables d'Osuna % » quiconque sera Duumvir ou Préfet dans la Colonie de » Genetiva Julia, devra prendre soin, durant l'année de sa M magistrature, des temples, des lieux consacrés et veiller » sur les hommes préposés à ce service, ainsi que sur l'exé- » eution des décrets votés à cet égard par les décurions. Il n devra aussi aviser à ce qu*il y ait, chaque année, des jeux » dans le cirque, des sacrifices publics, des banquets reli- » gieux, et à ce que des préposés y soient nommés, en » se conformant aux décrets votés, à cet égard, par les » Décurions ».