Vir speclabilis, togatus inlustrium praefectorum
M» L'AFPARfTIO
lion des condamni^s * ; il en est de même du savant éditeui des écrivains de THistoire ecclésiastique, Henry de Valois *. A côté de ces noms anciens, je suis heureux de pouvoir citer ceux d'un romaniste éminent, M. Labbé, et de M. De Rossi, que ses travaux placent au premier rang de ceux qui traitent à cette heure des origines chrétiennes. Dans la question qui nous occupe, leur approbation ne m'a pas fait défaut. De quelque nom qu'on appelle les bourreaux des martyrs, qu'on les désigne ou non comme milites^ ces hopames sont, à leurs yeux, des appariteurs, et les soldats que l'histoire du palais impérial nous montre parfois exécutant des malheureux désignés à leurs coups, ont, pensent-ils, accompli cet office au mépris de la loi romaine '.
Je me résume. L'appariiio groupée autour du gouverneur pour l'assister dans ladministration de la justice et dont parlent si souvent les Actes des martyrs comprenait à la fois un double personnel, les agents de bureau et les hommes d'armes. Parmi ceux de ces personnages qui sont le plus souvent nommés dans l'histoire des persécutions, je citerai le cenfurioj le cornicu/arius^ le commcntariensis^ Voplio, le strator^ le spicu/ator, Vexceptor qui, malgré leurs titres empruntés au vocabulaire des camps, sont de simples employés du prœses. C'est à dos hommes de cette agence que s'appli-
1 . Pour ne citer ici qu'un aeul exemple, je rappellerai que, dans l'histoire «Ju martyre dt; {>ainte Potamienne, Ruinart traduit avec Valois ; « Basilides '* uuus ex apparitoribus » les mots : *0 Mitù.tihr^^ etç tiç àv tôv ev orpatetai;, par lesquels Eusèbe \H. E. VI, 5) désigne l'agent chargé de mener la chrétienne îiu supplice [Acla sine. p. 122).
2. Voir la note M sur le ch. XVl du livre d'Eusèbe De laudibus Constanlini, il R*af,'it en cet endroit d'une variante de Tertullien importante à noter dans la (fuestion qui m'occupe.
.'i. Km. Labbé, De Vapparilio des magistrats romains {Revue de législation^ 1875, p. M}. En commentant une pièce métrique de saint Damase, M. de Rossi écrit les lignes suivantes : « I veri militi presso i Romani non erano carcericri, ne carnelici, ne esecutori di sentenzie di morte; corne ha pienamente diiiiostrato il ch. E. Le Blant nella dotta dissertazione sulla coorte di Pilato iioiiiio.ita (Ingli Evangelisti narranti la passione di Cristo nostro Signore. Ma il iiicdc^iino mio collega ci insegna che antichissimo ed ai primi secoli deir impcro cniitcinporamM) fu l'uso di appelarc militi gli apparitores et mititia Vappitritio : il c«»rpo cioè degli offiziali e ministri di giustizia addetti a ciasciiii tribuiialc cd a ciascun préside, che negli atti sinceri dei martiri tanto sovcntc sono ricordati "etc. \BuUettino di archeologia cm/i'ana, 1874, p. 22, 23).
quent les noms divers qui alierneDi si souvent dans les vieux textes que j'étudie : officiales^ appari tores, minisiri, mililes, torlorcs, quaestionarii , carnifices, tic tores, 2r,|x'.5'., \j::Tr^^i'ZT.^ -aSswT», ^aS^oj/oî, (TcpaTicuTr.. Tel est le point qu'il importe de fixer pour rinteiiigenee générale de la procédure chez les Romains et en particulier pour faire connaître la condition de ceux qui ont poursuivi, arrêté, détenu, présenté aux juges, torturé, mis à mort les martyrs.
Les actes de ces agents de la justice païenne n'éveillent pas pour nous que des souvenirs de cruautés et de violences. La foi devait pénétrer dans leurs rangs et plusieurs dont Thistoire ou la légende nous disent les noms s'élevèrent d'un métier avili à la pure gloire du martyre : Basilide que toucha la constance de sainte Potamienne condamnée à mourir * ; le centurion Marinus qui brisa son épée pour ne pas sacrifier aux Empereurs * ; trois exceptores. Néon, Cassien, Genès qui, à l'audience même et devant le magistrat leur maître, se proclamèrent chrétiens'; le coniicularius Maxime converti par deux fidèles qu'il devait conduire au supplice et sur la tombe duquel sainte Cécile fit sculpter un phénix, emblème de la résurrection *.