‹ Les persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de notre èreChapitre 272 sur 307 · Annales, a · texte numérisé non relu

Annales, a

2. « Tuuc milites pr^sidis, suscipientes Jesuin in prœtorium, coDgregaye- <i runt ad eiHU universam cohorlein. » (Matlh. xxvii, 27.) — « Milites autem « duxeruut eum in atrium prœtorii (éerco ttj; aOXTj;, ô e<rrt icpaiTwptov), et »< convocanl totam cohorlem. >» (SVdrc,. XV, 16. Cf. Joh. XIX, 2,3.) Suivant les deux premiers évangélistes, le fait est postérieur au prononcé de la sentence ; il lui est antérieur, selon saint Jean.

3. « Judas ergo cum accepisset cohorteni et a pontlfleibus et pharisseis ininistros.... » (Job. XVHI, 3),

3i4 RECHERCHES

de Jésus Christ; et afin (l*appuyer tout d'abord ma proposition, j'ajouterai aux textes sans nombre réunis depuis quatre siècles, pour le commentaire historique de la Passion du Christ, un témoignage demeuré inaperçu, et qui ne saurait être négligé dans la question que je soulève.

Dans son explication du soixante-troisième psaume, le grand évoque d*Hippone, parlant de Theure où le Seigneur fut mis en croix, s'exprime ainsi: « Apparitores potestatis hora « sexla cruciKxerunt *. » Ainsi donc, aux yeux de saint Augustin, les soldats dont parle TËvangile étaient des appariteurs de Pilate. C'est à ce même sentiment, fondé chez rillustre docteur sur la tradition de TÉglise et sur la connaissance des choses romaines % que m'ont également mené mes études. Pour Télucidation de la question posée, aussi bien que pour Tintelligence du passage que je viens de citer, on me permettra de réunir ici les déductions et les témoignages qui, indépendamment même de ce texte, avaient formé ma conviction.

Ce qu'était Tageuce spéciale obéissant au gouverneur cl désignée, suivant les âges, sous des appellations diverses dont j'ai montré la synonymie, apparitio^ officium^ minislerium^^ je le rechercherai ici, en m'éclairant, sur mon chemin, des documents antérieurs au Christ, comme de ceux qui lui sont postérieurs. La réunion de ces textes épars servira à faire comprendre l'organisation et le rôle des hommes que je dois mettre en scène.

Les Verrines nous les montrent à l'œuvre. Autour du iM>uverneur de la Sicile se groupe un cortège composé de

■^ . j^|,, tas. ») Virgil. jEn. x, 18, et la note de Servius, etc.

* JL\ mphith.j p. 50: « lu Actis sinceris ss. Epipodii et

il »wi inartum, u. iv, Potestas eos increpat^ etc. ; id quod

"* ^ \. \ i7/>o(ie«/d proeo qui judicandi babet potestatem .»

SUR LES BOURREAUX DU CHRIST .l2o

familiers et de fonctionnaires ; c*est la cohorte du chef de la province. Gicéron nomme quelques-uns des appariteurs qui en formaient la partie agissante, et qui, improprement ou non, étaient comptés dans la cohorte: ïaccensus^ le prœco, les scribœ^ les lictores *. Une mamis armaia constitue la force vive de ce groupe ■ ; ce sont des servi venerii ', esclaves publics, qui, eux aussi, reçoivent le nom d*appariteurs ^.

Les actes de cette portion du cortège de Verres en montrent remploi et le rôle. Les servi pub tici et les licteurs opèrent les arrestations, somment les accusés de comparaître, prêtent main-forte à la justice, flagellent et supplicient \ Gela ne se voit point seulement au temps de Gicéron. La première mention que je trouve de Yapparitio nous reporte aux origines mêmes de Rome qui Tavait empruntée aux Etrusques *. Nulle institution ne se montra plus vivace ; car, sauf quelques changements intervenus, non dans les attributions de ses agents, mais dans la désignation de leur groupe et de quelques-uns de leurs grades, nous retrouvons, sous le Bas- Empire, Yapparitio portant le même nom et exerçant le même offîce qu'aux temps les plus anciens. Gicéron et saint Augustin nous apprennent que, sous la République ainsi qu'au IV* siècle de notre ère, elle accompagnait les gouverneurs dans leurs tournées judiciaires \ Les Gommcnlaires de Gésar, les Verrines, Dion Gassius, aussi bien que le De

1. H Comités illi tiii delecti crant manus tusc; prœfecti, scribsp, inedici, M accensi, aruspices, prœcones erant mauus tuip... cohors illa tua. » (Cicero, II Verr. ii, 10. « (Servi) ex domo atque cohorte pra'toria » \ibid IV, xliii). Cf. Epist. ad Qvirttum, \, i, § 4, etcj ; voir de plus Lqj. Labbé, Hevtte de législation, 1873, p. 75.

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