Enarraiio in Psalm. LXIll
3. M. Naudct, Lettre à M, l^ Blant^ au sujet de sa brochure intitulée : Les bourreaux du Christ, Paris, 1874, in-8o.
4. Les chefs militaires sont les seuls qui y soient désignés comme ayant pour appariteurs des soldats proprement dits. Voir à ce sujet les excellentes observaUoDs de J. Godefroy, Cod, Theod, T. III, p.38.
316 L'APPARITIO
que temporairement distraits ^ On leur épargnait certains services que devait le commun des officiales^ et une section des Codes règle les privilèges dont ils jouissent à Texclusion des autres agents de même titrée Pour accepter l'objection qui m'est faite, il me faudrait donc supposer tout d'abord que saint Augustin a pu confondre l'entourage du procurator Pilate avec celui de Viltustris magister milUwn. Uapparilio exceptionnellement militaire des chefs de l'armée serait devenu, pour le savant évéque, le type de Vofficium qu'il connaissait si bien et qu'il nomme si souvent, celui du gouverneur de province.
J'hésiterais pour ma part à supposer tant de légèreté chez un homme dont les écrits attestent une profonde étude des choses romaines. A chaque instant, Tévéque d'Hippone cite et commente, parmi tant d'autres écrivains d'autrefois, Varron, Cicéron, Sénèque, Salluste sur une expression duquel il écrit une dissertation philologique* ; comme leurs œuvres littéraires et de philosophie, les lois des anciens lui sont familières % et sa Cité de Dieu révèle une haute connaissance de la vieille histoire de Rome. Peut-être admissible chez un auteur moins profond et moins érudit, la confusion prêtée au grand ovêque me paraît donc être peu probable. Saint Augustin n'a pas parlé ici la langue de son temps, mais la langue de l'hisloirc ; il n'a pu croire ni admettre qu'un de ces gouverneurs de province qu'il voyait agir chaque jour ait pu, dans des temps anciens, avoir été assisté, dans l'administralion de la justice, de Vapparitio militaire que le caractère spécial de leurs fonctions faisait donner aux commandants de l'armée. La méprise me paraîtrait trop lourde pour qui l'ait pu commettre. Tel est aussi le sentiment de J. Godefroy
\. Solilia, Orient, r. IV. Cf. Paul. Sentent. Il» i, 5 : « Prresidis provincialis
oflicialcs, quia perpclui sunl »